Elevage sur site unique ou multi-sites : opportunités et contraintes (I)

Le mode dominant dans l’élevage de porcs en France est le type « naisseur-engraisseur ». La taille du cheptel truies augmente régulièrement comme en témoigne les résultats GTTT de ...

Lundi 13 Octobre 2008 (il y a 9 ans 3 mois 4 jours)


Le mode dominant dans l’élevage de porcs en France est le type « naisseur-engraisseur ».

La taille du cheptel truies augmente régulièrement comme en témoigne les résultats GTTT de la Bretagne :

Année
Truies présentes
1998
174
2003
199
2007
222


Pendant cette même période, l’âge des porcelets au sevrage n’a cessé de décroître :

Année
Jours
1998
26,2
2003
25
2007
24


et les résultats technico-économiques montrent l’opportunité de ce choix des éleveurs puisqu’en 2007, toujours pour la Bretagne, la durée d’allaitement pesait pour 15 % dans les critères d’écart de productivité en GTTT et la marge moyenne sur coût alimentaire et renouvellement passait de 874 à 1009 euros par truie et par an, selon que l’on sevrait à 28 ou à 21 jours.

Le taux de pertes et saisies est le meilleur jamais obtenu depuis 10 ans, passant du record historique de 8,1 % en 2003 à 6,1 % en 2007. [1]

Dès lors, tout paraît techniquement pour le mieux, les paramètres de performances d’élevage étant de mieux en mieux maîtrisés (mais les progrès de la génétique animale ne sont pas incommensurables).

Doit-on se remettre en question ou considérer que tout va bien,
et que les difficultés d’aujourd’hui ne sont que l’association conjoncturelle du prix des céréales
et de la mauvaise volonté des grandes surfaces ?


Comme toutes les productions, le porc sera de plus en plus encadré par un arsenal législatif dont nous connaissons déjà grand nombre de contraintes. Le respect des règlements continuera à peser financièrement sur les coûts de structure, et en conséquence, une économie d’échelle sera indispensable à la survie de l’exploitation.
Pour les éleveurs, le sens entrepreneurial devra se développer, en devenant actionnaires de sociétés regroupant plusieurs d’entre eux. Demain, on ne produira pas plus de porcs, mais ce sera avec moins de truies et beaucoup moins d’éleveurs.

Dans cette démarche, que je crois inéluctable, certaines pistes, tant économiques que sanitaires, doivent être explorées, voire ré-explorées, et la question de l’organisation d’élevage sur site unique ou en multi-sites vient naturellement à l’esprit.

Le site unique

Tout le monde connaît les avantages et les inconvénients du site unique et l’excellente exploitation que nous avons su en faire en France à travers deux grandes règles qui sont prises pour modèle, mais encore mal exploitées dans les pays étrangers :

- la conduite en bande,
- le tout plein-tout vide.


Une troisième règle, qui consistait en des bâtiments distincts pour les truies, les sevrages et les engraissements, a beaucoup souffert du concept « tout sous le même toit », ou du développement souvent anarchique des exploitations.

Il n’en demeure pas moins que c’est un modèle qui fonctionne bien pour les élevages de dimension familiale et lorsque le sanitaire ne dérape pas. Passé une taille critique et/ou une pression sanitaire importante, l’éleveur s’aperçoit que le porcelet en fin de post sevrage ou en début d’engraissement, entre 6 et 12 semaines (souvent après 8 semaines d’âge), est le réservoir principal de sources d’infections de son atelier.


Le multi-sites

Voila bien longtemps que nous l’avons mis en pratique sans le nommer, à travers l’engraissement à façon. Cela a été pour ceux qui avaient de bons engraisseurs l’occasion de se rendre compte que les résultats extérieurs étaient supérieurs aux leurs.

Ce mode d’organisation a également permis de déséquilibrer la pyramide de production au profit d’une augmentation du cheptel truies, voire d’un retour total à la seule organisation naissage sur le site initial.

Ainsi, certains éleveurs, en récupérant au profit des truies les places charcutiers, ont pu considérablement augmenter la taille de leur cheptel.

A contrario, pour des raisons d’amélioration sanitaire des grands cheptels, Tom ALEXANDER, en 1979, a inventé le MEW (Medicated Early Weaning), pour éliminer le mycoplasme.
En 1984, Hank Harris et Pic mettent en place le MEW modifié (MMEW) en réponse à quatre questions :

- est-il bien nécessaire d’isoler la truie de l’élevage ?
- est-il bien nécessaire d’utiliser une truie âgée plutôt qu’une primipare ?
- est-il bien nécessaire d’user des médicaments ?
- est-il bien nécessaire de sevrer à 5 jours ? (pouvons-nous sevrer plus vieux ?).


Le MMEW, appelé ISOWEAN® (nom commercial appartenant à PIC. Pig International Company), permet de répondre favorablement à ces questions.

La suite de cet aricle du Dr JP Alno sera publiée prochainement sur www.3trois3.com

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