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Rhinite atrophique : Les coupables n'agissent pas seuls ! (facteurs de risques)

La seule présence des 2 germes responsables de la Rhinite Atrophique ne suffit pas à expliquer la différence de gravité des lésions nasales entre élevages. Les conditions d’élevage au sens large vont influer sur l’expression de la maladie.

Jeudi 1 Septembre 2011 (il y a 7 ans 1 mois 17 jours)
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La seule présence des 2 germes responsables de la Rhinite Atrophique ne suffit pas à expliquer la différence de gravité des lésions nasales entre élevages. Les conditions d’élevage au sens large vont influer sur l’expression de la maladie.

Les Facteurs de Risques peuvent se regrouper sous 3 catégories principales :
- le bâtiment,
- la conduite d’élevage,
- et les animaux eux-mêmes.
Ce chapitre présentera les principaux facteurs de risques connus de Rhinite Atrophique (d’après de Jong, 2006, Penny, 1977 et Mc Caw, 1994).

Figure 1 : répartition des facteurs de risque majeurs de Rhinite Atrophique

Rhinite-06-1

Rhinite-06-4 Facteurs liés au type d’élevage

Les conditions permettant le brassage des germes entre animaux doivent être vues comme des facteurs de risque : ainsi les grandes salles rentrent-elles dans cette catégorie.
Certains aménagements comme les cloisons ajourées entre les cases, les grandes cases (mélange d’animaux importants) aggravent également les contaminations entre cases et entre animaux.

Des études récentes (cf chapitre 7) ne montrent par contre pas de relation entre la zone où se situe l’élevage et la présence de Rhinite Atrophique en France en 2010. De même, une taille d’élevage plus importante aurait un effet plutôt améliorateur sur l’impact de la Rhinite Atrophique.

Rhinite-06-3 Facteurs liés à la conduite d’élevage

Comme pour toute pathologie respiratoire, les constantes de ventilation sont importantes pour le contrôle de la Rhinite Atrophique.
Ainsi une sous-ventilation ou un volume d’air par animal insuffisant / une surcharge des salles constituent des facteurs de risque de Rhinite Atrophique. A l’opposé, une sur-ventilation entraînant des courants d’air au niveau des animaux aggravera également les signes de Rhinite Atrophique.
La qualité de l’air est également à prendre en compte, que ce soit au niveau du taux d’ammoniac mais aussi de la charge en poussières de l’air inspiré (voir figure 2)

Figure 2 : Relation entre charge en poussières de l’air inspiré et taux de nez atteints de Rhinite Atrophique (note ≥ 3). Noter la relation linéaire et le taux de corrélation élevé (r=0.874). Rhinite-06-2.gif

De même la température de l’air inspiré influe sur l’irritation de la muqueuse nasale et le développement des germes responsables de Rhinite Atrophique : une température trop basse augmentera les risques, tout comme des variations thermiques journalières trop importantes dans les salles.

Enfin, le non-respect des normes de conduite en avant est typiquement un facteur aggravant de Rhinite Atrophique en élevage. La conduite en continu, l’absence de vide sanitaire en post-sevrage et engraissement ou le manque de nettoyage et désinfection entre bandes sont autant de facteurs de risques.

Rhinite-06-5 Facteurs liés aux animaux

Différents points relatifs aux animaux eux-mêmes constituent des facteurs de risques de Rhinite Atrophique.
Comme nous l’avons vu au chapitre 2, la sensibilité varie avec l’âge : ainsi les porcelets en maternité et post-sevrage sont-ils plus sensibles que les charcutiers ou les reproducteurs.
Les pathologies intercurrentes agissent également comme des facteurs d’aggravation de Rhinite Atrophique : nous ne citerons que les plus connues, telles que les affections virales à PCV2, le SDRP ou les états grippaux, mais également des pathologies bactériennes à Bordetella bronchiseptica (cf chapitre 2) ou à Hæmophilus parasuis.
La présence de porteurs sains est également à redouter, ainsi que le contact avec d’autres espèces réservoirs des germes (carnivores, bovins, volailles…).

D’autres points portant sur le management des animaux en élevage sont également à prendre en compte.
Ainsi les mélanges d’animaux d’âge différents, ou d’origines différentes sont à risque.
De même les situations de déséquilibre global de l’élevage sont particulièrement à suivre de près : troupeau en cours d’agrandissement, taux de renouvellement élevé, introduction d’animaux au statut incertain voire inconnu.

Enfin, lorsqu’une prévention vaccinale est mise en place (cf chapitre 8), une mauvaise maîtrise de la vaccination ou de la gestion de la prise colostrale apparaissent comme des facteurs de risque d’apparition de Rhinite Atrophique malgré les mesures appliquées.

D’autres facteurs de risque, moins importants, existent et n’ont pas été abordés dans ce chapitre.

En résumé, les facteurs d’environnement des animaux vont jouer un rôle dans l’apparition de Rhinite Atrophique, et dans le degré de sévérité de la maladie.
La gestion sanitaire en tout-plein-tout-vide et la marche en avant diminuent les risques, tout comme le respect des normes zootechniques et sanitaires et de la conduite en bande stricte.

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