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Morsures de queue dans un élevage de porcs avec les queues intactes

La mortalité moyenne a augmenté de + 2,5% à cause des animaux qui présentaient une myélite et des infections ascendantes le long de la colonne vertébrale. Découvrons comment ce problème a été résolu sans couper à nouveau les queues.

Vendredi 20 Juillet 2018 (il y a 3 mois 1 jours)
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Pour se conformer à la législation européenne sur le bien-être porcin (2008/120 / CE), une entreprise multisite intensive de 1200 truies en bandes toutes les 3 semaines située en Italie a décidé de ne plus couper les queues sur toute sa production destinée aux porcs lourds (poids d'abattage de près de 170 kg). Le site où il y avait plus de problèmes de conduite découlant de cette décision fut le sevrage, situé dans une zone indépendante des truies et de l'engraissement. Le bâtiment en question présente des caractéristiques très communes à d'autres PS conventionnels, avec un sol en caillebotis plastique (selon la réglementation), des cases de près de 60 animaux, une ventilation forcée et une alimentation sèche en farine ad libitum. Chaque bande est composée de près de 1800 porcelets, d'environ 7 kg de poids et le tout plein-tout vide est observé. L'espace par animal est maintenu dans les limites légales, en tenant compte du fait que le transfert à l'engraissement se fait à 30 kg de poids (voir tableau 1).

Tableau 1. Résumé des surfaces libres disponibles pour chaque porc pendant le sevrage
et le début d'engraissement selon la législation européenne (2008/120 / CE).

Surface légale minimum Groupe de poids
0,15 m2 <10 kg
0,20 m2 10 - 20 kg
0,30 m2 20 - 30 kg
0,40 m2 30 - 50 kg

La mortalité moyenne du site est proche de 3,5% et, pendant la lactation, les animaux sont systématiquement vaccinés contre Mycoplasma et PCV2. La vaccination contre la maladie d'Aujeszky est ensuite administré comme l'impose le protocole national.

Bien que les animaux aient déjà des chaînes et des objets en plastique sur le sol comme enrichissement environnemental, un nouvel élément a été ajouté en prenant la décision d'interrompre la coupe des queues: troncs en bois attachés à une chaîne en métal avec des disques en plastique attachée au plafond dans, au moins, deux points de chaque case, de sorte que le nombre maximum d'animaux puisse les atteindre. La chaîne et les troncs arrivaient jusqu'au sol pour être accessibles, mais sans qu'ils se salissent.


Début du phénomène de cannibalisme des queues et conséquences sur la production

Dès le premier lot d'animaux avec la queue intacte, des problèmes de morsure sont survenus, vers 15 kg. Ces problèmes ont persisté et ont été exacerbés jusqu'à ce que les animaux ont été transférés à l'engraissement, où ils ont disparu après une courte période. Au début du problème, une multiplication rapide des lésions de la queue a été observée, jusqu'à atteindre une prévalence de près de 30% des animaux avec des blessures graves, avec du sang et des croûtes, des infections évidentes et, dans de nombreux cas, la perte d'une grande quantité de tissu qui impliquait une réduction de la longueur de la queue (figure 1).

Figure 1. Une l&eacute;sion grave chez un porc de pr&egrave;s de 15 kg dans laquelle il y avait m&ecirc;me la perte d&#39;une partie de la queue.

Figure 1. Une lésion grave chez un porc de près de 15 kg dans laquelle il y avait même la perte d'une partie de la queue.

La distribution du phénomène semblait totalement aléatoire entre les différentes salles et cases. Très souvent, il arrivait que, dans la même salle, entre deux cases adjacentes et apparemment identiques, l'une présentait le problème avec une grande intensité et l'autre non. Dans une première analyse, les paramètres de production (mortalité, gain de poids, performance) du sevrage n'ont pas été affectés par l'épisode de morsures et seule une légère augmentation des coûts liés au traitement antibiotique, inévitablement associé à la présence de blessures, a été détectée. Cependant, bien que le phénomène ait été complètement résolu en transférant les animaux de la transition à l'engraissement, les pertes les plus évidentes se sont produites dans la phase d'engraissement. En particulier, la mortalité moyenne de la dernière phase de croissance a augmenté de + 2,5% en raison des animaux qui, bien que l'événement aigu de morsures datait de plusieurs semaines, ont présenté une myélite et des infections ascendantes le long de la colonne vertébrale, en compromettant partiellement ou totalement leurs mouvements. Les animaux qui ne pouvaient pas être chargés dans le camion vers l'abattoir (pour cette raison) comme ceux qui y partaient et n'avaient pas de signe apparent, présentaient des abcès dans la colonne vertébrale nécessitant de saisir une partie importante de la carcasse ( figure 2).

Figure 2. Abc&egrave;s localis&eacute; le long de la colonne vert&eacute;brale en raison d&#39;une infection ascendante apr&egrave;s une l&eacute;sion sur la queue, maintenant gu&eacute;ri.

Figure 2. Abcès localisé le long de la colonne vertébrale en raison d'une infection ascendante après une lésion sur la queue, maintenant guéri.

