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Problèmes de reproduction diffus dans de bonnes conditions sanitaires

L'éleveur nous appelle parce qu'il a observé une baisse de performances dans les derniers mois mais sans qu'un paramètre particulier ait baissé : la description est que "les truies fonctionnent moins bien"

Vendredi 16 Juin 2017 (il y a 12 jours)

Description de l'élevage

Il s'agit d'un élevage brésilien de 1700 truies, négatif en SDRP, qui pratique l'auto-renouvellement , sans entrée d'animaux extérieurs

Apparition du cas

Le cas n'apparait pas subitement, le propriétaire de l'élevage signale deux problèmes :

  • Prolificité faible dans l'ensemble, de façon historique.
  • Une baisse des performances au cours des derniers mois, mais sans qu'un paramètre spécifique ait chuté ; la description est que « les truies fonctionnent généralement moins bien. »

Analyse du cas

Tout d'abord, les données historiques de production de l'élevage sont analysées pour quantifier les deux aspects que signale le propriétaire et pour détecter les tendances possibles ou les variations temporelles.

Tableau 1. Analyse des tendances de production, 6 périodes de 12 mois.

1/4/2010 31/3/2011 1/4/2011
31/3/2012
1/4/2012
31/3/2013
1/4/2013
31/3/2014
1/4/2014
1/3/2015
1/4/2015
31/3/2016
Total Moyenne
Inséminations totales 4.252 4.364 4.479 4.490 4.583 4.568 26.736 4.456
Inséminations répétées 287 273 372 298 295 319 1844 307
Taux de retours 6,7% 6,3% 8,3% 6,6% 6,4% 7,0% 6,9%
Mises-bas (portées) 3600 3848 3808 3853 3966 4105 23180 3863
Nés totaux 46.468 51.488 50.806 52.529 53.024 53.165 30.7480 51.247
Nés totaux/portée 12,9 13,4 13,3 13,6 13,4 13,0 13,3
Nés vivants 41.667 47.049 46.557 47.694 47.712 48.149 278.828 46.471
Nés vivants/portée 11,6 12,2 12,2 12,4 12,0 11,7 12,0
Morts nés 2.602 2.417 2.369 3.212 3.928 3.520 18.048 3.008
(% sur les Nés totaux) 5,6% 4,7% 4,7% 6,1% 7,4% 6,6% 5,9%
Momifiés 2.199 2.022 1.880 1.623 1.384 1.496 10.604 1.767
(% sur les Nés totaux) 4,7% 3,9% 3,7% 3,1% 2,6% 2,8% 3,4%
Taux de mises-bas 88,8% 88,1% 85,3% 86,1% 88,1% 88,4% 87,5%
Porcelets morts 3.504 3.709 2.937 3.303 2.854 2.952 19.259 3.210
(% sur les Nés vivants) 8,4% 7,9% 6,3% 6,9% 6,0% 6,1% 6,9%
Truies totalement sevrées 3.634 3.857 3.776 3.833 3.966 4.120 23.186 3.864
Porcelets sevrés 38.284 43.135 43.143 43.819 43.883 42.999 255.263 42.544
Mortalité pré-sevrage 8,7% 8,6% 6,5% 7,5% 8,5% 10,8% 8,4%
Moyenne sevrés/truie 10,5 11,2 11,4 11,4 11,1 10,4 11,0
Durée de la lactation 23,2 21,4 21,3 20,6 19,5 19,5 20,9
Inventaire des femelles
Inventaire moyen des femelles 1.912 2.024 1.980 2.022 1.953 1.974 1.978
Inventaire moyen des nullipares 377 407 340 390 284 265 344
Inventaire moyen des truies 1.535 1.617 1.640 1.632 1.669 1.709 1.634
Age moyen des femelles (Mise-bas) 2,1 1,7 1,8 2,0 2,2 2,3 2,0

Les données confirment les informations du propriétaire:

  • La prolificité générale de l'élevage a toujours été faible, même si au cours de la dernière période elle a chuté de près de la moitié d'un porcelet par rapport aux périodes précédentes.
  • La performance de l'élevage a chuté, pas d'une manière générale mais particulièrement en maternité et principalement en raison de l'augmentation de la mortalité avant sevrage.

On constate également que:

  • Au cours des 5 dernières années, l'âge moyen des truies a augmenté et est passé de 1,7 à 2,3 mises-bas aujourd'hui. Cela peut avoir une influence sur les différents paramètres de production.
  • Parallèlement à l'augmentation lente mais régulière de la taille de l'élevage la durée de la lactation a baissé en passant de 23,2 jours il y a 6 ans à 19,5 aujourd'hui. Logiquement, cette baisse peut avoir un effet sur la prolificité, qui sera à nouveau analysée plus tard.

