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Transport aérien à grande distance du virus SDRP et de Mycoplasma hyopneumoniae

Entourer les élevages avec une cloture de haie haute réduit le risque de transmission par voie aérienne.

Mercredi 11 Mars 2015 (il y a 4 ans 4 mois 6 jours)
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Artícle

Long-distance airborne transport of infectious PRRSV and Mycoplasma hyopneumoniae from a swine population infected with multiple 
viral variants. Otake S, Dee S,Corzo C, Oliveira S, Deen J. Veterinary Microbiology 145 (2010) 198–208

 

Résumé de l'article

Qu’étudie-t-on ?

Cette étude a été conçue pour simuler les conditions de terrain dans une infection mixte de variants hétérologues du virus SDRP avec Mycoplasma hyopneumoniae.

L'objectif était d'évaluer le transport aérien à longue distance de ces agents dans un rayon de 4,7 km et d'évaluer sa viabilité dans des échantillons d'air prélevés à longue distance.

Comment l’étudie-t-on ?

On a utilisé un élevage ventilé mécaniquement avec 252 porcs d'engraissement qui a servi de source de bioaérosols de SDRP et de M. Hyo pendant 21 jours après inoculation de virus SDRP et de M. hyo.
Pour déterminer la transmission par voie aérienne du virus du SDRP et de M. hyo, une superficie de 166 km2 avec 31 points d'échantillonnage autour de la ferme expérimentale a été sélectionnée. Il n'y avait pas d'autres élevages de porcs sur 16 km ou d'autres sources de contamination, comme pourrait l'être les épandages de lisier ou le transport de porcs au cours de la période d'échantillonnage.

Des échantillons d'air ont été prélevés tous les jours en plusieurs points, en fonction de la direction du vent. En outre, un échantillon unique a été prélevé pendant 30 minutes dans la population d'origine avec le même collecteur cyclonique en le plaçant à 1 m de l'un des extracteurs de l’élevage.

Des analyses par PCR de chaque échantillon ont été faites, et lorsque le résultat était positif en SDRP ou M. hyo, un essai biologique a été mené pour confirmer son infectiosité. Pour cela, dans le cas du SDRP, on a utilisé une injection intramusculaire et, dans le cas du M. Hyo, une injection intratrachéale.

Quels sont les résultats?

Pendant les 21 jours de la période d’étude, 114 échantillons d'air ont été pris à grande distance et 21 au niveau de l'un des ventilateurs d'extraction de l’élevage (135 échantillons au total) ont été prises. Les échantillons à courte distance étaient tous positifs en SDRP (21 sur 21, 100%), tandis que huit (38%) étaient positifs en M. hyo.

Sur les 114 échantillons prélevés à grande distance 5 (4,4%) étaient positifs en SDRP par PCR. Les échantillons positifs ont été prélevés à 2.3, 4.6, 6.6 et 9.1 km de l’élevage d’origine. L'analyse phylogénétique a indiqué un haut niveau d'homologie (> 99,2%) avec la souche d'origine.

En outre, six (5,3%) étaient positifs par PCR en M. hyo. Ces échantillons ont été prélevés à 3.5, 4.6, 5.2, 6.8, 9.1 et 9.2 km et avec un niveau élevé d'homologie (99,9%) avec le M. hyo d'origine.

Le test biologique a confirmé que les échantillons récupérés de SDRP et M. hyo étaient viables.
 

Quelles conclusions tire-t-on de ce travail?

Ces résultats démontrent que le transport à longue distance de SDRP et M. hyo peut atteindre 9,2 km.
Il y a eu une grande différence entre la concentration de virus SDRP infectieux récupéré de la population d’origine (environ 4 logs) et la quantité trouvée dans les échantillons à longue distance (environ 1-2 logs).
Les résultats auraient été différents dans les zones avec une topographie distincte, par exemple, les forêts denses ou les hauteurs.

Enric MarcoLa vision du terrain par Enric Marco

Depuis de nombreuses années, nous savons que M. hyo peut parcourir de longues distances par voie aérienne. Il a été dit qu’il pouvait voyager jusqu’à 3 km lorsque les conditions étaient idéales: temps froid, vent doux, humidité élevée et terrain plat. Cette information est connue sur la base d’études épidémiologiques et elle confirmée dans cette étude en présentant des preuves que la transmission peut être encore sur de plus grandes distances jusqu’à un peu plus de 9 kilomètres. Dans le cas du SDRP les choses n’ont pas toujours été si claires, et, de fait,  Scott Dee lui-même (l'un des auteurs de l’étude) a longtemps défendu la difficulté que présentait le virus de se transmettre par voie aérienne, mais il est aujourd'hui admis que le virus du SRRP est transmis par l'air (certaines souches plus que d'autres), mais personne ne pensait que le virus était encore infectant à de si longues distances (9,1 km). L'article discute si l'infection mixte qui est établie dans la population infectante peut avoir un effet aggravant de l'infection et donc faciliter la transmission par voie aérienne, mais, en tout cas, il est bien clair que la transmission aérienne des deux agents pathogènes est une réelle possibilité à bien apprécier lorsque nous voulons protéger un élevage de l'infection.

Compte tenu des résultats de l’étude, il est clair que pour les élevages en création le choix de l'emplacement sera l'un des points critiques pour garder l’élevage indemne d’infections sur le long terme. Évidemment l’élevage devrait être loin des autres élevages de porcs. Pour placer un élevage sur terrain plat (comme c’est le cas dans l'article), la distance par rapport aux élevages voisins devrait être de plus de 10 km. Faute de ne pouvoir choisir le terrain, il serait préférable d’opter pour des terrains avec une orographie changeante (pentes variées) et si possible avec la présence d'arbres qui limiteront la transmission des deux agents pathogènes. Dans l'article sont présentées les concentrations auxquelles le virus est présent dans les différents échantillons et une réduction de la concentration est observée quand la distance augmente. Plus le virus rencontrera d'obstacles, plus la distance acceptable sera courte. Dans des pays comme le Brésil pour protéger les nouveaux élevages on les entoure d’une ceinture d'environ 100 m d'arbres (eucalyptus) précisément dans ce but.
 

Elevage porcin

Mais que pouvons-nous faire dans les exploitations qui n’ont pas une situation idéale? Les mesures qui ont été prises aux États-Unis ont été la mise en place de filtres pour empêcher l'introduction d'agents pathogènes dans l’élevage. Les filtres impliquent un investissement coûteux, ils ne peuvent être installés que dans les élevages avec ventilation forcée et ils ne sont pas une garantie totale. Les filtres réduisent le risque d'infection, mais ne le portent pas à zéro. Une autre mesure qui, sur la base des résultats des travaux que nous discutons, permettrait de réduire le risque de transmission aérienne est d’entourer l’élevage avec une clôture de haie haute. Cette mesure est courante dans certaines parties de l'Europe, alors qu'elle n’est pas envisagée dans d’autres. Si toutes les exploitations d’une zone  avaient une haie en périmètre qui les entoure (évidemment d’une certaine hauteur) non seulement la sortie des agents pathogènes des élevages infectés serait difficile, mais le risque d'introduction d'agents pathogènes serait aussi réduit. La combinaison des deux effets entraînerait une réduction réelle de la fréquence des épisodes infectieux. Ces mesures devraient être envisagées dans les zones qui ont lancé des plans de contrôle régionaux car ils pourraient avoir un impact réel avec un investissement relativement faible. Dans les cas où la plantation d'une haie périphérique n’est pas possible, la mise en place d’une palissade en périmètre qui brise le flux laminaire d'air aiderait peut-être aussi.

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