SDRP : Étude de stabilité du naissage et de la circulation en PS-Engraissement : que veut dire stable ou instable, actif ou inactif ?

Contrôler le niveau de stabilité d'un élevage positif vis à vis du SDRP, c'est déterminer le niveau de circulation virale, c'est à dire la transmission du virus SDRP d'un animal à un autre. Cette étude permet de classer les élevages (stable/instable, actif/inactif), et, grâce à cette classification, de déterminer la méthode adéquate de contrôle ou d'éradication du SDRP.


Contrôler le niveau de stabilité d'un élevage positif vis à vis du SDRP, c'est déterminer le niveau de circulation virale, c'est à dire la transmission du virus SDRP d'un animal à un autre.

Cette étude permet de classer les élevages (stable/instable, actif/inactif), et, grâce à cette classification, de déterminer la méthode adéquate de contrôle ou d'éradication du SDRP. On peut également réaliser ce contrôle après la mise en place d'un plan d'action afin de juger de son efficacité.

1. Quelques définitions

Le diagnostic de stabilité du naissage repose sur l'étude de la transmission virale entre deux truies ou d'une truie à ses porcelets. Lorsque le virus circule, c'est-à-dire que de nouveaux cas d'animaux infectés sont diagnostiqués, l'élevage est dit instable. Dans le cas contraire, il est dit stable.

En PS-engraissement, on parle de situation active ou inactive. L’élevage est actif s’il y a des porcelets virémiques en PS ou en engraissement.


Un élevage positif peut donc être classé en 4 catégories: stable inactif, stable actif, instable inactif ou instable actif. L'instabilité du naissage ou l'activité de l'engraissement vis a vis du SDRP sont en général associées à la présence de signes cliniques (troubles de la reproduction, signes respiratoires, retards de croissance...) et à une perte économique (cf article précédent).

2. Diagnostic de stabilité

Les outils de laboratoire

Il existe un nombre important de tests de détection du SDRP et le choix de l'un ou de l'autre se fait en fonction :

de l'objectif : dans le cas de notre étude, le statut de l'élevage est connu (il est positif vis à vis du SDRP), et le but est de savoir si le virus circule toujours dans l'élevage
du statut vaccinal de l’élevage : l’éleveur vaccine-t-il ? les truies ? les porcelets ?

Le contrôle de stabilité nécessite l'utilisation de deux types d'outils de laboratoire:
- la sérologie (technique ELISA)
- la virologie (technique PCR)

Les techniques d'analyses seront expliquées en détail dans le prochain article.

Le protocole du diagnostic de stabilité est le suivant:

a) stabilité du naissage

1er cas: réception de cochettes indemnes et non-vaccination des truies (ou vaccination avec un vaccin inactivé)

Dans ce cas, le diagnostic de stabilité est assez simple:
- si les cochettes se contaminent dans l'élevage, il est instable
- si les cochettes restent négatives, l'élevage est stable
Il suffit donc de réaliser des sérologies sur des truies jeunes (rangs 0, 1 et 2 ou moins de 4 injections de vaccin). Le nombre de prises de sang à effectuer est fonction de la taille de l'élevage (voir prochain article)

Si l'élevage est stable, il peut être utile de vérifier s'il reste des vieilles truies porteuses du virus, auquel cas, il y a un risque de relance virale (voir étape 3 du 2ème cas)


2ème cas: vaccination des truies avec vaccin vivant ou réception de cochettes positives quelque soit le statut vaccinal de l'élevage

Dans ce cas, le diagnostic de stabilité se fait en trois étapes qui sont réalisées successivement et l'étude s'arrête en cas de positivité à un niveau ou l'autre.

Etape 1 : Etude de la transmission virale mère-porcelets en maternité

L'objet de cette étape est de savoir si une partie des porcelets est infectée en maternité. Nous utilisons la méthode PCR pour déterminer le statut des porcelets au sevrage :
- prélèvement de sang d'un porcelet par portée au sevrage. Ces analyses PCR sont réalisées sur des pools de 3 sérums afin de réduire le coût.
- nombre d'animaux à prélever : variable en fonction de la taille d’élevage et de la conduite en bande.

• Etape 2 : Etude de la transmission virale au sein du cheptel truies (transmission horizontale)

Cette étape consiste à faire une cinétique sur des cochettes sentinelles, c'est-à-dire non vaccinées et contrôlées négatives SDRP à l'arrivée. Ces cochettes sont mises en contact nez à nez avec les truies quotidiennement et contrôlées sérologiquement tous les 15 jours pendant 2 mois.

• Etape 3 : Etude de la présence de truies porteuses

Un naissage peut être stable mais à risque s'il existe encore des truies porteuses de virus, d'où l'intérêt de faire un bilan du portage viral par les truies. La présence de particules virales est détectée sur les ganglions et les amygdales de truies de réforme prélevées à l'abattoir. L'analyse effectuée est une PCR.

Remarque importante : Dans le cas d’un élevage qui vaccine avec un vaccin vivant, le planning de prélèvements doit être raisonné en fonction du plan de vaccination en raison du risque de positivité lié à la présence du virus vaccinal dans le sang (virémie).

Etape 1: prélévement de sang d'un porcelet
Etape 2 : cochettes sentinelles
Etape 3: organes prélevés pour PCR


BILAN


D'après notre expérience, sur 25 élevages étudiés:

Très instables
14
Instables
3
Stables mais à risque
2
Stables
6


Ces résultats montrent bien que la première étape (PCR sur porcelets au sevrage) est très sensible puisqu'elle à permis de détecter 14 élevages sur 17 instables (soit plus de 80%).

On constate d'autre part qu'on a retrouvé des truies porteuses dans ¼ des élevages stables.

b) Situation de l'engraissement

Il faut également distinguer 2 cas :

1er cas: l’éleveur ne vaccine pas les porcelets

Dans ce cas on réalise 2 séries de 15 prises de sang (pour analyses sérologiques) en fin de post-sevrage et en fin d’engraissement afin de connaître la situation à ces 2 stades.


2ème cas: l’éleveur vaccine les porcelets (vaccin vivant)

La méthode sérologique ne peut être utilisée dans ce cas sur les animaux immunisés par la vaccination. Il faut alors utiliser une bande sentinelle c’est à dire non vaccinée que l’on peut suivre sérologiquement tous les mois.


Conclusion:

La simple détermination du statut d'un élevage (positif/négatif) vis à vis du SDRP ne permet pas de savoir si les problèmes observés sont bien liés à la maladie et encore moins de déterminer les mesures à prendre pour contrôler l'affection. Pour cela, il faut avoir recours à un diagnostic de stabilité, en effet, cette étude peut être réalisée:

- d’une part pour déterminer la situation d’un élevage vis à vis du SDRP et ce, quelque soit le statut vaccinal de l’élevage, et quelque soit le vaccin utilisé. Ce diagnostic a donc un intérêt en routine car il permet de préciser l’impact éventuel du SDRP dans un élevage.

- d’autre part, il peut servir à évaluer l’efficacité de la mise en place d’un plan de stabilisation.

La sérologie permet-elle de détecter :
- les anticorps dirigés contre le germe recherché
- le germe lui-même
Vous pouvez faire part de votre expérience sur le forum de discussion
Le prochain chapitre vous apportera des éléments sur cette question

Auteurs :

Philippe LE COZ, Françoise DAVID, Patrick PUPIN, Nathalie PEREZ et Guillaume FRIOCOURT, Selvet-Conseil, 22 - Loudéac
Florian VOISIN, Valérie NORMAND et Arnaud LEBRET, Cabinet Consultant en Elevage Porcin, 56 - Pontivy

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