Lire cet article dans:

DTH: Une nouvelle option pour vérifier l'observance de la vaccination contre le PCV2

Un test qui permet de vérifier la réalisation et/ou la qualité de la vaccination dans des cas comme l'entrée en engraissement.

Mardi 26 Août 2014 (il y a 5 ans 1 mois 25 jours)
J'aime

En termes pratiques, on peut définir l’observance comme la mise en œuvre correcte ou le suivi des règles d’utilisation d’un produit ou d’une prescription. Pour sa part, les initiales DTH sont utilisées pour dénommer une réaction d’hypersensibilité connue comme hypersensibilité tardive ou de type IV.

Qu'est-ce qu’une réaction d'hypersensibilité a à voir avec une bonne règle de vaccination contre le PCV2 ? Il se peut que notre première réponse soit «peu ou rien». Toutefois il a beaucoup à voir comme on va l’expliquer dans cet article.

Application intradermique de l'antigène

Photo 1. Application intradermique de l'antigène

Le test DTH semble très familier dans le monde vétérinaire puisqu’il s'emploie pour le diagnostic de la tuberculose. En effet, c'est le test connu de la tuberculine ou tuberculination et il est basé sur la réaction d'hypersensibilité que montre un animal face à un antigène s’il a eu au préalable un contact avec. L'application par voie intradermique du bacille tuberculeux inactivé, ou d'une fraction protéique purifiée de celui-ci, produit une réaction d'hypersensibilité qui se manifeste au bout de quelques heures au point d'inoculation et qui se caractérise par un épaississement de la peau, de l'œdème, de l'érythème ou une induration. Depuis des années on sait que ce test est en relation avec l'immunité de type cellulaire et on l’utilise pour détecter des animaux infectés et aider à l'éradication de la tuberculose.

Par conséquent, comment peut-il nous servir pour l’évaluation de l’observance dans la vaccination contre le PCV2 ? Très simple : le circovirus porcin de type 2, comme agent viral, est un pathogène intracellulaire et donc susceptible de générer une réponse immunitaire cellulaire adaptative. De ce fait, les vaccins contre le PCV2 déclenchent, dans des conditions normales, une réponse tant humorale que cellulaire face au dit virus.

Réaction typique d'érythème observée 24 h après une application sur la peau de l'abdomen

Photo 2. Réaction typique d'érythème observée 24 h après une application sur la peau de l'abdomen

L’étape suivante est comment peut-on appliquer le test DTH à des fins d’observance ? C’est très simple, on doit seulement inoculer un antigène de PCV2 par voie intradermique sur les animaux à problème (pour lesquels on veut savoir s'ils sont vaccinés ou non) à un intervalle approprié après la date présumée de vaccination. Comme la vaccination contre le circovirus est généralement réalisée à 3-4 semaines de vie, on devrait laisser s'écouler au moins 3 semaines pour faire le test. Puisque ce test peut donner une réponse positive (bien que de moindre ampleur) sur des animaux avec une immunité maternelle cellulaire, on conseille de la retarder jusqu'à 7-9 semaines de vie c'est-à-dire 4 à 6 semaines après la vaccination. Ce n'est pas un test avec une valeur individuelle mais collective et on conseille donc de le réaliser sur environ 10 à15 animaux par groupe d'âge, en fonction de la taille du lot. Les résultats se lisent au bout de 24 heures, en pouvant faire une lecture qualitative (positif/négatif) et/ou quantitative (diamètre de la réaction). La réaction qui se produit (photo 2) qui peut être une zone d’induration ou de rougeur, accompagnée ou non d’œdème, dépend de la zone de la peau où on injecte et du dispositif utilisé pour l’injection de l’antigène. Sur des porcelets de 7 à 10 semaines, il est préférable de l’appliquer sur l’abdomen entre la dernière et l’avant dernière tétine. Il n’est pas nécessaire de tranquilliser les animaux car c’est une procédure rapide, sûre et inoffensive. Le grand avantage est que l’on peut le réaliser sur le terrain et avoir le résultat en 24 h sans avoir besoin de recourir au laboratoire. Pour appliquer l’antigène, une seringue d’insuline peut être suffisante bien qu’il y ait d’autres alternatives. Au moment de l’interprétation de ce test, il faut tenir compte de ce qui suit :

  • La sensibilité est autour de 80 à 85%, c’est-à-dire qu’il est normal qu’il y ait 2 à 3 animaux dans le groupe de 10-15 qui ne présentent pas de réaction sans que ceci ne signifie qu’ils n’ont pas été vaccinés, bien que la réponse habituelle est souvent de 100 %.
  • Le manque de réponse n’implique pas que les animaux ne soient pas protégés puis que le test, comme on l’a dit, détecte l’immunité cellulaire et la protection dépend non seulement de l’immunité cellulaire mais aussi de l’immunité humorale (anticorps neutralisants).

Ce test à l’intérêt de vérifier la réalisation et/ou la qualité de la vaccination en cas d’entrée de porcelets en engraissement

Articles

Perspectives dans le diagnostic du PCVAD03-Oct-2014 il y a 5 ans 18 jours

Commentaires de l'article

Cet espace n'est pas destiné a être une zone de consultation des auteurs mais c'est un lieu de discussionouverts à tous les utilisateurs de 3trois3.
Publier un nouveau commentaire

Pour commenter, vous devez être utilisateur de 3trois3 et vous connecter

Vous n'êtes pas encore utilisateur de 333?inscrivez-vouset accédez aux cours du porc, au moteur de
recherche,...C'est gratuit et rapide
Etes vous enregistré dans 333?LOGINSi vous avez oublié votre mot de passe nous vous l'envoyons ici

tags