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Contrôle du SDRP par la vaccination et une conduite optimisée: trois cas cliniques

Objectif : Étudier la dynamique, la persistance et les caractéristiques génétiques du virus du SDRP dans trois élevages porcins danois.

Mercredi 7 Mars 2018 (il y a 9 mois 3 jours)
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Introduction

Le syndrome dysgénésique et respiratoire porcin (SDRP) est très répandu dans les élevages de porcs danois et diverses méthodes sont utilisées pour contrôler le virus du SDRP (SDRPv) (figure 1). L'une des méthodes consiste à utiliser la vaccination en masse avec un vaccin vivant suivi d'un protocole de dépopulation partielle. Toutes les truies, cochettes, verrtas et parfois leur progéniture sont vaccinés au moins deux fois (vaccination en masse). L'objectif est de stabiliser le virus chez les mères et de sevrer des porcelets négatifs en SDRPv. Les zones de sevrage et engraissement avec des animaux positifs en SRRP sont vidées, nettoyées et désinfectées avant le déplacement du premier lot de porcelets négatifs.

Figure 1. Vue schématique des différentes approches dans les élevages positifs en SDRPv

Figure 1. Vue schématique des différentes approches dans les élevages positifs en SDRPv

Objectifs de l'étude


Étudier la dynamique, la persistance et les caractéristiques génétiques du virus du SDRP dans trois élevages porcins danois qui demeurent positifs malgré les différentes tentatives de stabilisation des fermes. En outre, nous avons voulu comparer différents types d'échantillons pour la détection des virus du SDRP dans différents groupes d'âge.

Méthode

Elevages

L'élevage 1 est un élevage de production SPF (exempte d'agents pathogènes spécifiques) avec 1 500 truies et la production de porcs à 30 kg. La stabilisation du SDRP a été tentée en janvier 2013. Les reproductrices et les porcelets du post-sevrage ont été vaccinés avec un vaccin vivant contre le SDRPv-2. Le post-sevrage a été vidé, lavé et désinfecté avec un vide sanitaire de 4 semaines. Depuis lors, les truies ont été vaccinées deux fois par an avec la dernière vaccination en mai 2016 (seulement des reproductrices à cette occasion) .L'élevage effectue un auto-renouvellement dans une installation externe.

L'élevage 2 est un élevage SPF avec 700 truies qui produit principalement des porcs à 30 kg. Le propriétaire a acheté'élevage en 2012 et a vacciné tous les animaux nouvellement acquis (cochettes et truies). Les problèmes avec le SDRPv ont commencé en 2014, principalement chez les porcelets sevrés chez qui la mortalité a augmenté jusqu'à atteindre 22%. En avril 2016, toutes les truies ont été vaccinées et revaccinées 4 semaines plus tard avec un vaccin vivant contre le SDRPv-2. De plus, les porcelets âgés de 10 à 12 jours ont été vaccinés avec un vaccin vivant. La vaccination des porcelets a été arrêtée en juin 2016. L'application des techniques de gestion de type McRebel a été renforcée au début de la vaccination. Toutes les cochettes ont été achetées à un élevage négatif en SDRP sur 12-23 semaines, vaccinées et mises en quarantaine pendant 8 semaines.

L'élevage 3 est un élevage de production conventionnel avec 1 100 truies qui vend des porcs à 30 kg. Les problèmes de SDRPv ont commencé en 2002-2003. Les signes cliniques observés étaient principalement des avortements. L'élevage a commencé à éliminer le SDRPv il y a des années, en vaccinant tous les porcelets sevrés avec le vaccin vivant contre le SDRP (contre SDRPv-2) pendant une période de 4-5 mois. Plus tard, en Avril 2015, toutes les truies ont été vaccinées et revaccinées après 4 semaines. Toutes les cochettes ont été achetés à partir de troupeaux positifs au virus du SRRP (SDRPv-1 et SDRPv-2) à l'âge de 21 à 24 semaines. Les cochettes ont été vaccinées contre le SDRP de type 1 et de type 2, lorsqu'elles étaient âgées de 10-12 semaines. À leur arrivée, les cochettes n'ont pas été mises en quarantaine.

