Prix du porc : toujours de la stabilité au Nord de la UE, hausses plus mesurées au Sud

La situation des prix sur le marché du porc en Europe se caractérise par la poursuite de la stabilité dans le nord tandis qu’au sud, où les cours ont haussé sans interruption depuis le début de l’année, un ralentissement semble se dessiner.

Dans le nord de l’Europe, les marchés sont à l’équilibre entre une offre un peu plus fournie du fait de la stabilisation des cours depuis maintenant un mois et une demande atone.

C’est ainsi qu’en Allemagne, bien que le niveau des offres soit très bas, les conditions ne sont pas encore réunies pour actionner la hausse du prix.

Il en est de même en Belgique où pourtant, les abattages sont en baisse moyenne de 15% par semaine depuis le début de l’année. Cette chute de la production sera amplifiée dans les mois qui viennent car de nombreux naisseurs-engraisseurs vendent leurs propres porcelets, à des prix historiquement élevés, vers l’Espagne notamment, au risque de se démunir de futurs porcs à commercialiser.

En Autriche aussi, l’offre est en baisse par rapport à l’an dernier (- 6%), mais le secteur de la viande fait valoir des difficultés croissantes à répercuter les hausses sur le marché des pièces.

Le prix d’acompte danois se redresse de 3 centimes d’euro mais reste toujours très loin derrière les autres cotations européennes. Le ralentissement des exportations vers les pays tiers et la forte concurrence des viandes du continent américain contraint le marché danois, très orienté à l’export, à ajuster ses tarifs au commerce international.

En Espagne, la situation de l’offre reste préoccupante pour les abattoirs qui recherchent désespérément des porcs afin de rentabiliser leurs outils. La forte chute de la production européenne limite encore plus les possibilités d’importation en provenance des traditionnels fournisseurs (Belgique, Pays-Bas, France). L’Espagne annonce chaque semaine des baisses d’activité de l’ordre de 10% depuis le début de l’année. Si la rétention de porcs en est une des causes, c’est surtout la forte baisse du nombre de truies et de porcelets constatée depuis de longs mois, pour des raisons sanitaires, qui est à l’origine de ce retournement de tendance. Malgré la baisse des offres, le marché de la viande reste bien pourvu et les tensions s’accroissent. Mais il faudra attendre une plus grande harmonisation des marchés européens avant de voir la revalorisation des pièces. Cela est d’autant plus vrai que les ventes au grand export tardent à décoller par un manque total de compétitivité alors que la Chine semble reprendre ses achats auprès des fournisseurs du continent américain.

En Italie aussi, les récentes hausses du prix du porc sont de plus en plus difficiles à répercuter sur le marché des pièces. C’est pour cette raison et malgré des offres bien limitées que le cours a peu progressé pour cette nouvelle semaine. Aux Etats-Unis, le prix reste orienté à la hausse. L’activité moyenne de ce début d’année est de 2,5 M de porcs par semaine, ce qui reste supérieur aux estimations de l’USDA. Au regard de la courbe ascendante des poids, la pénurie de porcs n’est pas d’actualité. Les statistiques des exportations pour le mois de janvier montrent une croissance de 13% par rapport à janvier 2022. Le Mexique conforte sa place de premier débouché (+ 11%) pour 41% de part de marché. Les expéditions vers la Chine sont en hausse de 32% à 45 542 tonnes. Il est certain que la compétitivité des viandes US, face aux viandes européennes notamment, a largement participé à cette amélioration du commerce à l’export.

En Chine, le prix moyen du porc ne parvient pas à se redresser et se maintient autour d’un équivalent de 2 euros du kilo vif. Le manque de rentabilité des élevages de ces derniers mois a été à l’origine d’une mise en marché d’un nombre élevé de porcs en fin d’année dernière et en ce début d’année, ce qui a entraîné la baisse du prix du porc. Selon Reuters, une résurgence de la PPA est signalée dans le nord du pays où se concentrent les principaux producteurs de porcs. Cela pourrait conduire à une nouvelle vague d’abattages élevés qui ne va pas contribuer à redresser les prix du porc.

MPB : hausse de 0,5 cent lundi ; de + 0,3 cent jeudi

La hausse du prix du porc se poursuit au Marché du Porc Breton mais donne quelques signes d’essoufflement après une croissance ininterrompue et un total de 55,3 centimes enregistré depuis le début de l’année. Avec 0,8 cent de hausse la semaine passée, le cours s’élève à 2,374 euros. Les deux ventes ont été plus laborieuses pour les groupements vendeurs et malgré les 3 721 porcs invendus pour enchères insuffisantes, les abattoirs ont maintenu leur position ce qui s’est traduit par une amplitude de prix qui n’a pas dépassé les 0,9 cent jeudi. L’activité sur la zone Uniporc Ouest, perturbée mercredi par les mouvements sociaux, s’est élevée à 354 675 porcs abattus, supérieure de 7685 porcs par rapport à la semaine précédente, mais inférieure de 28 800 porcs (- 7,5%) en comparaison avec la même semaine 2022. Depuis le début de l’année, l’activité a baissé de 255 265 porcs (- 6,1%) soit une baisse moyenne de 23 200 porcs par semaine ! Les poids moyens de la semaine passée ont augmenté de 173 grammes à 95,95 kilos, ils tendent à se rapprocher de la même référence 2022 (96,01 kg). Depuis le début de l’année, les poids moyens sont inférieurs de 670 grammes aux poids moyens des 11 premières semaines 2022.

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