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La fibre dans la ration est importante pour la performance de la mise-bas et la production de colostrum

La fibre de la ration améliore la production de colostrum des truies et réduit la durée de la mise-bas. Mais ... combien de grammes de fibres sont recommandés au cours de la dernière semaine avant la mise-bas ?

Vendredi 18 Octobre 2019 (il y a 1 mois 3 jours)
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Des progrès substantiels ont été accomplis au cours des 5 dernières années pour comprendre comment nous devons nourrir les truies dans le péripartum de manière plus optimale, et les fibres dans la ration semblent être bénéfiques pour la productivité des truies pour de nombreuses raisons. Il est actuellement recommandé de fournir aux truies 500 à 600 grammes de fibres par jour au cours de la dernière semaine précédant la mise-bas.

L'ingestion de colostrum par les porcelets est crucial pour assurer leur survie et nourrir la truie afin de permettre une production élevée de colostrum est un moyen d'améliorer la survie néonatale et de réduire simultanément le travail requis. Jusqu'à présent, la croyance générale était que le colostrum était produit et disponible à la consommation dès la naissance du premier porcelet. Contrairement à cette idée, une étude récente menée à l'Université d'Aarhus, au Danemark, a révélé que le lactose et les graisses présents dans le colostrum sont effectivement produits pendant l'allaitement de la même manière que le lait une fois établie la lactation. (Feyera et al., 2019). Bien que la demande en énergie soit inférieure à celle de la production laitière, notre étude a révélé qu’au moins 1,5 kg d’aliment est nécessaire pour ce processus, en plus des 2 kg nécessaires à l’entretien. Les fibres alimentaires réduisent généralement la concentration énergétique des aliments, mais peuvent améliorer l'ingestion de colostrum chez les porcelets et la production de colostrum par les truies lorsqu'elles sont fournies aux truies gestantes (Theil et al., 2014). Le mode d’action de la fibre semble être lié à une plus grande accumulation de graisse dans le coussinet adipeux de la glande mammaire, condition préalable à la croissance du tissu du parenchyme mammaire (l’épithélium qui produit le lait). Des effets bénéfiques ont été observés lorsqu’on a inclus dans l’alimentation des fibres de pulpe de betterave ou des résidus de pectine alors que, pour des raisons inconnues, la fibre de la pulpe de pomme de terre n’a pas stimulé la production de colostrum bien que sa solubilité soit aussi élevée que celle de la pulpe de betterave.

Figure 1: Une ingestion suffisante de colostrum est essentielle pour que les porcelets nouveau-nés restent en vie et certaines sources de fibres (par exemple, la pulpe de betterave et la pectine) peuvent stimuler la production de colostrum par la truie. Dans cette étude, la consommation de colostrum a été mesurée par des isotopes.

Figure 1: Une ingestion suffisante de colostrum est essentielle pour que les porcelets nouveau-nés restent en vie et certaines sources de fibres (par exemple, la pulpe de betterave et la pectine) peuvent stimuler la production de colostrum par la truie. Dans cette étude, la consommation de colostrum a été mesurée par des isotopes.

Le processus de mise-bas est important pour la survie des porcelets et un apport adéquat en énergie aux truies est essentiel pour réduire la durée de la mise bas et le taux de porcelets morts-nés (Feyera et al., 2018)comme le montre la figure 2. Trois repas quotidiens sont recommandés pour garantir que les truies ne sont pas épuisées pendant le processus de mise-bas mais l'ajout de fibres à la ration au cours des deux semaines précédant la mise-bas peut réduire la fréquence des porcelets morts-nés (Feyera et al., 2017) dans les élevages où il n'est pas possible de nourrir plus de deux fois. La raison en est que les fibres fermentent dans l'intestin postérieur, ce qui garantit une absorption d'énergie plus constante par le tractus gastro-intestinal et contribue à une glycémie plus stable, bien que les truies ne puissent pas manger pendant la mise-bas.

