Actino+ SDRP

Description générale de l'élevage et appel de l'éleveur
Vendredi 22 Mai 2009 (il y a 9 ans 6 mois 25 jours)
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Description générale de l'élevage et appel de l'éleveur


Description générale de l'élevage

- Elevage naisseur-engraisseur de 250 truies situé en Bretagne dans une zone de forte densité porcine.
- Conduite en 7 bandes toutes les 3 semaines.
- Sevrage à 28 jours.
- Prélèvement à la ferme.
- Fabrication d'aliment à la ferme.
- Achat de cochettes certifiées indemnes d'Aujeszky et de SDRP.

Plan de l'élevage



Bâtiments

Bâtiments
Caractéristiques
Maternités
M1
– 10 places de truies allaitantes
M2 – 60 places de truies allaitantes
Gestantes
G1
– 140 places de truies gestantes, 4 verrats
G2 – 70 places de truies gestantes
Post-sevrage
PS1
– 740 places de PS sur caillebotis intégral (cases de 30 porcelets)
PS2 – 400 places de PS sur caillebotis intégral (cases de 30 porcelets)
Engraissements
E1 – 700 places d'engraissement sur caillebotis intégral, alimentation en soupe (cases de 15 porcs)
E2 – 400 places d'engraissement sur caillebotis intégral, alimentation en soupe (cases de 15 porcs)
E3 – 400 places d'engraissement sur caillebotis intégral, alimentation en soupe (cases de 15 porcs)

Prophylaxies effectuées


SDRP :

- Vaccination des truies bande à bande (en maternité) au vaccin vivant.
- Vaccination des cochettes en quarantaine.

Mycoplasme
: Vaccination des porcelets à 8 jours et au sevrage.


Appel téléphonique de l'éleveur (août 2008)

L'éleveur nous contacte car les charcutiers présentent des lésions de pleurésie à l'abattoir (avec des saisies de coffres). Il observe également quelques coups de flanc à partir de 100 kg mais sans mortalité.


Examens réalisés et mesures proposées


Contrôle à l'abattoir

Résultats du contrôle

Pneumonie Note moyenne : 4,5/28
% poumons supérieurs ou = 8 : 25%
Pleurésie % poumons atteints : 32,5%

Des prélèvements de poumons sont réalisés à l'abattoir et Actinobacillus pleuropneumoniae (B1S2) sensible à l'association triméthoprime/sulfamides est isolé.

Examens sérologiques

Des prises de sang sont réalisées sur des charcutiers de 14, 17, 20 et 26 semaines d'âge (8 par tranche d'âge) et des sérologies SDRP (ELISA IDEXX) et mycoplasme (ELISA IDEXX) sont réalisées. Des ELISA Actino 2 (kit Biovet) sont effectuées sur les porcs de 26 semaines d'âge.

Profil SDRP (seuil de positivité : 0,4)




Profil Mycoplasme (seuil de positivité : 0,4)



Sérologies Actino 2 (seuil de positivité : 0,5)



Conclusion des examens

1) SDRP


Le virus est présent mais la circulation est faible (2 porcs ?/32, soit 6% à 65 et 110 kg) donc n'explique probablement pas les troubles respiratoires observés. On peut toutefois noter que la situation est à risque car le virus circule et que la population est non protégée.

2) Mycoplasme

Circulation en fin d'engraissement (à partir de 80 kg) qui peut favoriser ou aggraver les signes respiratoires.

3) Actinobacillus

Forte séroconversion en Actino 2. Ce germe explique donc à lui seul les signes respiratoires observés en fin d'engraissement.

Mesures proposées

- Autovaccin contenant la souche d'App mis en place sur les truies et les cochettes (vaccination 6 et 3 semaines avant mise-bas).
- Traitement séquentiel des porcs en fin d'engraissement au triméthoprime et sulfadiazine (2 jours consécutifs tous les 10 jours à partir de 80 kg à la dose de 25 mg/kg/jour de sulfadiazine et 5 mg/kg/jour de triméthoprime).


