Un équilibre précaire !

Les cours sont restés majoritairement stables en fin de semaine dernière malgré une tension bien plus palpable alors que le commerce allemand se repositionne maintenant de plus en plus sur le marché européen.

La situation est loin de s’améliorer car en Allemagne, l’activité est ralentie par le manque de débouchés, par un manque crucial de personnel dans le secteur du désossage, sans compter les mesures de distanciation physique prises pour lutter contre la propagation du Coronavirus qui ralentissement l’activité. C’est sans doute plus que ne peut supporter le géant allemand. Dans les élevages, la situation s’aggrave de jour en jour, les éleveurs ne savent plus où mettre leurs animaux. Le groupement d’éleveurs de porcs ISN appelle les autorités à prendre des mesures pour permettre l’extension des capacités d’abattage alors que le samedi 3 octobre est férié et va provoquer de nouveaux reports ! L’évolution de la situation est observée avec beaucoup d’attention par les autres bassins de production européens car les difficultés actuelles du marché allemand ne pourront pas être sans conséquences pour les partenaires de l’UE. Les exportations pays tiers semblent être pour le moment le garant de la stabilité des cours mais partout les offres d’animaux sont en hausse ainsi que les poids.

En Belgique, le prix du porc au kilo vif a baissé de 2 cents alors que la situation se complique au fil des semaines. Le pays exporte vers l’Allemagne un tiers de la viande porcine belge et la saturation actuelle du marché allemand a privé le marché belge d’un important débouché. Les abattoirs sont en concurrence avec de la viande allemande très compétitive et doivent ajuster leurs propres prix. Si la Belgique a retrouvé son statut de territoire indemne de fièvre porcine africaine, les exportations vers l’Asie ne seront pas possibles avant la fin de l’année voire en début d’année prochaine.

Le Danemark profite de la fermeture des marchés asiatiques aux viandes allemandes ce qui protège son marché très orienté à l’export. En Autriche, le prix du porc est également stable. Les chaines d’abattage tournent à pleine capacité et l’offre saisonnière est en hausse. Des retards persistent dans 2 abattoirs en raison d’un manque de personnel touché par le Coronavirus.

En Espagne, la référence est également reconduite pour cette semaine. La demande est soutenue et protège l’équilibre du marché car les offres sont à présent en hausse également avec des poids qui remontent, bien que modérément. Sur le marché de la viande, les prix sont stables mais des entrées, encore limitées, de viandes allemandes sont signalées. De même, des abattoirs font également venir des porcs d’Allemagne en petite quantité. Le marché du porcelet doit également faire face à des offres de porcs néerlandais à des prix très agressifs. Sur le front de l’export, les affaires sont fructueuses avec le Japon, la Corée du Sud et le Vietnam. Un petit ralentissement vers la Chine est constaté, peut être en lien avec les congés d’octobre.

En Italie les cours sont en moyenne proches de la stabilité. Les offres actuelles sont suffisantes aux besoins des abattoirs. Le marché du jambon est à la hausse.

Les prix aux Etats‐Unis poursuivent leur progression et se placent au niveau élevé des prix de 2010‐2014 à la même période. Les abattages de la semaine 39 ont été de 2,627 M, 1,9% supérieurs à la semaine passée et proches de l’activité de la même semaine 2019. La récente publication des données sur le cheptel porcin au 1er septembre montre une relative stabilité du troupeau. Le cheptel reproducteur est en baisse de 1,5% ce qui ne devrait pas affecter la production. Le groupe des porcs charcutiers révèle un nombre élevé de porcs lourds confirmant des retards persistants. A l’inverse, le groupe des porcelets est en baisse et présage d’une offre à venir en repli aux Etats‐Unis.

Bien que les prix intérieurs du porc baissent à mesure que la Chine reconstitue son énorme troupeau de porcs, ils restent beaucoup plus élevés que les produits européens. Selon une information de l’agence Reuters, le coût des plats de côtes de porc, très appréciés en Chine, monte en flèche après que Pékin a suspendu les importations de viande de porc du principal fournisseur allemand, ce qui nuit aux restaurants qui se remettent toujours du coronavirus.

marché porc breton
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MPB : baisse du cours de 0,7 cent à 1,372 euro



Si la stabilité du cours a été maintenue à l’issue de la séance de vente du lundi 28 septembre, une baisse de 0,7 cent a été enregistrée le jeudi 1er octobre pour un cours qui s’établit à 1,372 euro. Des positions divergentes à l’achat sont en effet apparues entre relative stabilité et franche baisse, ce qui explique une amplitude de prix de 6 cents ! Malgré un contexte incertain, les groupements vendeurs ont tenté de résisté à la pression baissière avec 1 644 invendus tandis que 695 porcs ne recevaient aucune enchère et étaient affectés en fin de séance. Comme dans les autres bassins de production, les offres sont en hausse et le marché de la viande fait face à une pression de plus en plus forte de viandes étrangères (allemandes) très compétitives. Dans le secteur de la restauration, la demande est impactée par la crainte d’éventuelles fermetures. L’activité de la semaine passée sur la zone Uniporc Ouest s’est maintenue à un bon niveau puisque 378 867 porcs ont été abattus, c’est équivalent à l’activité précédente et supérieure de 5 660 porcs à la même semaine 2019. Les poids sont à nouveau en baisse de 130 g pour 94,76 kilos, (300 g sous la même semaine 2019) !

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