Identification de la cause

La morsure des queues a une origine multifactorielle, raison pour laquelle l'origine était liée à une situation de stress potentiellement attribuable à une multitude de causes. Sur la base des lignes directrices communautaires du rapport de l'EFSA 2007 (The risks associated with tail biting in pigs and possible means to reduce the need for tail docking considering the different housing and husbandry systems), les facteurs de risque présents dans l'élevage pouvant être la cause principale du phénomène de cannibalisme ont été analysés. Les cinq principaux sont énumérés ci-dessous (voir le rapport 2007 de l'EFSA pour trouver la liste complète).

1. Qualité de l'air et du microenvironnement

L'interaction entre le début du cannibalisme et les paramètres de l'air et du microenvironnement est complexe, car elle implique également des facteurs tels que la saisonnalité et le climat. Cependant, on peut simplifier en soulignant l'importance de la vitesse correcte et de la direction du flux d'air à l'intérieur du bâtiment. En effet, si les courants d'air sont dirigés accidentellement vers les animaux, même s'ils sont presque imperceptibles (> 0,2 m / s), ils peuvent augmenter la nervosité. En même temps, cependant, la ventilation doit être maintenue à des niveaux suffisants pour assurer le renouvellement d'air et l'oxygénation de l'environnement. Dans l'élevage en question, une vérification du flux d'air a été effectuée avec des fumigènes et les gaz nocifs (CO2 et ammoniac) ont été quantifiés, sans trouver de non-conformité.

2. Concurrence pour les ressources

Un élément extrêmement stressant au sein d'un groupe d'animaux est le manque d'accès aux ressources, en particulier la nourriture. S'il n'y a pas assez d'espace aux mangeoires, seuls les animaux les plus grands ou dominants auront accès, créant un état de frustration chez les "subordonnés". Ce n'est pas une coïncidence si les animaux qui mordent sont les plus petits du groupe, en attaquant leurs congénères à la mangeoire. Cet aspect ne représentait pas non plus pas un facteur de risque dans l'élevage en question (tableau 2).

Tableau 2. Paramètres de référence d'accès aux ressources (de Managing Pig Health, 2nd edition).

Eau
Type d'abreuvoir Alimentation rationnée Alimentation ad libitum
Pipette 1:10 1:15
Abreuvoir rond 1:20 1:30
Aliment
Poids du porc Alimentation rationnée Alimentation ad libitum
5 100 mm 75 mm
10 130 mm 33 mm
15 150 mm 38 mm
35 200 mm 50 mm

3. Densité

C'est peut-être l'un des paramètres les plus importants pour la prévention correcte des morsures de queue. Il est évident que plus les animaux ont d'espace, plus le risque d'apparition du cannibalisme est faible. Cependant, la réduction de la densité a des répercussions économiques assez importantes puisque, avec le même espace et les mêmes coûts fixes, moins de porcs sont produits. La densité de cet élevage a été maintenue dans les limites légales (tableau 1). Cependant, dans une analyse plus précise, on a observé qu'à la fin du PS, il y avait des retards fréquents dans le transfert à l'engraissement, et il y avait presque toujours des animaux à 0,30 m2 / tête, même au-delà du poids recommandé (20-30 kg). Une fois le problème identifié, les mouvements dans les lots suivants ont été planifiés avec plus d'attention.

4. Enrichissement environnemental

Cet aspect est si important qu'il a fait l'objet d'un deuxième rapport de l'EFSA en 2016 (Best practices with a view to the prevention of routine tail-docking and the provision of enrichment materials to pigs). Le tronc avec la chaîne est considéré comme inapproprié pour les porcs car il n'est que partiellement comestible et ne favorise pas la recherche (le porc ne peut pas exprimer son comportement naturel de fouiller). Par conséquent, il a été décidé de fournir de la paille dans une mangeoire métallique en râteau, fixée au mur ou située au centre de la case. Pour réduire le risque de blocage du caillebotis ou de la fosse et s'assurer qu'ils pouvaient manipuler la paille tombée au sol, un tapis a été fixé sous cette auge à grille (figure 3).

Figure 3. La paille est offerte &agrave; l&#39;int&eacute;rieur d&#39;une mangeoire &agrave; r&acirc;teau, avec un tapis fix&eacute; en dessous pour cr&eacute;er une zone &agrave; fouiller.

Figure 3. La paille est offerte à l'intérieur d'une mangeoire à râteau, avec un tapis fixé en dessous pour créer une zone à fouiller.

5. Gestion des animaux à problèmes

La formation du personnel est essentielle. Il est très important d'apprendre à reconnaître les morsures le plus tôt possible pour isoler l'animal attaquant du reste du groupe. Normalement, ce phénomène commence avec un seul animal, plus nerveux, qui attaque en premier. Si on peut arrêter cet animal immédiatement, la situation se résout souvent d'elle-même. Au contraire, si le nombre et la gravité des lésions augmentent, d'autres animaux commencent à mordre, soit parce qu'ils sont attirés par le sang sur les queues, soit par l'imitation de leurs compagnons. Par conséquent, le personnel acquiert encore plus d'importance dans la prévention et doit devenir un observateur scrupuleux. L'entreprise a lancé un programme de formation continue.

Situation deux ans après

La gestion des animaux à queue intacte dans un élevage conventionnel n'est pas facile! Cependant, ce n'est pas impossible. L'inclusion d'un bon enrichissement environnemental et sa gestion adéquate, malgré le sol en treillis, un plus grand soin pour ne pas dépasser les limites de densité et la formation continue du personnel ont permis d'atteindre un bon équilibre entre productivité et bien-être animal bien qu'il s'agisse d'animaux lourds (170 kg).

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