Evolution du cas et visite de l'élevage


Evolution du cas

La situation se stabilise assez vite grâce au traitement mais après 4 mois (décembre 2008), l'éleveur rappelle car il constate une augmentation importante des mortalités en début d'engraissement avec des signes respiratoires (toux et coups de flanc).

Visite de l'élevage

1. Cheptel truies


On ne note pas de dégradation des résultats sur le troupeau de truies. On observe toutefois quelques truies fiévreuses présentant de la toux et des coups de flanc.

2. PS/Engraissement

Les signes suivants sont observés depuis environ 1 mois (début décembre 2008) avec une aggravation ces derniers jours :

- toux et coups de flanc sur les porcelets en fin de post-sevrage et début d'engraissement (entre 8 et 12 semaines d'âge),
- baisse d'appétit et augmentation de la mortalité sur cette même période,
- forte hétérogénéité des lots après 10-12 semaines d'âge,
- baisse des performances (GMQ, IC),
- les saisies à l'abattoir semblent en revanche diminuer.


Examens complémentaires


Autopsies

2 porcelets de 25 kg (10-11 semaines d'âge) sont autopsiés.

Aspect extérieur : bon état général.
Cavité thoracique :
  - poumons (cf. photos) : pleurésie, abcès sur les 2 poumons
- cœur : RAS.
Cavité abdominale : RAS.
Bactériologie : Actinobacillus pleuropneumoniae B1S2 sensible au TMP-Sulfa.
PCR SDRP : négatif



Examens sérologiques

15 porcelets (1 à 2 par case) sont prélevés en post-sevrage à 10-11 semaines d'âge (bande des porcelets autopsiés présentant de la toux et des coups de flanc depuis environ 10 jours) et en engraissement vers 14 semaines.







Conclusion

L'élevage est fortement instable vis-à-vis du SDRP, la circulation est précoce (fin de post-sevrage) et correspond bien à la présence de signes cliniques (toux, coups de flanc, baisse d'appétit, mortalité).

L'actino B1S2 est en partie responsable des symptômes observés mais c'est son interaction avec le SDRP qui explique probablement la sévérité des signes cliniques.


Mesures correctives


Stabiliser l'élevage vis-à-vis du SDRP

La démarche est basée sur :

- la stabilisation vaccinale avec le vaccin SDRP vivant en injection de masse (le même jour) deux fois à 4 semaines d'intervalle sur tous les animaux de l'élevage (sauf les porcelets sous la mère), puis des rappels tous les 4 mois sur les truies,
- un arrêt d'entrée de cochettes pendant 12 semaines,
- un arrêt momentané du prélèvement à la ferme,
- des règles de biosécurité renforcées.

Le renforcement des règles de biosécurité repose sur :
- le contrôle des véhicules et des visiteurs,
- la séparation du secteur naissage et PS/Engraissement avec un marche en avant stricte,
- le circuit des animaux a été revu avec l'éleveur afin d'éviter au maximum les croisements entre les truies et les porcelets de PS ou d'engraissement,
- le circuit des personnes a également été revu afin d'organiser la journée de la manière suivante :

MATIN
APRES-MIDI
Quarantaine=> maternités/gestantes => PS/E
DOUCHE
Quarantaine => maternités/gestantes=> PS/E

- l'utilisation d'aiguilles à usage unique (1/truie, 1/10 porcs).

Mesures contre l'Actino

- Maintien de l'autovaccin sur les truies et les cochettes (action recherchée à long terme).
- Traitements antibiotiques au triméthoprime/sulfadiazine :
- sur toute la durée du 2ème âge : aliment supplémenté au TMP-Sufa (125 ppm/625 ppm),
- maintien du traitement séquentiel en fin d'engraissement.