Faible prolificité

L'étude de ce paramètre est basée principalement sur l'analyse des données de production. La distribution par numéro de mises-bas des nés totaux sur les 12 derniers mois est la suivante:

<p>Graphique 1.- N&eacute;s totaux par N&deg; mises bas, avril 15-mars&nbsp;16.</p>

Le graphique montre clairement que la prolificité baisse après la première lactation, en fait, les cochettes ont une moyenne presque égale à l'ensemble, alors que, généralement c'est l'un des groupes avec une prolificité inférieure. Par conséquent, le problème semble se concentrer chez multipares. Puisque, comme on l'a mentionné, la durée de la lactation a été à la baisse, on analyse l'effet de cette durée sur la prolificité. Ultérieure

Tableau 2. Résultats des saillies selon la durée de la lactation précédente, Avril 2010- Mars 2016

Total saillies Montes /saillie % retours Age moy de la truie (MB) % MB % Concep. Moy Nés vivants Moy. morts-nés Moy nés taotaux Moy. sevrés. % plus 125 jours
18 jours 501 1,7 8,8% 2,1 82,4% 86,2% 11,2 0,8 12,4 10,8 95,2%
19 jours 1.109 1,7 11,1% 2,4% 80,7% 83,0% 11,5 0,7 12,6 10,8 97,4%
20 jours 1.872 1,6 9,1% 2,5 82,2% 85,8% 11,8 0,8 12,9 11,0 96,2%
21 jours 4.761 1,6 8,1% 3,2 84,5% 87,8% 12,0 0,9 13,2 10,6 96,2%
22 jours 4.799 1,4 6,6% 3,3 81,8% 88,1% 12,2 0,8 13,5 10,8 93,0%
23 jours 2.240 1,2 8,8% 2,9 83,7% 86,0% 12,3 0,7 13,5 11,0 97,5%
24 jours 987 1,1 10,0% 2,5 82,0% 84,2% 12,1 0,7 13,3 11,2 97,5%
25 jours 527 1,1 10,6% 2,3 84,6% 85,0% 11,9 0,6 12,9 11,0 99,1%
26 jours 438 1,0 13,9% 2,4 81,5% 82,5% 12,2 0,5 13,3 11,2 99,1%
Total 18.922 1,4 8,5% 2,9 82,9% 86,5% 12,0 0,8 13,2 10,8 98,1%
Déviation standard 0,64 1,72 3,37 1,32 3,63 3,51

Entre 18 et 23 jours, la différence est de plus d'un porcelet. Par conséquent, la courte durée de la lactation est l'une des causes de la faible prolificité, et cet effet a augmenté lors des périodes récentes lorsque cette durée a diminué.

D'autre part, l'élevage a , en plus des grands-parentales, deux génétiques différentes enregistrées. La prolificité par numéro de mise-bas des deux génétiques est analysée.

Graphique 2- Prolificit&eacute; par n&ordm; de mise-&nbsp;bas, g&eacute;n&eacute;tique A vs g&eacute;n&eacute;tique B, , avril 15-mars&nbsp;16.

Graphique 2- Prolificité par nº de mise- bas, génétique A vs génétique B, , avril 15-mars 16.

La génétique B a une prolificité nettement inférieure à la génétique A. Par conséquent, cette génétique B pénalise clairement la prolificité globale. Sur ce graphique on peut également noter que, dans les deux génétiques, la première mise-bas est l'une des plus prolifiques, ce qui renforce l'hypothèse de problèmes de prolificité associés aux multipares.

Baisse au cours de la dernière année

Sur le tableau 1, on observait que la réduction de la performance sur la dernière période a été principalement attribuable à une augmentation de la mortalité avant le sevrage. Cependant, une analyse plus approfondie des données de gestation montre que des paramètres tels que les retours acycliques et les avortements ont augmenté la dernière période par rapport aux 3 précédentes.

Tabla 3. Résultats en gestation, 6 périodes de 12 mois.

