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23. Le PCV2 et son association à d’autres pathologies que la MAP (I) (26/05/2009)
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Le consortium européen de recherche sur le PCV2 a défini
le terme global de “maladies associées au circovirus porcin”
pour englober les différents syndromes cliniques (dont fait partie la MAP),
qui au fil des ans et des investigations ont été trouvés
associés au PCV2. Ces maladies associées sont désignées
par le sigle PCVD (pour Porcine Circovirus Associated Diseases). Ces
affections sont nombreuses. Un cas particulier : l’affection des tremblements
congénitaux des porcelets a initialement été attribuée
au PCV2. Par la suite, des recherches ont disculpé ce virus.
Tremblements congénitaux : PCV2 exclu

Chez le porcelet nouveau-né,
les tremblements congénitaux se caractérisent par des
tremblements généralisés de la tête et des membres.
Il existe chez le porc deux types de tremblements congénitaux qui ne se
distinguent pas par leurs signes cliniques (l'un d’entre eux se subdivise
en 5 sous-types).
Tremblement congénital de type A
Cette maladie est définie par les analyses histologiques, qui montrent
une dégénérescence (démyélinisation)
du système nerveux central et des nerfs. Il comprend 5 sous-types
:
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•
sous-type A - I : associé à l'infection
intra-utérine par le virus de la peste porcine classique (PPC),
• sous-type A - II : se produit dans certains élevages
souffrant de MAP et a été un temps attribué à
l’infection intra-utérine par le PCV2. Depuis, il a été
démontré que ce sous-type a une origine génétique,
ce qui a disculpé le PCV2,
• sous-type A - III : lié à un facteur
héréditaire, qui touche les mâles de la race Landrace,
• sous-type A - IV : lié à un facteur
héréditaire qui touche les porcelets de la race British
Saddleback,
• sous-type A - V : associé à une
intoxication intra-utérine par un organophosphoré. |
Tremblement congénital de type B :
La maladie présente les mêmes signes cliniques que ceux de la maladie
de type A, mais sans lésions nerveuses à
l’histologie. Son origine n’est pas déterminée.
Le syndrome dermite-néphrite (SDN) : PCV2 suspect n° 1
Le syndrome dermite-néphrite (SDN) se caractérise par des
lésions cutanées (visibles sur l’animal de son vivant) et
rénales (observables à l’autopsie). Il est important
de le reconnaître car s'il ne touche qu’un faible nombre d’animaux
d’un élevage, il doit faire suspecter la Peste Porcine Classique.
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Porc
de 4 mois atteint de syndrome dermite-néphrite. Noter la présence
de taches rougeâtres sur le tiers postérieur du corps, qui
ont tendance à confluer vers la zone périnéale. |
Rein
de porc atteint de syndrome dermite-néphrite. Augmentation de la
taille du rein, de couleur plus pâle que la normale, et avec des
micro-hémorragies (pétéchies) disséminées
sur l’ensemble de sa surface. Noter aussi l'augmentation marquée
du volume du ganglion lymphatique périrénal. |
La cause de ces lésions est attribuée à un
mauvais fonctionnement immunitaire équivalent à une maladie auto-immune
et nommé réaction d’hypersensibilité de type III. Elle
est liée à un emballement du système immunitaire face à
un antigène donné. Cet antigène peut être d’origine
variée, mais pas forcément lié au PCV2 (staphylocoque, streptocoque…).
Quelle qu’en soit l’origine exacte, le SDN présente des caractéristiques
cliniques et épidémiologiques bien connues :
| Paramètres |
Caractéristiques
de la maladie |
Age
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Post-sevrage et engraissement
(rarement les adultes). |
Morbidité
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0,05 à 0,5
% (épisodiquement jusqu'à plus de 20 %). |
| Mortalité |
Proche de 100 % (moindre
quand les animaux sont plus jeunes). |
Symptômes cliniques
les plus courants
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Anorexie, dépression,
prostration, rarement hyperthermie. |
| Lésions macroscopiques
les plus représentatives |
Taches et papules,
rougeâtres à noirâtres, sur la peau, notamment sur le
tiers postérieur (peuvent être généralisées
à tout le corps). Augmentation de la taille des reins, mous et avec
pétéchies. |
Lésions microscopiques
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Rein : glomérulonéphrite
fibrineuse avec néphrite interstitielle.
Peau : vasculite nécrosante systémique. |
Biochimie clinique
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Augmentation des niveaux
d'urée et de créatinine (insuffisance rénale). |
Cause de la mort
|
Coma urémique
dû à un blocage complet des reins. |
Le diagnostic du SDN repose sur l’observation de deux critères.
1. Présence de lésions
hémorragiques nécrosantes sur la peau, particulièrement
dans la zone périnéale et sur les extrémités postérieures.
À l’autopsie : reins mous, pâles avec des pétéchies
généralisées.
2. À l’histologie : présence de vasculites
nécrosantes systémiques et glomérulonéphrites fibrino-nécrosantes.
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Porc atteint de SDN. La glomérulonéphrite fibrineuse (à
gauche) et la vasculite nécrosante (à droite) sont les lésions
histologiques caractéristiques de cette maladie. |
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"Hybridation
in situ" pour la détection de génome du PCV2
dans le rein d'un porc atteint de SDN. Les cellules colorées en
bleu correspondent principalement à des macrophages, qui contiennent
de l'acide nucléique de PCV2. |
Ces critères n’incluent pas l’infection par le PCV2, puisqu’il
n'a pas été démontré que le PCV2 est impliqué
systématiquement dans le SDN. Il existe toutefois une série
d’observations qui associent le virus à cette maladie :
• on retrouve très fréquemment des
cas de syndrome dermite-néphrite dans des élevages touchés
par la MAP. Au Royaume-Uni, l’apparition de la MAP s’est
accompagnée de très nombreux cas de SDN dans les mêmes élevages
(jusque 20 % d’animaux atteints par ce syndrome et qui n’a, à
ce jour, été décrit dans aucun autre pays).
• un pourcentage élevé de porcs atteints
de SDN souffre de lésions lymphoïdes très similaires,
mais moins sévères que pour celles de la MAP.
• un pourcentage très élevé
de porcs atteints de SDN est infecté par le PCV2, même
si la charge virale de ces animaux est équivalente à celle de porcs
sains en infection subclinique (soit 10 à 1000 fois moindre que la charge
virale de porcs souffrant de MAP).
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Porc
atteint
du syndrome dermite-néphrite |
Les porcs atteints de SDN ont un titre en anticorps anti-PCV2
significativement plus élevé que des porcs non atteints
de SDN (qu'ils soient atteints ou non de MAP).
Il existe donc une série d'éléments objectifs qui associent
le PCV2 et le SDN, mais la relation de cause à
effet entre l’agent infectieux et la maladie n’a pas été
formellement établie.
L’importance économique du SDN est relativement limitée à
l’échelle de l’élevage. En effet, hors exception, il
ne touche qu’un faible nombre d’animaux. En revanche, il a une toute
autre importance à l’abattoir. Un animal
qui présente des signes de SDN dès son arrivée à l’abattoir
doit être considéré comme suspect de PPC à
l’inspection ante-mortem, ce qui provoque l’interruption
de la chaîne.
Peut-on contrôler ou prévenir
l'apparition du SDN ?
Les facteurs qui déclenchent le SDN sont inconnus, ce qui empêche
toutes propositions de stratégies de contrôle et de prévention.
Dans certains cas, l’utilisation d’anti-inflammatoires injectables
a été rapportée comme bénéfique, mais aucune
étude rigoureuse n’est venue confirmer ce fait. |
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