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Protocoles de santé pour l'entrée du renouvellement : adaptation aux principales maladies digestives (3/3)

L’exposition pendant la phase d’adaptation peut être envisagée comme une première dose d’un vaccin et l’exposition pré mise-bas comme le « booster ».

Dimanche 13 Novembre 2016 (il y a 2 ans 2 mois 5 jours)
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Dans le cadre du programme d’adaptation/acclimatation des primipares, on ne doit pas oublier l’importance de l’adaptation du cheptel de renouvellement aux pathogènes entériques présents sur l’élevage. Dans ce cas, les objectifs de l’adaptation sont : exposer les futures truies reproductrices à la microflore pathogène présente sur l’élevage et assurer une concentration adéquate d’anticorps spécifiques au moment de la mise-bas qui protège la descendance des processus entériques en lactation.

Comme dans toute adaptation, la combinaison de l’exposition naturelle et des vaccins serait le plus souhaitable. Cependant, dans le cas des pathogènes entériques, la réponse immunitaire active dépend de la production d’anticorps au niveau de la muqueuse et c’est la raison pour laquelle la majorité des vaccins efficaces doivent être administrés par voie orale (par exemple le vaccin contre Lawsonia intracellularis). Il n’y a pas beaucoup d’options sur le marché pour l’utilisation de l’immunoprophylaxie, seulement le vaccin contre E. coli, Clostridium intracellularis et les autovaccins.

L’exposition naturelle ou « feedback » a été largement utilisée dans l’adaptation des primipares. Bien qu’il n’y ait pas de science exacte par rapport au protocole d’application du « feedback », quand on l’applique correctement (exposition suffisante), on observe une efficacité sur le contrôle de certaines pathologies entériques pour lesquelles l’immunité vaccinale n’est pas suffisante ou n’existe pas (GET, rotavirus, etc. …).

Il y a trois points essentiels que l’on doit prendre en compte dans le processus de « feedback » :

Réalisation du feedback en renouvellement

  1. Certaines bactéries sont capables de produire rapidement des toxines et quelques pathogènes peuvent être détruits et perdre leurs propriétés immunogènes avec le temps. Utiliser du matériel « frais » ou le congeler.
  2. Administrer le « feedback » en plusieurs fois et de façon consistante. Laisser « refroidir » les animaux, c’est-à-dire arrêter d’administrer au moment opportun pour éviter qu’il y ait de l’excrétion à l’entrée en maternité. Il est fortement recommandé d’utiliser cette technique pendant l’adaptation et avant la mise-bas.
  3. Analyser la matière (on peut congeler des prélèvements pour leur analyse ultérieure) pour savoir ce que l’on administre aux animaux. Il est inutile d’utiliser ce système pour l’immunisation contre Clostridium ou le rotavirus si le pathogène ou la souche ne sont pas présents. Il est important pour le cheptel de renouvellement que l’exposition soit consistante (par exemple avec la DEP, la quantité que l’on expose à un animal est plus importante que de répéter de multiples prises avec peu de quantité de virus).

Pour certains pathogènes comme E. coli ou Clostridium, l’utilisation supplémentaire postérieure (au « feedback ») d’un vaccin bactérien peut bien fonctionner comme « booster ».

Il est très important d’analyser la nécessité ou non de l’utilisation de cette technique. Ne pas l’utiliser quand il y a un épisode de SDRP ou dans des élevages avec de la dysenterie porcine.

 

Exemple d’un programme de « feedback » sur le renouvellement

Matériel à prélever

  • Fèces de primipares de la salle de mises-bas (de 1 à 3 jours après la mise-bas).
     
  • Fèces de porcelets avec diarrhée ou contenu intestinal de porcelets morts le même jour. Pour récolter les fèces diarrhéiques des salles de mises-bas, on peut utiliser du papier absorbant (comme ceux de cuisine) ou des chiffonnettes. Dans les cas diarrhéiques aigus, il suffit d’appuyer sur l’abdomen du porcelet pour obtenir une certaine quantité de matériel. Ce matériel est dissout dans l’eau sans chlore (si c’est possible). Tenir compte de l’utilisation des papiers absorbants dans les salles de mise-bas car ils peuvent interférer sur la viabilité des micro-organismes.

 

Porcelets avec de la diarrhée en lactation.

Figure 1 : porcelets avec de la diarrhée en lactation.