NDLR : ce cas clinique fait l'objet d'un commentaire important du vétérinaire. N'oubliez pas de vous inscrire pour le recevoir (si ce n'est déjà fait)


Commentaires

Ce cas traitait d'une infection par actinobacillus B1S2, en partie responsable des symptômes observés mais en interaction avec le SDRP expliquant probablement la sévérité des signes cliniques.

Sur l'étio-pathogénie

Les maladies respiratoires du porc sont complexes et résultent le plus souvent "d'associations de malfaiteurs".

Le concept "d'initiateur" et de "suiveur" décrit entre autre par Pommier et al (2006) permet d'éclairer le cas présent :
- "L'initiateur" (ici le SDRP) est à l’origine d’une atteinte des premières lignes de défense (effets sur l'appareil mucociliaire, sur les macrophages alvéolaires, sur le système immunitaire, …) et donc du développement d'un ou plusieurs "suiveur(s)".
- Le "suiveur" principal est dans notre cas l'Actinobacillus pleuropneumoniae B1S2.

Dans le cadre d'une vision à long terme, il est nécessaire d'agir en premier lieu sur l'initiateur (plan de stabilisation SDRP) tout en limitant au maximum les effets du "suiveur" (traitements antibiotiques au TMP-Sulfa).

Remarque : L'Actinobacillus pleuropneumoniae pouvant également être pathogène à lui seul, il n'est pas garanti que son rôle dans la pathologie de l'élevage disparaisse avec la stabilisation du SDRP (il faudra dans ce cas renforcer les mesures prises contre l'App). Il est néanmoins essentiel, à notre avis, de s'occuper en premier lieu du SDRP dans le cas présent.

Sur la circulation du SDRP


On observe une recirculation forte du SDRP en PS/Engraissement mais aussi probablement sur le naissage (truies fiévreuses avec toux et coups de flanc) entre les premiers examens réalisés (août 2008) et ceux effectués 4 mois plus tard (décembre 2008).

Les raisons possibles de cette recirculation sont :
- des règles de biosécurité peu respectées sur certains points (absence de marche en avant, utilisation d'une aiguille pour plusieurs truies, …),
- la non protection des verrats : les verrats utilisés pour le prélèvement à la ferme ne sont pas vaccinés SDRP et introduits sans protection immunitaire dans le troupeau de truies. Ils servent également de verrats souffleurs et ont donc régulièrement un contact nez à nez avec les truies. Des analyses sérologiques ont été réalisées sur les 4 verrats avant l'application du plan. Elles sont toutes positives avec des taux élevés compris entre 1,4 et 2,5 (ELISA IDEXX, seuil de positivité ? 0,4). Ces résultats montrent que les verrats ont été contaminés dans l’élevage et ont donc constitué une source d’excrétion virale (dans l’air et dans la semence). On peut par ailleurs douter de l'efficacité de la vaccination SDRP bande à bande dans la gestion de la circulation virale sur le troupeau de truies.
- le faible niveau de protection des porcs en PS/E (voir examens sérologiques effectués en août 2008) explique également pourquoi la relance virale a été aussi violente.

Sur le plan de stabilisation

- La vaccination de masse permet une immunisation massive et rapide du troupeau d'où une diminution brutale de la circulation virale inter blocs (surtout la production de porcelets virémiques au sevrage).



- L'arrêt de l'introduction des cochettes pendant au moins 3 mois est essentiel car elles sont souvent à l'origine des relances virales.
Il est nécessaire par la suite de revoir la durée de quarantaine afin qu'elle soit d'au moins 9 semaines.
- L'arrêt momentané du prélèvement à la ferme a été décidé car les 4 verrats étaient positifs sérologiquement et que dans ce cas, l'excrétion de virus dans la semence est imprévisible.


Dr Guillaume FRIOCOURT
Vétérinaire
22 - LOUDEAC

Cas cliniques

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Métrites21-Avr-2009 il y a 9 ans 7 mois 26 jours

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