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Évaluation des risques de biosécurité et relation avec le temps pendant lequel les exploitations restent négatives au vSDRP

L'idée proposée par l'article de mesurer les risques externes permet de comparer les exploitations à partir d'un chiffre numérique et d'entamer des mesures de correction permettant de s'améliorer et de constater numériquement les améliorations obtenues.

21 Août 2015

Article

Holtkamp DJ, Yeske PE, Polson DD, Melody JL, Philips RC. A prospective study evaluating duration of swine breeding herd PRRS virus-free status and its relationship with measured risk. Prev Vet Med. 2010 Sep 1;96(3-4):186-93. doi: 10.1016/j.prevetmed.2010.06.016.

 

Résumé de l'article

Qu’étudie-t-on ?

L'outil d'évaluation des risques du SDRP de l'Association américaine des vétérinaires porcins (AASV) pour les élevages de reproduction a été évalué dans le but de déterminer le temps pendant lequel une exploitation reste négative au SDRP. Les principaux facteurs de risque biosécuritaire associés aux infections des élevages de reproduction par vSDRP sont également évalués.

 

Comment l’étudie-t-on ?

On a suivi 33 exploitations de truies négatives au vSDRP et on a noté si, et à quel moment, les exploitations devenaient positives au vSDRP. Le statut SDRP négatif a été établi avec la population d'un nouvel élevage avec des reproducteurs négatifs ou par dépeuplement total et repeuplement de cette même exploitation avec des animaux négatifs.

Au cours des 452 semaines de durée de l'étude, la saison et la méthode utilisée pour déterminer le statut négatif au virus SDRP, ainsi que les scores des risques internes et externes des exploitations mesurés par l'estimation des risques SDRP, ont été évalués.

 

Quels sont les résultats ?

85% des exploitations (n=28) sont devenues positives au SDRP pendant l'étude et 40% l'ont été dans la première année après avoir obtenu le statut négatif.

Les scores plus élevés concernant les risques externes ont été associés à un plus grand risque d'infection par le vSDRP, et plus tôt aussi.  Par contre, il n'y a pas d'association significative entre le score des risques internes et le fait de devenir SDRP positif. L'élimination du virus SDRP pendant les mois d'hiver (de novembre à février) a été associée à un plus grand risque d'infection par le vSDRP par rapport à son élimination pendant les autres mois (figures 1 et 2).

 

Probabilité pour une exploitation de rester négative au SDRP

Figures 1 et 2. Probabilité pour une exploitation de reproduction de rester négative au virus SDRP selon le score des risques et l'époque à laquelle elle est déclarée libre du virus.

L'association entre le risque l'infection par vSDRP et le score des risques externes est complexifiée par la méthode d'élimination.

 

Quelles conclusions tire-t-on de ce travail ?

La filière porcine a besoin de meilleures méthodes pour mesurer et quantifier le risque de maladie comme premier pas pour développer de bonnes règles de prévision basées sur l'épidémiologie.

Cette étude renforce également la valeur de l'évaluation des risques SDRP pour estimer si les exploitations vont rester négatives au virus SDRP suffisamment longtemps pour compenser les coûts résultant de l'élimination du virus.

L'étude pourrait également aider à développer et à mettre en place des projets d'élimination régionaux en facilitant la surveillance des risques associés aux élevages négatifs de la région où le projet est mis en place qui deviennent positifs.

enric marcoLa vision du terrain par Enric Marco

Les éleveurs qui ont leur exploitations dans des zones à haute densité porcine savent combien il est difficile de maintenir stable une exploitation en matière de SDRP. Contrôler l'infection une fois celle-ci a déjà atteint une exploitation est difficile, mais pas impossible. En appliquant les mesures de correction mentionnées dans les articles précédents de cette série (vaccins, contrôle des zones chaudes, conduite, etc.) l'élevage récupérera la stabilité et retrouvera des niveaux de productivité similaires à ceux obtenus par les exploitations négatives. Cependant, l'un des soucis dans ces zones (et dans les autres aussi) est comment éviter de nouvelles introductions du virus SDRP qui briseraient la stabilité obtenue. Théoriquement, la solution est simple et passe par l'application de bonnes mesures de biosécurité externe. L'article montre clairement que les élevages avec un meilleur niveau de biosécurité externe sont ceux qui ont de plus longues périodes de négativité. Mais, comment améliorer notre biosécurité ?

Pour s'améliorer dans n'importe quel domaine, l'un des premiers pas est de se comparer au reste de la communauté. C'est ce que nous faisons lorsque nous voulons améliorer notre productivité. Nous les faisons aussi pour améliorer nos coûts de production. Dans ce cas, nous nous comparons non seulement à ceux qui sont proches de nous (domaine local ou étatique) mais aussi à ceux d'autres régions du monde, car nous savons que nous opérons tous dans un domaine mondial. Mais lorsque nous parlons de nous améliorer en biosécurité, comment nous comparer ? L'idée proposée par l'article de mesurer les risques externes pourrait être très intéressante, car elle permet de comparer les exploitations à partir d'un chiffre numérique et d'entamer les mesures de correction permettant de nous améliorer et de constater numériquement les améliorations obtenues.

Dans des zones à haute densité d'exploitations porcines, il est essentiel d'appliquer des plans régionaux dans le but de réduire le risque de nouvelles introductions pour un meilleur contrôle du SDRP. Ces plans régionaux consisteraient à utiliser les structures sanitaires actuelles comme instrument permettant l'application d'actions conjointes.  Parmi ces actions conjointes, on peut considérer : la gestion centralisée des informations (communication des épisodes, séquençage des virus pour le suivi des épisodes), l'application de plans prophylactiques communs, les actions sur le mouvement des animaux (restriction des origines de renouvellement ou des porcelets d'engraissement) et le suivi de la biosécurité, qui est indispensable car, comme l'article le démontre, c'est un outil utile pour l'amélioration sanitaire des exploitations et, par conséquent, de la zone en question.

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