Figure 2 : La durée de la mise-bas est beaucoup prolongée si les truies sont à court d'énergie. Normalement, le glucose plasmatique reste constant à 4,5 mmol / L (entre 4 et 5), mais peu de temps après l’alimentation, il dépasse ce niveau et plusieurs heures après l’alimentation, le glucose plasmatique peut être compromis si le dépôt de glycogène dans le foie s'épuise.

Figure 2 : La durée de la mise-bas est beaucoup prolongée si les truies sont à court d'énergie. Normalement, le glucose plasmatique reste constant à 4,5 mmol / L (entre 4 et 5), mais peu de temps après l’alimentation, il dépasse ce niveau et plusieurs heures après l’alimentation, le glucose plasmatique peut être compromis si le dépôt de glycogène dans le foie s'épuise.

La constipation des truies est problématique, car les fécés dans le côlon peuvent bloquer physiquement le canal génital et empêcher les porcelets de naître suffisamment rapidement pour rester en vie. Fait intéressant, la fibre est également bénéfique à cet égard car elle favorise la motilité intestinale et prévient la constipation. Ceci est est du à la capacité de rétention d'eau de la fibre (Zhou et al., 2018a), ce qui rend les selles plus molles et minimise le risque de constipation.

La santé des truies autour de la mise-bas semble également être meilleure pour les truies qui reçoivent des fibres, bien que cela soit davantage basé sur les commentaires des éleveurs que sur des preuves scientifiques. Le besoin réduit d'assistance à la mise-bas lors de l'administration de fibres peut aider à expliquer comment la santé des truies peut être améliorée, car l'assistance à la mise-bas est toujours associée à un risque accru d'infection. Les caractéristiques de la fibre diffèrent selon les ingrédients des aliments. Une source de fibres couramment utilisée chez les porcs est la pulpe de betterave, qui est hautement fermentescible chez les truies. La fermentescibilité est une caractéristique importante des sources de fibres, en particulier pour réduire la durée de la mise-bas et les porcelets morts-nés. L'ajout d'enzymes capables de dégrader les polysaccharides non amylacés peut être un moyen d'améliorer la digestibilité de l'énergie de la ration (Zhou et al., 2018b) et donc de permettre une alimentation avec des particules plus grosses, ce qui essentiel pour éviter les ulcères d'estomac

Nourrir les truies de manière optimale au moment de la mise-bas implique de comprendre les besoins énergétiques des truies et de fournir suffisamment d'énergie pour permettre la production de colostrum et une mise-bas rapide. Cependant, l'alimentation ad libitum des truies ne semble pas être la solution, car cela peut augmenter le contenu intestinal dans le gros intestin et empêcher physiquement les porcelets de naître. Actuellement, nous recommandons de fournir de 500 à 600 grammes de fibres dans le régime alimentaire des truies chaque jour au cours de la dernière semaine avant la mise bas. Cela peut être fait en nourrissant les truies avec 3,2 kg d'un régime standard pour truies avec des quantités égales d'orge et de blé et en ajoutant 2% de pulpe de betterave à partir du moment où les truies entrent en maternité jusqu'à la mise-bas. Des fibres, par exemple de la pulpe de betterave, peuvent être fournies en complément, car il n'est pas nécessaire de fournir des fibres plus d'une fois par jour. Nous menons actuellement un essai dose-réponse afin de mieux comprendre le niveau optimal de fibres dans le régime alimentaire qui devraient être fournies aux truies avant la mise-bas.

La quantité d'énergie dépensée par les truies pour la construction du nid juste avant la mise-bas est inconnue à ce jour, mais il est clair que la compréhension des besoins énergétiques des truies lors de la mise-bas est très importante pour éviter la mortalité excessive des porcelets. Nos études ont révélé que les truies peuvent épuiser leur énergie pendant la mise-bas et que les courbes d'alimentation recommandées dans le passé (restriction complète ou sévère de l'alimentation) ne semblent pas adéquates, car elles peuvent compromettre la durée de la mise-bas, le taux de morts nés et la production de colostrum.

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