Conception de l'étude

Cette étude transversale a été menée en septembre / octobre 2016, lorsque les élevages ont été analysés pour vérifier leur statut vis-à-vis du SDRP dans différents groupes d'âge (animaux âgés de 0, 4, 8 et 12 semaines). L'étude comportait deux parties: une partie liée à l'évaluation visuelle clinique (questionnaire, dossiers cliniques) et une évaluation en laboratoire avec détection virale, caractérisation génétique par la collecte d'échantillons de sérum sanguin, d'échantillons d'amygdales et d'échantillons de sérum issu de cordon ombilical et placentaire (PUCS- placenta umbilical cord serum). Les échantillons ont été analysés pour le SDRP par RT-PCR quantitative sur des échantillons en des pools et certains ont également été choisis pour le séquençage afin d'évaluer les variations génétiques (Sanger et Next-Generation Sequencing).

Résultats

Aucun élevage ne suivait toutes les procédures de conduite recommandées ; par exemple, l'élevage 1 ne suivait pas le tout plein-tout vide en maternité et il n'y avait pas un mouvement de routine stricte entre les lots. Les élevages 2 et 3 ne suivaient pas le tout plein-tout vide en post-sevrage et dans l'élevage 3, aucun membre du personnel ne se lavait les mains et / ou les bottes ou ne changeait de bottes entre les différentes installations.

Tous les échantillons de sérum provenant du cordon ombilical (PUCS) étaient SDRP négatifs par PCR. Les échantillons de sérum ont été positifs sur l'élevage 1 (12 semaines), l'élevage 2 (8 et 12 semaines) et l'élevage 3 (4, 8 et 12 semaines) (tableau 1). Il y avait concordance complète entre les résultats des tests des pools de sérum sanguin et ceux des écouvillons d'amygdales à 12 semaines d'âge, cependant, les valeurs Ct des échantillons sériques étaient significativement plus faibles (p = 0,003) que les échantillons d'amygdales. Le séquençage de Sanger (ORF5) a révélé 98,8 à 99,5% d'homologie avec la souche vaccinale SDRPv-2. Aucune variante virale (quasi-espèce) n'a été trouvée.

Tableau 1. Résultats de l'analyse PCR quantitative du sérum du cordon ombilical, du sérum sanguin et des échantillons d'écouvillons amygdaliens.

0 semaines 4 semaines 8 semaines 12 semaines
Elevage 1
PUCS 0/14 - - -
SERUM - 0/6 0/6 5/6
AMYGDALES 0/12 - - 5/6
Elevage 2
PUCS 0/12 - - -
SERUM - 0/6 4/5 6/6
AMYGDALES 0/12 - - 6/6
Elevage 3
PUCS 0/16 - - -
SERUM - 3/6 2/6 6/6
AMYGDALES 0/12 - - 6/6

Discussion / conclusions

Aucun des trois élevages n'a strictement suivi les protocoles de McRebel et tous étaient positifs en SDRPv-2. Cependant, on a observé peu de signes cliniques chez les animaux, en montrant que les signes cliniques ne sont pas un bon indicateur de SDRPv de ces populations. Aucun des porcs échantillonnés dans la première semaine de vie était SDRPv positif, ce qui indique que les trois populations de truies étaient vraiment stables. Les échantillons de sang semblaient plus sensibles que les échantillons d'amygdales pour la détection du SDRPv. Les séquences du virus circulant dans les trois élevages avaient une similitude très élevée avec la souche de vaccin, ce qui indique que la souche vaccinale circulait dans les élevages.

Bien que l'utilisation de la vaccination fut efficace pour stabiliser les truies, les résultats de ces études mettent l'accent sur le fait que l'élimination du virus SRRP du post-sevrage ne peut être atteint que si la vaccination des truies, la désinfection et la dépopulation partielle s'appuient avec la mise en œuvre stricte de toutes les procédures de gestion recommandées, y compris le tout plein-tout vide.

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