 

Préparation du matériel

  • L’eau utilisée pour la préparation du matériel doit être idéalement froide et sans chlore. Utiliser seulement l’eau nécessaire pour dissoudre le matériel. Si on utilise de l’eau chlorée ou avec peroxydes, laisser l’eau que l’on va utiliser dans un récipient le jour précédent la préparation.

Feedback préparé

Figure 2 : eau préparée pour utiliser après une nuit au« repos ».

  • Dissoudre les fèces et le matériel récolté en salle de mises-bas dans l’eau pour reconstituer le volume total nécessaire pour le nombre de cochettes. Il faut 75 ml par tête c’est pourquoi si on a 250 cochettes, il faudra 18 à 19 litres de préparation. Dans le cas d’utilisation de tissus (intestins) veiller à émulsionner le mélange (on peut utiliser un batteur).
     
  • Utiliser immédiatement le matériel préparé et pas plus de 4 heures après sa préparation (ou bien le congeler immédiatement). Ne pas garder pour le jour suivant.

 

Administration du « feedback »

  • Le « feedback » sera donné au moins 3 fois pendant l’adaptation (chaque fois pendant 2-3 jours). Il est préférable d’attribuer des jours fixes pour planifier la préparation du matériel.
     
  • Transporter le matériel vers la zone d’adaptation à l’aide d’un conteneur qu’on lavera après chaque utilisation.
     
  • S’il y a des auges, elles doivent être vides avant d’administrer le « feedback ». Distribuer le matériel par l’auge et ajouter une petite quantité d’aliment à la main. L’aliment ne doit pas contenir d’antibiotiques.
     
  • Si le sol est en caillebotis intégral et si le matériel ne peut pas être administré dans les auges, envisager de congeler le mélange (sacs d’un litre) et administrer comme un « glaçon » sur le sol avec lequel les animaux à la fois joueront tout en s’adaptant.
     
  • Dans les parcs en groupe où il y a une zone de sol sans caillebotis, mélanger le matériel de « feedback » avec la nourriture et le répandre toujours sur le sol et quand on peut s’assurer que chaque animal reçoive sa dose.
     
  • Il existe des méthodes plus automatisées comme les doseurs de médicament ou les systèmes de mangeoires électroniques. Cependant, on doit tenir compte que la législation européenne sur le bien-être animal oblige à ce que tous les animaux aient une source d’eau propre disponible.
     
  • Dans le cas des virus entériques (DEPv, GET ou rotavirus) une alternative à la préparation et à l’administration du « feedback » en adaptation est de récolter de la matière fécale de porcelets vivants pendant les 18 premières heures après l’infection, de diluer le matériel avec une solution saline à 0,9% pour faire une solution pulvérisable pour infecter les truies. La concentration de ces virus est beaucoup plus élevée dans les fèces de porcelet allaitant que dans les intestins ou les fèces de la truie.
     
  • Le procédé « feedback » doit être completé au moins 3 semaines avant l’insémination.

 

Rétro-alimentation  du cheptel de renouvellement avant la mise-bas

Matériel et préparation

  • Utiliser le même type de matériel que dans le paragraphe précédent et le préparer de la même façon.
     
  • La quantité à administrer sera aussi de 75 ml par animal.
     
  • Dans le cas d’une recirculation du virus du SDRP, consulter le vétérinaire.

Administration

  • On peut utiliser toutes les techniques décrites précédemment.
     
  • Préparer la rétro-alimentation pour deux semaines et la congeler.
     
  • On doit administrer entre les 79 et 93 jours de gestation.
     
  • Eviter la rétro-alimentation sur toute truie reproductrice avec plus de 93 jours de gestation.

Tenir compte que pour le cheptel de renouvellement il est important de ne pas administrer le feedback avant les 20-22 semaines de vie et dans les 3 semaines avant l’insémination ou la mise-bas.

La technique du « feedback » chez les primipares avant la mise-bas qui n’ont pas été exposées pendant la phase d’adaptation peut être contre-productive parce qu’elles peuvent être le véhicule de transport de ces pathogènes vers la salle de mise-bas. L’exposition pendant la phase d’adaptation peut être envisagée comme une première dose d’un vaccin et l’exposition pré mise-bas comme le « booster ».

Tableau 1 : caractéristiques du feedback selon le matériel utilisé

  Coût équipement Temps employé Facilité Efficacité
Matériel congelé + ++ ++ ++
Distributeur repas liquide ++ + +++ +++
Doseurs  d’eau +++ + +++ +++
Spray + +++ + +

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