 Version imprimable
L'opinion d'un spécialiste sur un sujet d'actualité techinque sera publiée tous les 15 jours.
|
Quel est le meilleur âge pour sevrer ? (II) (29/12/2009) Josep Barceló. (†) Consultant en production porcine – Espagne
|
|
| |
La truie
Mises-bas/truie/an
Normalement la productivité de la truie est évaluée
par le nombre de mises-bas/truie/an multiplié par le nombre de porcelets
sevrés par mise-bas. Le calcul des mises-bas/truie/an est le suivant :
MTA : mises-bas/truie/an
; DG : durée de gestation ; ISS : intervalle sevrage – première
saillie ; DL : durée de lactation.
Parmi ces trois facteurs, la DG est le moins variable, normalement l'ISS varie
peu et la DL varie en fonction du sevrage. Normalement, avec un taux théorique
de mises-bas de 100 % et un intervalle sevrage-saillie de 5 jours, la capacité
"maximale" de produire des mises-bas d’une truie sur une année
en fonction de la durée de la lactation est la suivante :
L'intervalle entre les mises-bas est en théorie de 141 jours pour le sevrage
à 21 jours et de 148 jours pour le sevrage à 28 jours. Les 7 jours
de différence représentent 0,12 mise-bas/truie/an qui, multipliés
par un nombre présumé de 10,5 sevrés par mise-bas représenteraient
1,26 porcelet sevré de plus avec une lactation de 21 jours en moyenne.
Ce scénario idéal ne se produit jamais dans les élevages
puisqu'il existe toujours des échecs de reproduction que génèrent
les JNP (les jours non productifs) qui doivent s'ajouter à l'intervalle
entre les mises-bas. Ainsi, par exemple, un élevage qui sèvre à
21 jours et qui a 14 JNP par mise-bas, produit 2,35 mises-bas/truie tandis qu'un
autre élevage qui sèvre à 28 jours avec 11 JNP produit 2,29
mises-bas/truie/an (365/ (148 +11)). A partir des données obtenues sur
plus de 100 000 premières inséminations, on observe que cette différence
théorique de 7 jours entre les deux types de sevrage est réduite
dans la pratique à cause d'un meilleur taux de mises-bas (principalement
un pourcentage plus faible de retours) avec 28 jours de lactation.
Les données indiquent que les intervalles entre les mises-bas sont les
suivants :
| |
- Sevrage 21 jours
: 151 jours : 2,41 MB/truie/an
- Sevrage 28 jours : 154 jours : 2,37 MB/truie/an. |
En conclusion, la différence théorique des 7 jours entre les deux
sevrages est réduite à 3 jours et en conséquence la différence
théorique de 0,12 mise-bas/truie/an est réduite à 0,04.
Les nés-totaux
La durée de la lactation influe sur les nés-totaux. Il existe des
différences notables sur ce paramètre
en fonction du type de génétique.
Les génétiques aux potentiels de prolificité
élevée répondent de façon très généreuse
quand elles disposent de plus de temps pour que se produise l'involution utérine.
Les données disponibles de PigChamp Pro-Europe avec une base de 850 000
mises-bas (14 années d'étude) montrent que chez les nés-totaux
il existe seulement une différence de 0,3 nés-totaux par mise-bas
en faveur du sevrage à 28 jours.
Ces résultats sont confirmés si on analyse seulement les 5 dernières
années de l’étude. Cependant, quand on effectue la même
étude sur des truies hyper prolifiques, on peut vérifier qu'il y
a des différentes très importantes en fonction de la durée
de la lactation.
Effet de la durée de la lactation sur le total des nés sur la mise-bas
suivant (juin 2009)

22.000
truies
Durée de l'étude : 2 ans
Résumé de 10 élevages de grande taille (1.000 à
3.000 truies)
Total MB analysées : 97.551
Source : J. Oliva. Servicios técnicos CEFU SA. España
|
Il est possible que cette énorme amélioration génétique
obtenue sur les dernières années soit la
meilleure justification de la pratique du sevrage à 28 jours
par rapport à la productivité de la truie. Les données obtenues
montrent qu'avec des lactations de 28 jours on obtient 14,5 nés-totaux
tandis qu'avec des lactations de 21 jours on obtient 13,3 nés-totaux. La
différence est très importante : 1,2 porcelets.
Avec ces données, le total des porcelets nés/truie/an est :
| |
- Sevrage 21 jours
: 2,41 MB/truie/an x 13,3 = 32,05 nés-totaux/truie/an
- Sevrage 28 jours : 2,37 MB/truie/an x 14,5 = 36,36 nés-totaux/truie/an
|
En supposant une mortalité totale en maternité de 20 % (9 % mort-nés
+ momifiés et 11 % de mortalité pré-sevrage), le total de
sevrés par truie et par an dans les deux systèmes est le suivant
:
| |
- Sevrage 21 jours
: 13,3 nés-totaux – (1,19 + 1,33) = 10,75 sevrés/MB
x 2,41 = 25,97 porcelets sevrés/truie/an.
- Sevrage 28 jours : 14,5 nés-totaux – (1,30 + 1,45) = 11,75
sevrés/MB x 2,37 = 27,84 porcelets sevrés/truie/an. |
L'objectif initial de sevrer 200 kg/truie/an est plus
réalisable avec le sevrage à 28 jours car si on multiplie
27,84 * 7,5 kg/porcelet, on obtient 208,80 de poids vif sevrés par truie
et par an. Les mêmes calculs pour un sevrage à 21 jours nous montrent
qu'il est très difficile d'atteindre cet objectif (25,97 x 6,7 kg/porcelet
= 173,99). En pratiquant le sevrage à 21 jours avec un poids moyen de 6,7
kg/porcelet, on aurait à sevrer 29,85 porcelets/truie/an pour atteindre
les 200 kg par truie. Alors qu'avec un sevrage à 28 jours et un poids de
7,5, on aurait à sevrer 26,66 porcelets/truie/an pour atteindre le même
objectif et ceci est plus réalisable quand on ne travaille pas avec des
truies aussi prolifiques que celles décrites sur le graphique précédent.
Note de l'auteur
: je tiens à exprimer mes remerciements à PigChamp Pro-
Europa et au Service Technique de Cefusa pour la fourniture de données
de terrain sans lesquelles il est difficile d'argumenter |
|
| |
|
|
| |
|
|
Quinidea et Groupe Chêne Vert ne seront pas rendus responsable
de l'utilisation illicite des informations publiées dans cette page
|