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Le DEPv est-il transmis par le sperme ?

Enric Marco commente les implications pratiques d'un article récent qui étudie la transmission de DEPv par le sperme.

Samedi 7 Avril 2018 (il y a 5 mois 18 jours)
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Article commenté
S Gallien, A Moro, G Lediguerher, V Catinot, F Paboeuf, L Bigault, M Berri, PC Gauger, N Pozzi, E Authié, N Rose and B Grasland. Evidence of porcine epidemic diarrhea virus (PEDV) shedding in semen from infected specific pathogen-free boars. 2018. Vet Res (2018) 49:7. doi.org/10.1186/s13567-018-0505-2
Résumé de l'article

Commentaire
L'épidémie de diarrhée épidémique porcine (DEP) a été, sûrement, l'une des infections qui a suscité plus de débats lors de l'explication de son épidémiologie. Le virus, après avoir été introduit de Chine aux États-Unis et au Canada, s'est propagé rapidement et a suivi le même schéma dans d'autres pays, par la suite infectés, comme la Corée, Taïwan ou le Japon (dans cet ordre).

La propagation rapide de l'infection a soulevé des doutes sur son mode de transmission, car d'autres infections virales dont la voie de contagion est aussi l'infection féco-orale ne parviennent pas, en tout cas, à se propager à cette vitesse. C'est la raison pour laquelle un grand nombre de recherches ont été engagées afin de clarifier et de définir les différentes voies de transmission. En fait, ils ont souligné les voie possibles suivantes :

  • naturellement, soit par contact avec des matières fécales contaminées, soit par contact direct avec des animaux infectés ou parce que les matières fécales ont été transportées par des aliments contaminés
  • transports de porcs contaminés ou d'autres matériaux contaminés
  • aussi par voie aérienne à courte distance en raison de la présence d'aérosols contaminés.

La transmission sexuelle (par le biais du sperme contaminé) était prise en compte, mais toujours en croyant que le sperme pouvait être contaminé, soit par des matières fécales présentes sur le prépuce, soit par des aérosols contenant le virus qui avait atteint le sperme.

Cependant, il est intéressant de noter que l'article décrit comment on obtient du sperme infecté, avant même que les animaux n'expriment les symptômes de la maladie, excluant la possibilité que la positivité du sperme dérive d'une contamination par des excréments infectés présents sur la peau ( prépuce) du verrat.

Il est également intéressant de voir que le sperme contient du virus DEP par intermittence pendant une période assez longue, au moins jusqu'à 49 jours. Compte tenu de ces résultats, il est clair que l'utilisation de doses de semences contaminées pourrait compromettre l'état de santé des élevages négatifs, bien que, aujourd'hui, n'a pas encore été confirmé que les truies inséminées avec des semences contaminées peuvent contracter la maladie. Cependant, il ne faut pas oublier que la simple présence de matières contaminées par le virus de la DEP dans une exploitation indemne présente un risque d'infection, même si la voie d''infection finale ne soit pas vaginale mais orale.

Les conclusions de l'article ne font rien qu'appuyer ce qui a été une norme dans les principaux centres de verrats afin de préserver leur statut sanitaire: la mise en œuvre d'une période de quarantaine assez longue (au moins 4 semaines), ce qui permet de vérifier la négativité des verrats à introduire vis à vis de différentes infections, parmi lesquelles la DEP devrait être incluse.

Résumé de l'article commenté
S Gallien, A Moro, G Lediguerher, V Catinot, F Paboeuf, L Bigault, M Berri, PC Gauger, N Pozzi, E Authié, N Rose and B Grasland. Evidence of porcine epidemic diarrhea virus (PEDV) shedding in semen from infected specific pathogen-free boars. 2018. Vet Res (2018) 49:7. doi.org/10.1186/s13567-018-0505-2

Qu'est-ce qui est étudié?
Cette étude détermine si DEPv peut être détecté dans le sperme de verrats SPF (exempts de pathogènes spécifiques) artificiellement infectés par l'exposition à une souche no-InDel des États-Unis.

Comment est-ce étudié?
Deux groupes de verrats SPF ont été utilisés. Deux verrats ont été inoculés avec 5 ml d'un homogénat contenant 108 copies génomiques / ml d'une souche no-InDel et deux verrats ont été maintenus comme témoins négatifs. L'expérience a duré jusqu'à 52 jours après l'inoculation au cours de laquelle les signes cliniques ont été enregistrés (léthargie, aspect extérieur, comportement, respiration et diarrhée). De plus, des échantillons de sperme, de fèces et de sérum ont été analysés à l'aide de RT-qPCR.

Quels sont les résultats?
Des signes cliniques (diarrhée, manque d'appétit, vomissements) ont été observés chez les deux verrats inoculés et ils ont été plus prononcés que prévu compte tenu de l'âge des animaux expérimentaux. Les témoins négatifs sont restés sains et exempts d'infection.

Le DEPv a été détecté dans le sperme, mais seulement par intermittence. Il y avait de l'ARN de DEPv dans les deux fractions de sperme bien qu'une plus grande quantité de DEPv a été détectée dans la fraction riche en spermatozoïdes qui contient des cellules spermatiques et des cellules non spermatiques (spermatozoïdes, leucocytes, cellules germinales immatures, etc.). Dans ces fractions riches en spermatozoïdes, la charge maximale de génome de DEPv atteinte était de 3,40 x 104 copies de génome / ml chez l'un des verrats et 1,75 x 104 copies génomiques / ml dans le second. Fait intéressant, l'excrétion virale dans les fractions séminales a été transitoire. Les écouvillons de prépuce étaient négatifs pour l'ARN de DEPv alors que l'ARN de DEPv était détecté dans le sperme. Il a également été détecté dans la fraction gelatineuse à 18 et 42 jours après l'inoculation chez les deux verrats et 49 jours après l'infection chez l'un d'eux. En revanche, l'excrétion virale était plus constante dans les échantillons fécaux, qui ont été systématiquement positifs entre les jours 16 et 19 chez les deux mâles.

Quelles sont les conclusions tirées de ce travail?
L'étude a démontré l'excrétion d'une souche de DEPv no-InDel provenant des États-Unis via le sperme (fraction riche en spermatozoïdes et fraction séminale) des verrats inoculés.

Les verrats, en particulier leur sperme, devraient être considérés comme un facteur de risque lors d'introduction / réintroduction de DEP dans les élevages de reproduction. Le DEPv a été détecté dans le sperme avant que dans les fèces et avant l'apparition des signes cliniques. Par conséquent, les mâles infectés par le virus de la DEP pourraient être détectés après l'expédition du sperme potentiellement infecté. Le fait que l'excrétion soit intermittente complique encore plus sa détection. Il serait nécessaire d'analyser la séroconversion en DEP des verrats, de contrôler la présence de signes cliniques et l'absence d'excrétion préalable dans les fèces. Les risques sont élevés car la recherche a montré que l'ARN du DEPv peut être détecté dans le sperme avant même l'excrétion dans les féces et avant l'apparition des signes cliniques.

D'autres études sont nécessaires pour déterminer si le DEPv détecté par RT-qPCR dans le sperme infecté est potentiellement infectieux.

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