Conduite de la gestation : Saillie des cochettes Commentaire sur l'article

Dans son article, Miguel Colell revient sur un point-clé de la réussite de l’élevage: l’adaptation et la mise à la reproduction du prétroupeau.

Mercredi 20 Août 2008 (il y a 10 ans 1 mois 3 jours)
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Dans son article, Miguel Colell revient sur un point-clé de la réussite de l’élevage: l’adaptation et la mise à la reproduction du prétroupeau.
Avant toute chose, précisons que seule la technique dite « danoise », c’est-à-dire une insémination tardive vers 230-240 jours des cochettes, est envisageable de notre point de vue.
C’est extrêmement important pour la mise en œuvre des quatre points que nous développons ci-dessous et qui nous permettront de valoriser le potentiel de ces jeunes animaux.

L’adaptation sanitaire

C’est ce qui semble le plus évident mais qui reste toujours délicat à réussir.

Ceci passe par le choix d’un multiplicateur dont le statut sanitaire est adapté à celui de l’élevage de production. Il est donc indispensable d’avoir une idée claire de son propre statut (analyses sérologiques, contrôle abattoir, examen clinique par le vétérinaire vous permettront d’en savoir plus).

Diarrhée colibacillaire de porcelet : la contamination volontaire des cochettes sera souhaitable pour compléter une éventuelle vaccination

L’élevage de multiplication devra obligatoirement être moins contaminé que l’élevage de production sans pour autant présenter un écart trop considérable (des cochettes SPF conviendront à un élevage naisseur présentant très peu de pathogènes majeurs).
Quelque soit le cas de figure, la quarantaine est un préalable. Nous conseillons 6 à 9 semaines avant introduction dans le bloc-saillie.
Peu d’élevages disposent de la quarantaine d’observation préconisée par Miguel Colell, ce qui serait évidemment l’idéal.
Afin de pouvoir concilier une ou deux semaines d’observation stricte et l’adaptation proprement dite, il est nécessaire d’avoir une quarantaine ou des salles de quarantaine que l’on peut conduire en tout plein-tout vide.
Dans nos élevages où les livraisons de cochettes sont souvent espacées de 6 semaines, 2 salles sont préférables.
La contamination volontaire commencera selon les contraintes sanitaires de l’élevage (à voir avec votre vétérinaire traitant) soit une vingtaine de jours après livraison soit après la prise vaccinale vis-à-vis de certains pathogènes.
Dans la mesure où il est souvent très difficile en quarantaine de prévoir de la place pour le nombre suffisant de truies de réforme destinées à la contamination, nous préconisons de se contenter d’apport de déjections fraîches de truies et porcelets de maternité, voire de délivres saines.

La présence en bloc-saillie trois semaines avant insémination permettra de parfaire l’immunité respiratoire, sous réserve de certaines précautions (une antibio-prévention est parfois nécessaire).
Il n’est pas possible ici de donner un plan de vaccination type puisqu’il est à adapter à chaque élevage. Nous noterons simplement l’importance cruciale de s’assurer de la bonne conservation des vaccins et de la qualité des injections (utilisation d’aiguille à usage réellement unique de type 40-12 pour des animaux livrés à 6 mois).

Alimentation des cochettes

Une des raisons pour lesquelles une mise à la reproduction « tardive » a notre préférence tient aussi à la nécessité de permettre un bon développement corporel et l’établissement de quelques réserves graisseuses sur des animaux dont la tendance génétique pour la majorité des lignées va plutôt au dépôt de "maigre". Nous devons aussi viser à avoir des lots de cochettes homogènes et favoriser les premières ovulations.

Pour cela, une alimentation à sec avec une formulation de type "gestante" sera préférée pendant la phase de quarantaine, avec au départ, pendant 3 semaines, une alimentation à volonté puis une alimentation davantage contrôlée.
En verraterie, d’abord une alimentation contrôlée autour de 2,5 kg puis, dans la mesure où nous recherchons à avoir des cochettes en phase de dépôt à l’IA, un flushing est à prévoir pendant les 10 à 15 derniers jours avant les chaleurs sur lesquelles on souhaite inséminer.
La réalisation correcte de l’ensemble du plan d’alimentation des cochettes sera attestée par une épaisseur de lard d’environ 15 mm à l’IA et un aspect brillant des soies et de la peau des animaux.

Apprivoiser les cochettes

La période de quarantaine est aussi l’occasion de préparer le bon comportement de ses futures reproductrices. Passer du temps avec les cochettes autrement qu’avec une seringue à la main (passer parmi les animaux, les toucher, faire entendre sa voix) est garant d’un bon niveau de confiance des animaux vis-à-vis de l’homme. Ce sera autant de temps de gagné à chaque fois qu’il faudra intervenir sur les truies ou les déplacer.
Et quand il faut vacciner les cochettes, l’aiguille à usage unique et l’utilisation du prolongateur rendront les choses moins désagréables pour l’animal et pour l’éleveur !

Un travail de Hemsworth (1986) montre un meilleur taux de gestation à 40 jours chez des cochettes ayant eu des contacts plaisants avec les soigneurs que chez celles qui n’ont eu aucun contact. Les contacts brutaux ont évidemment des conséquences très négatives sur la reproduction.

Détecter les chaleurs des cochettes

Pour la détection des premiers œstrus des cochettes, il est bien qu’elles n’aient pas été élevées totalement à l’écart des verrats car cela facilite le déclenchement de la puberté. Cependant la présence de verrats pubères en quarantaine est bien compliquée. On pourra alors apporter des déjections de verrats et s’aider de bombes d’odeur sexuelle.
Penser à noter les chaleurs observées en quarantaine ce qui est très utile quand on ne synchronise pas les chaleurs.

Ne pas oublier que les chaleurs des cochettes peuvent être difficiles à détecter : utiliser un verrat parfaitement pubère, bien le bloquer devant la cochette. Un même verrat ne devra pas être utilisé plus d’une heure en détection et il peut être intéressant de ne pas présenter le même verrat souffleur matin et soir.
En cas de fortes difficultés pour voir les cochettes en chaleur ou en cas d’échec de reproduction sur les cochettes non attribuable à des problèmes sanitaires, le recours au dosage de la progestérone dans le sang (pour savoir si l’animal est cyclé, pour critiquer un protocole d’IA…) est maintenant beaucoup plus accessible et pratiquement et financièrement.

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