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Fièvre aphteuse dans un élevage porcin

En engraissement l'éleveur a remarqué que les porcs de toutes les salles étaient sourds et présentaient des boiteries.

Vendredi 22 Novembre 2013 (il y a 4 ans 7 mois 25 jours)

Le cas s'est passé chez un naisseur-engraisseur de 500 truies, dans une région du sud-est asiatique à forte densité porcine. Les unités d'engraissement étaient à environ 10 km du site de reproduction-post-sevrage. La conduite des animaux était en bandes. L'engraissement était dans plusieurs vieux bâtiments où on logeait les porcs de 30 jusqu'à 100 kg.

L'élevage connaissait plusieurs problèmes sanitaires, les virus immunodépresseurs, la peste porcine classique et le SDRP qui étaient partiellement contrôlés au moyen de programmes locaux de vaccination. Dans la région, il y avait beaucoup de cas de fièvre aphteuse, tant dans les élevages de porcs que de vaches ainsi que dans les élevages de chèvres hors stabulation.

La fièvre aphteuse était fréquente à l'époque des pluies quand il y avait davantage de mouvements de bétail dans la région. L'éleveur avait déjà utilisé précédemment un programme local de vaccination contre la fièvre aphteuse.

Pendant une période de plusieurs semaines, lors de la saison pluvieuse, l'éleveur a signalé différents problèmes.

En reproduction-PS, environ 20% des truies de maternité étaient léthargiques et avec peu d'appétit. La majorité de ces truies avaient des sécrétions nasales muqueuses, certaines éternuaient et avaient des lésions au groin. Les truies touchées ont perdu de leur condition corporelle et ont produit moins de lait, bien qu'il y ait eu peu de pertes.

Truies avec lésons du groin et sécrétions nasales.

Truies avec lésons du groin et sécrétions nasales.

En engraissement l'éleveur a remarqué que les porcs de toutes les salles étaient apathiques et présentaient des boiteries. Une inspection plus précise a indiqué que presque tous les porcs présentaient un degré variable de boiteries et étaient couchés la plus grande partie du temps. Quand on les obligeait à se lever, ils criaient, boitaient un moment et restaient calmes. Les porcs avaient des difficultés pour atteindre les auges, ils avaient beaucoup diminué leur consommation et perdaient de leur condition corporelle. Certains porcs paraissaient baver, avec un excès de salive. Quand on a examiné plusieurs porcs, on a observé des lésions foncées, sanguinolentes et ulcératives sur les pieds. Spécialement sur les parties latérales, juste au-dessus du sabot et dans quelques cas entre les sabots. Ces lésions étaient plus évidentes en lavant les pieds. Sur quelques animaux, elles paraissaient plus chroniques et étaient en cours de guérison.

Boîteries et lésions sur les pieds de porcs à l'engrais

Boîteries et lésions sur les pieds de porcs à l'engrais

Points-clés

  • Elevage dans une région avec beaucoup de cas de fièvre aphteuse.
  • Lésions sur le groin des animaux les plus vieux.
  • Boiteries sur la plupart des porcs
  • Lésions latérales sur les pattes.

Commentaires

Les truies avaient des lésions modérées sur le groin et de l'irritation nasale due à la fièvre aphteuse. Sur les truies et les animaux avec une immunité partielle ces symptômes sont plus habituels que les lésions sévères sur les pieds ou la bouche. Les truies peuvent disposer d'une certaine immunité en raison des programmes de vaccination, cependant une certaine variation est inévitable dans la qualité des vaccins contre la fièvre aphteuse. De plus, le stockage et l'utilisation des vaccins peuvent ne pas être optimaux dans tous les élevages, produisant une immunité plus légère chez certaines truies. Il faut aussi tenir compte de la diversité des souches ou des sérotypes du virus de la fièvre aphteuse, c'est pourquoi l'immunité croisée peut être faible ou nulle si la souche infectante est très différente de celle du vaccin.

Les truies reproductrices ont généralement une certaine résistance à la fièvre aphteuse, c'est pourquoi elles peuvent montrer seulement des lésions légères même si elles sont infectées avec des doses importantes. Dans des régions avec beaucoup d'élevages infectés, beaucoup de virus de fièvre aphteuse peuvent circuler, particulièrement lors de certaines saisons comme celles humides pendant lesquelles il y a beaucoup de mouvement d'animaux. Les animaux infectés amplifient le virus et éliminent une grande quantité dans leurs sécrétions, principalement la salive. La transmission par voie respiratoire, au moyen d'aérosols, est ce qui facilite sa dissémination dans les élevages voisins.

L'historique et les signes cliniques de l'engraissement montrent aussi un épisode de fièvre aphteuse dans une exploitation relativement propre. La fièvre aphteuse se caractérise par une forte fièvre et une dépression juste avant l'apparition de boiteries dans des groupes de porcs. Une caractéristique de la fièvre aphteuse dans ces situations est toujours le nombre important de porcs touchés dans le lot qui peut atteindre 100 %. Les boiteries sont dues aux lésions vésiculaires des pieds, qui apparaissent comme des zones pâles, légèrement en relief près des sabots. Ces vésicules se développent et se cassent en peu de temps, en laissant des ulcères avec le tissu déchiré autour. Ces lésions vésiculaires ou ampoules peuvent aussi se voir sur le groin, la langue et les gencives de certains porcs. Il y a beaucoup de sérotypes du virus de la fièvre aphteuse et, même dans des élevages vaccinés dans des zones endémiques, un nouveau sérotype peut entraîner un épisode important. Étant donné la dissémination rapide de cette maladie et de son importance dans le commerce international, il est important d'obtenir une information complète dans toutes les situations, par exemple : quels mouvements récents d'animaux se sont produits, tant vers l'élevage que depuis celui-ci ? Y-a-t-il plus de porcs infectés ? Est-ce que les élevages des alentours ont des problèmes semblables, y compris les élevages de chèvres, de vaches ou de brebis ?

La fièvre aphteuse est hautement contagieuse et figure sur la liste A de l'OIE. Devant toute suspicion de fièvre aphteuse l'éleveur doit informer les autorités gouvernementales, lesquelles pourront cesser tout mouvement de personnes et d'animaux de l'élevage. On doit envoyer des échantillons de fluide vésiculaire, d'autres tissus et de sang aux laboratoires de référence dans des emballages sûrs pour l'isolât et l'identification du virus.

Cas cliniques

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