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14. L’immunité maternelle, clé de la protection contre le PCV2 (11/12/2008)
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Le colostrum : un concentré d’énergie
et de défenses
Les
défenses du porcelet nouveau-né vis-à-vis de son
environnement infectieux reposent en très grande
partie sur le colostrum. En effet, le placenta de la truie est étanche
aux échanges : il n’y a pas de transfert d’anticorps, ni de
cellules en fin de gestation. De plus, le porcelet naît
avec un système immunitaire immature. Le colostrum est riche
en anticorps, provenant du sang de la mère, mais il est également
riche en cellules, en particulier celles qui sont en charge des défenses
chez les porcs adultes : macrophages et neutrophiles (défenses non spécifiques)
et lymphocytes (défenses spécifiques). Ainsi, le colostrum fournit
au porcelet nouveau-né un “forfait” de défenses dont
il est dépourvu. Enfin, le porcelet n’a pas de réserves d’énergie
à la naissance. Le colostrum est très riche en énergie. Il
va permettre d’assurer le maintien d’une température constante
et de répondre aux impératifs de la croissance.
Le colostrum est donc essentiel, mais encore
faut-il qu’il soit ingéré assez tôt et en quantité
suffisante. Assez tôt signifie dès que possible à partir de
la naissance et surtout, avant de procéder à toute adoption (qui
ne devraient pas être réalisées avant 6 h de vie, ni après
24 h d’âge). En quantité suffisante correspond à un
minimum de 200 g au cours des 6 premières heures de vie.
Dans ces conditions, le colostrum est capable de conférer au nouveau-né
une immunité passive efficace contre les agents pathogènes que la
truie a déjà rencontrés. C’est aussi dans la qualité
de la prise colostrale que réside le retour sur investissement des vaccins
réalisés sur les truies gestantes.
“Porcelet
et prise colostrale : 24 heures chrono”
Merial a mis au point un module de formation destiné
aux éleveurs et aux porchers, axé sur les pratiques d’élevage
favorisant une prise colostrale de qualité. Cela couvre les facteurs autour
de la mise bas qui influent sur la qualité et la quantité du colostrum
(facteurs zootechniques, alimentaires et sanitaires). Par exemple, les conditions
de réussite de la vaccination des truies sont primordiales : lieu d’injection,
matériel adapté, aiguille à usage unique, prolongateur, conservation
des vaccins dans un réfrigérateur en état de marche…
Transfert d’immunité maternelle
et protection contre la MAP
Dans le cas du PCV2, l’immunité colostrale
a été démontrée comme protectrice, que
ce soit lors d’inoculations expérimentales ou dans des contextes
de terrain. Cela suppose que la qualité de l’immunité
de la mère contre le PCV2 soit élevée : pour cela,
il convient de les vacciner contre cet agent.
Plusieurs observations sont en faveur d’une stratégie de vaccination
de la truie pour protéger sa portée :
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Des travaux récents ont montré que
l’exposition de porcelets en maternité au PCV2 peut être
très précoce, parfois dès la naissance,
voire in utero. Les conséquences cliniques de cette infection
ne seront observables que plusieurs semaines plus tard (en post-sevrage),
si le porcelet n’était pas protégé par ses défenses
maternelles.
• L’infection expérimentale par le PCV2 des porcs ayant
des niveaux élevés d’anticorps anti-PCV2 dans le sang
ne produit qu’une infection subclinique.
• Des porcelets ayant une immunité
maternelle de qualité peuvent être infectés par le PCV2
(détection par PCR dans le sérum), mais ne développent
pas de signes cliniques de MAP. Leur système immunitaire
se mature au cours des trois premières semaines de vie : les défenses
transmises par la mère permettent à leur propre système
immunitaire de se développer dans de bonnes conditions, sans être
perturbé par une exposition précoce au PCV2.
• Le colostrum contient également
des cellules immunitaires de la mère, capables de développer
une défense spécifique contre différents pathogènes
(réponse cellulaire). Des études récentes
ont révélé que, si le colostrum est absorbé
dans de bonnes conditions, ces cellules passent dans la circulation du porcelet
et y restent actives. Elles sont alors capables de réagir spécifiquement
contre le pathogène en cause (pourvu que le système immunitaire
de la truie y ait été exposé par la vaccination). Chez
des porcelets nés de mères vaccinées avec un vaccin
inactivé du circovirus porcin de type 2, une même étude
a démontré que de telles cellules maternelles sont capables
de développer une défense spécifique anti-PCV2 chez
le porcelet. Ce phénomène a été confirmé
pour d’autres pathogènes (une cellule n’est capable que
d’engager une défense contre un seul agent). Ainsi, le colostrum
contient des anticorps maternels mais aussi une 2ème ligne
de défenses, d’origine cellulaire. |
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Technique
d’IPMA pour la détection d’anticorps contre le PCV2.
La présence de cellules positives (marquées) révèle
que l’animal testé possédait des anticorps.
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Microscope
inversé pour la lecture de plaques de sérologie IPMA. |
NDLR : ce chapitre a été réalisé par les Drs JB. Herin,
N. Bridoux et F. Joisel |
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