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7. Le recours au laboratoire d'analyses : ce qui est utile, ce qui ne l'est pas (02/09/2008)
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Prélèvements et demande d’analyses
Les prélèvements à effectuer en vue de confirmer une suspicion
de MAP dépendent de l’objectif du vétérinaire.

1 - Souhaite-t-il simplement confirmer ou écarter l'existence
de MAP (diagnostic) ?
Dans ce cas, deux options s’offrent à lui. Il peut s’orienter
vers une étude "minimaliste", auquel cas il ne prélèvera
qu’une paire d’organes lymphoïdes (de préférence
une paire de ganglions lymphatiques ou un ganglion lymphatique et une amygdale).
Il peut aussi envisager une étude histopathologique
relativement large (voir le tableau des prélèvements les plus
appropriés).
Echantillons
les plus appropriés pour la réalisation du diagnostic histopathologique
de la MAP. |
| Tissus |
Caractéristique
de l'échantillon* |
Ganglions
lymphatiques
|
Entiers (ganglions
lymphatiques inguinaux superficiels, mésentériques, sous-mandibulaires
et médiastinaux). |
Amygdale
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Entière. |
| Iléon |
Coupe d'environ 10
cm de long et ouvert longitudinalement. |
Rate
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Coupe transversale
de 0,5 cm de large. |
| Thymus |
Coupe transversale
de 0,5 cm de large. |
| Poumon |
Plusieurs coupes,
incluant tous les lobes, touchés ou non (normalement : échantillons
de lobe apical, lobe moyen et la partie craniale du lobe diaphragmatique). |
Foie
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Plusieurs coupes de
0,5 cm de large. |
| Rein |
Coupe transversale
de 0,5 cm de large. |
* Les échantillons
sont fixés par immersion dans le formol à 10 %
Pour éviter des confusions, la demande à mentionner, lorsque l’on
vise le premier objectif est celle de : « étude histopathologique
et de détection du PCV2 dans les tissus ». Dans les
deux cas, cela correspond à un diagnostic individuel.
2- Ou bien désire
t-il valider l’existence de la MAP dans le cadre d’un cas clinique
de l’élevage où, probablement, d’autres processus pathologiques
existent (diagnostic global) ?
Pour ce deuxième objectif, le laboratoire d’analyses ne va
pas limiter ses investigations à la MAP, mais envisager
aussi toutes les maladies qui ont été incluses dans la liste
de diagnostic différentiel, jointe au commémoratifs.
Ainsi, il y a deux
grandes options :
1. prélever
ces échantillons, qui seront
adressés au laboratoire d’analyses,
2. envoyer au laboratoire
d’analyses des animaux entiers,
représentatifs du problème clinique, en indiquant les diagnostics
différentiels à confirmer ou écarter.
Dans un tel cas,
la demande à rédiger pour le laboratoire d’analyses
sera plutôt : « étude anatomopathologique,
histopathologique et microbiologique (bactériologique / virologique)
des maladies comprises dans la liste de diagnostic différentiel
».
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TRES IMPORTANT POUR LE DIAGNOSTIC :
Seront toujours adressés au laboratoire des échantillons
de plusieurs animaux ou plusieurs animaux entiers en vue d’établir
un diagnostic argumenté ; fournir des échantillons d’un seul
animal ou un seul animal entier limite fortement les chances d’obtenir un
diagnostic utile .
Les techniques de diagnostic de laboratoire
: qu'est-ce qui est utile et qu'est-ce qui ne l’est pas ?
De nombreuses techniques de détection du PCV2 ont été développées,
que ce soit pour une mise en évidence à partir de tissus ou d’autres
échantillons, ou pour la détection d’anticorps anti-PCV2.
Parmi les techniques mentionnées, il n’en
existe aucune qui permette, à elle seule, de fonder un diagnostic définitif
de MAP.
Au plan international, la technique de choix (“gold standard”) pour
le diagnostic de laboratoire de la MAP est une combinaison
de l’histopathologie et d’une technique de détection du PCV2
dans les tissus (immunohistochimie, qui met en évidence les
antigènes du virus, ou hybridation in situ, qui en détecte
le génome).
Ces techniques de détection du PCV2 permettent de corréler l’intensité
des lésions lymphoïdes avec la quantité de virus présente.
| Techniques
utilisées pour le diagnostic de la circovirose porcine et / ou la
détection du PCV2 ou des anticorps face à ce virus |
Histopathologie
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Permet
de détecter les lésions microscopiques caractéristiques |
| Immuno-histochimie
(IHC) |
Permet
de détecter l'antigène du PCV2 au sein des lésions
microscopiques |
| Hybridation in
situ (HIS) |
Permet
de détecter l'acide nucléique du PCV2 dans les lésions
microscopiques |
| Immunofluorescence* |
Permet
de détecter l'antigène du PCV2 dans les tissus |
| Réaction de
polymérase en chaîne conventionnelle (PCR) |
Permet
de détecter l’ADN du PCV2 dans les tissus, fluides biologiques
ou écouvillons |
| PCR quantitative |
Permet
de détecter et quantifier l’ADN du PCV2 dans les tissus, fluides
biologiques ou écouvillons |
| Isolement viral ** |
Permet
de détecter le PCV2 (virus viable) qui est isolé dans une
culture cellulaire permissive |
| Immunoperoxydase sur
monocouche de culture cellulaire (IPMA)* |
Permet
de détecter des anticorps contre le PCV2, permet leur titrage |
| ELISA |
Permet
de détecter des anticorps contre le PCV2 ; pourrait permettre le
titrage sérique même si n’est généralement
pas utilisé dans un objectif quantitatif |
*Techniques de laboratoire
peu ou pas utilisées en routine
** N'est pas utilisé en routine, et de peu d'intérêt diagnostique
depuis qu’il a été démontré que l’ADN
nu du virus est infectieux une fois introduit dans un tissu permissif.
