La Rhinite Atrophique en France : où en est-on aujourd'hui ?

Une étude de prévalence a été réalisée en 2010 dans le Grand-Ouest et comparée à celle de 1987: si les lésions de Rhinite Atrophique en abattoir sont moins fréquentes et moins sévères en 2010 qu’en 1987, la maladie n’a toujours pas disparu du paysage français.

Vendredi 23 Septembre 2011 (il y a 7 ans 1 mois 24 jours)
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Maladie très étudiée dans les années 1980 et 90, la Rhinite Atrophique du porc a alors fait l’objet de nombreuses études de prévalence, en particulier en France. C’est ainsi que l’AFSSA (devenue depuis ANSES) a mené une enquête en 1987, portant sur 249 lots de porcs provenant d’élevages bretons (F. Madec et coll., 1988).

1987 : une première enquête de grande échelle, point de comparaison pour la suite.

Il ressort de cette étude menée par notation de 10 porcs par lot à l’abattoir selon une grille sur 18 (voir Tableau 1, ainsi que le chapitre 5 pour le détail de la notation, la note de cloison étant ici notée sur 2, et non sur 4 comme actuellement) :

  • 56% des porcs contrôlés n’ont pas de lésions ou des lésions peu étendues (note de chaque cornet à 1 au plus)
  • 14.9% présentent une atteinte sévère (note de 7 à 10)
  • 10.5% ont une rhinite très sévère (note supérieure à 10)
  • La note moyenne des 249 lots est à 3.96.

Tableau 1 : résultats de l’enquête de prévalence de la Rhinite Atrophique en Bretagne (Madec et coll., 1988)

Note/18 ≤5 et aucune note élémentaire >1 ≤6 et au moins une note élémentaire ≥2 7 à 10 > 10 Note moyenne
% groins 56 18.6 14.9 10.5 3.96

La répartition des notes de lots contrôlés lors de cette étude montre une très grande disparité des résultats, puisque les meilleurs lots ont des notes moyennes de 0, tandis que le plus atteint présente une note moyenne de 14.6 (figure 2).

Figure 1 : répartition des notes des 249 lots bretons contrôlés en 1987 (Madec et coll., 1988)

Rhinite 07-1

D’autres études comparables ont également été menées à la fin des années 80 dans d’autres régions françaises (Le Foll en Aquitaine en 1988, …).

2010 : une étude de prévalence dans le Grand-Ouest, réalisée par INTERVET / MSD Santé Animale

Depuis 1987, aucune nouvelle étude de cette échelle n’avait été menée: il semblait donc intéressant de refaire une étude similaire en 2010 à l’échelle du Grand-Ouest.

Rhinite 07-24037 porcs issus de 207 élevages du grand-Ouest ont donc été contrôlés entre mars et avril 2010 par un unique notateur.
20 porcs par lot en moyenne ont été examinés, sur la moitié des lots présentés le jour donné de présence du notateur à l’abattoir.
Cela représente au final 209 lots provenant de 12 départements différents et contrôlés dans 9 abattoirs de Bretagne, Normandie et Pays de la Loire. (Figure 3)

Figure 2 : Départements d’origine des 209 élevages inclus dans l’enquête de prévalence Rhinite Atrophique de 2010.

2010 : La Rhinite Atrophique existe toujours en France

Les résultats bruts de l’enquête de prévalence sont présentés sous forme de graphe sur la Figure 3. Les résultats vont d’une note moyenne d’élevage de 0 à 9,2 pour le lot le plus atteint. Le score médian se situe à 1,9, les 25% meilleurs élevages ayant une note moyenne de moins de 1.2, les 25% présentant des lésions plus marquées ont un score moyen supérieur à 3,1. Il est intéressant de noter que les lots avec des notes élevées (>5) sont peu nombreux sur l’échantillon étudié.

Figure 3 : Répartition des 209 lots selon leur note moyenne (notation sur 20)

Rhinite 07-3

Si l’on place en parallèle les résultats de 1987 et ceux de 2010 (en reprenant les paramètres de la méthode de 1987), on note une nette amélioration des résultats sur plusieurs critères : au niveau ‘lot’ avec une augmentation du nombre de lots pas ou peu atteints (Figure 4), mais aussi au niveau individuel avec une baisse importante du pourcentage de groins sévèrement atteints (taux divisé par 2,5), très forte baisse du pourcentage de groins très sévèrement touchés (note >10 : taux divisé par ~5), les groins moyennement lésés restant stables (Tableau 6).

Figure 4 : Répartition des lots en fonction de leur note moyenne. Parallèle des résultats de 1987 et 2010 (paramètres de l’étude de 1987).

Bretagne 1987
249 lots de 10 porcs
Grand-Ouest 2010
209 lots de 20 porcs
Rhinite 07-4 Rhinite 07-45

Tableau 6 : répartition des notes individuelles des porcs contrôlés en 1987 et 2010 (la note élémentaire correspond à la note de chaque volute et de la cloison)

Bretagne 1987 Critères
(note sur 18)
Grand-Ouest 2010
56.0 % ≤5 et aucune note élémentaire >1 71.7%
18.6 % ≤6 et au moins une note élémentaire ≥2 20.3 %
14.9 % 7 à 10 5.8 %
10.5 % > 10 2.2 %
3.96 note moyenne 2.04

Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour expliquer cette évolution : la spécialisation plus importante des élevages, la prise de conscience de l’impact de la Rhinite Atrophique et son inclusion dans les plans de contrôles sanitaire (vaccination, certification des élevages de reproducteurs…), la généralisation de la conduite en bande stricte et l’application de la marche en avant.

2011 : une restitution des résultats par structure de suivi

Chaque structure sanitaire de suivi d’élevage de porc qui a participé à l’enquête de prévalence 2010 a reçu des résultats détaillés sous la forme d’une fiche appelée "KaliNez’ Structure".


Cette fiche reprend les données pour les élevages suivis par la structure contrôlés à cette occasion, ainsi que les données globales de l’ensemble des 209 élevages de l’étude. Les résultats sont donnés globalement sous forme d’un tableau chiffré reprenant le nombre d’élevages suivis par la structure ayant participé à l’enquête de Prévalence, les résultats moyens en note globale et taux d’atteinte (note individuelle ≥1). La répartition des élevages par note moyenne et taux d’atteinte est ensuite détaillée, toujours en comparaison avec l’Enquête Prévalence 2010. (Voir figure 4)

Figure 5 : Exemple de Fiche KaliNez structure (ici un groupement fictif).

Rhinite 07-6

En résumé, si les lésions de Rhinite Atrophique en abattoir sont moins fréquentes et moins sévères en 2010 qu’en 1987, la maladie n’a toujours pas disparu du paysage français.

L’application de la conduite en bande, le respect des normes zootechniques mais également l’apparition de vaccins fiables et efficaces dirigés contre la toxine dermonécrotique de Pasteurella multocida ont permis cette amélioration.
Cependant, la pathologie existe toujours et la vigilance doit être maintenue.

Nous verrons dans le prochain chapitre comment apprécier le taux d’atteinte au niveau de l’élevage.

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