Plus l’intensité des lésions est
importante, et plus la quantité de PCV2 présente dans ces lésions
est importante.
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| Allure normale |
Légère
perturbation de l’architecture folliculaire |
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| Perturbation
modérée de l’architecture folliculaire |
Perturbation intense
de l’architecture folliculaire |
Déplétion
lymphocytaire et infiltration granulomateuse légères, modérées
et intenses comparées à un ganglion de structure histologique
normale. Les lésions modérées et intenses sont indicatrices
de la MAP. Coloration HE. |
La PCR est une technique très sensible, qui permet de détecter une
très faible quantité d’ADN du PCV2. Dans sa version conventionnelle,
c’est une technique qualitative (résultat positif ou négatif).
Attention : un résultat positif en PCR peut correspondre à un porc
malade aussi bien qu’à un porc infecté de façon sub-clinique.
C’est pourquoi, la PCR conventionnelle n’est
pas un outil fiable de diagnostic de la MAP.
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| Quantité modérée |
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| Faible quantité |
Quantité élevée |
Quantités
faible, modérée et élevée de génome
de PCV2 dans les organes lymphoïdes. Les deux images de droite correspondent
à des cas de MAP. Technique d’hybridation in situ.
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Le PCV2 est un virus ubiquiste : pratiquement 100 % des élevages sont infectés
(et dans ceux-ci pratiquement tous les animaux le sont durant la phase de post-sevrage).
Un porc donné peut être positif en PCR
à un moment de sa vie, sans relation directe avec son état de santé.
D’où la faible valeur diagnostique de la PCR conventionnelle vis-à-vis
de la MAP.
Gel issu
de PCR conventionnelle pour la détection de l’ADN du PCV2. La colonne
1 correspond à l’échelle de poids moléculaire. On observe
la présence d’ADN du PCV2 amplifié dans les colonnes 2, 3,
4, 5, 8, 9, 13 et 14. Les 13 et 14 correspondent aux porcs sains d’un élevage
non atteint : ils fournissent une réponse de même intensité
sur ce gel.
Ce qui montre que la PCR conventionnelle n’est
pas une technique discriminante pour le diagnostic de la maladie.
La PCR quantitative est un outil de diagnostic
mieux adapté, puisqu’elle permet la quantification du génome
du PCV2. Elle permet ainsi d’établir un
seuil à partir duquel il peut être considéré qu’un
animal présente de la MAP, et non plus une infection sub-clinique.
Dans les faits, il y a bien une différence de virémie de 2 à
3 logs entre les sujets infectés et ceux cliniquement atteints. Ces différences
se retrouvent lorsque l’on compare les virémies moyennes de lots
d’animaux prélevés dans des élevages avec ou sans MAP
clinique.
Enfin, la sérologie est un outil qui permet de
suivre l'infection du PCV2 dans une population. Cependant, le même
problème que celui de la PCR reste posé : quand il n’existe
pas de différentiel sérologique entre un porc atteint de MAP clinique
et un porc infecté par le PCV2, cette technique manque
de valeur diagnostique.
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Elevage
A, atteint de MAP(1)
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| (1)
Profil sérologique (en violet) et profil PCR (en bleu) vis-à-vis
du PCV2. Les manifestations cliniques ont commencé entre 10 et 12
semaines d’âge, ce qui correspond à une augmentation
significative du nombre d’animaux infectés et à une
séroconversion. |
Elevage
B, atteint de MAP(2)
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| (2)
Profil sérologique (en violet) et profil PCR (en bleu) vis-à-vis
du PCV2. Les manifestations cliniques ont commencé entre 7 et 10
semaines d’âge, ce qui correspond à une légère
augmentation du nombre d’animaux infectés et à une séroconversion. |
Elevage
C, indemne de MAP(3)
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| (3)
Profil sérologique (en violet) et profil PCR (en bleu) vis-à-vis
du PCV2. Malgré l’absence de clinique, pratiquement tous les
animaux séroconvertissent, ce qui indique une infection par le virus. |
Elevage
D, indemne de MAP(4)
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| (4)
Profil sérologique (en violet) et profil PCR (en bleu) vis-à-vis
du PCV2. Malgré l’absence de clinique, pratiquement tous les
animaux séroconvertissent : ils ont été infectés
par le PCV2. |
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