01-avr-10 31-mar-11 01-avr-11 31-mar-12 01-avr-12 31-mar-13 01-avr-13 31-mar-14 01-avr-14 31-mar-15 01-avr-15 31-mar-16
Saillies totales 1.719 3.538 4.418 4.485 4.577 4.565
(en% du total) 7,4% 15,2% 19,0% 19,2% 19,6% 19,6%
Saillies répétées 119 233 370 299 295 319
Taux de retours 6,9% 6,6% 8,4% 6,7% 6,4% 7,0%
Intervalle moyen des retours 26,1 26,4 23,6 26,1 31,9 26,3
Retours précoces (<18) 2 6 1 6 0 4
Retours cycliques-1 (18-25) 68 127 286 195 149 191
Retours acycliques-(26-37) 36 75 69 55 41 86
Retours cycliques-2 (38-46) 10 20 9 28 35 18
Retours tardifs (>46) 3 5 5 15 70 20
Cyclique-1/cyclique-2 6,80 6,35 31,78 6,96 4,26 10,61
Cyclique/acyclique 2,17 1,96 4,28 4,05 4,49 2,43
Avortements 37 165 101 98 110 134
Avortements de nullipares 16 22 10 8 17 15
Avortements de truies 21 143 91 90 93 119

En maternité, en plus de la plus grande mortalité pré-sevrage, on rencontre une augmentation du nombre de truies qui sèvrent 0 porcelet.

Tableau 4-sevrés, 6 périodes de 12 mois.

01-ar-10 31-mar-11 01-abr-11 31-mar-12 01-abr-12 31-mar-13 01-abr-13 31-mar-14 01-abr-14 31-mar-15 01-abr-15 31-mar-16
Truies sevrées totalement 692 2.656 3.626 3.823 3.960 4.114
(en % du total) 3,7% 14,1% 19,2% 20,3% 21,0% 21,8%
Truies sevrées sans portée 31 143 202 185 293 362

Après avoir analysé les données, la visite de l'élevage est effectuée. En maternité on trouve de nombreuses portées, en particulier de jeunes truies, avec des porcelets à faible viabilité, mauvais aspect et le manque d'ingéré de lait.

Photos 1 et 2. Gauche: port&eacute;e avec manque d&#39;ing&eacute;r&eacute; de lait &nbsp;Droite: Porcelets de viabilit&eacute; faibl&eacute; avec ing&eacute;r&eacute; de lait d&eacute;ficient

Photos 1 et 2. Gauche: portée avec manque d'ingéré de lait  Droite: Porcelets de viabilité faiblé avec ingéré de lait déficient

On trouve aussi des porcelets avec hémorragie et nécrose

Photos 3 et4: H&eacute;morragies et oed&egrave;mes chez les porcelets

Photos 3 et4: Hémorragies et oedèmes chez les porcelets

Des hémorragies sont également observées chez les truies.

Photo 5. H&eacute;morragies chez les reproductrices en lactation

Photo 5. Hémorragies chez les reproductrices en lactation

Une nécrose vulvaire et une vulvite ont également été observées .

Photos 6 et 7: Gauche: N&eacute;crose vulvaire sur une truite allaitante. Droite: Vulvite&nbsp;sur une truite allaitante.

Photos 6 et 7: Gauche: Nécrose vulvaire sur une truite allaitante. Droite: Vulvite sur une truite allaitante.

Tous ces symptômes sont compatibles avec une forte présence de mycotoxines dans l'aliment, en particulier la zéaralénone et la vomitoxine et expliquent la perte de performance de reproduction observée ces derniers mois. La sévérité des symptômes dépend du temps d'exposition et de la concentration dans l'aliment, même si le tableau ne laisse aucun doute sur l'origine du problème.

Conclusions et recommandations

Les deux problèmes décrits ont de fondements différents et donc des solutions différentes:

  • Faible prolificité. On doit agir dans deux directions:
    • Si possible, en augmentant le % de truies de la génétique A et en diminuant celui des truies de génétique B, la différence entre eux étant remarquable , environ un porcelet de plus en faveur de la génétique A
    • En augmentant la durée de la lactation. Une forte augmentation, qui affecterait également d'autres paramètres productifs de l'élevage ne serait pas nécessaire. Il suffirait d'une augmentation de 2-3 jours, ce qui pourrait signifier entre 0,5 et 1 porcelet né total en plus. Avec 30 places de plus en maternité on pourrait augmenter la durée entre 2,5 et 3 jours
  • Mycotoxines. L'objectif doit être la réduction ou l'élimination des niveaux de mycotoxines dans la préparation des aliments. Cela nécessite d'éviter l'utilisation de matières premières où l'on soupçonne un risque élevé et, en plus, on devrait également intégrer régulièrement un séquestrant de mycotoxines efficace. Apparemment, il est déjà incorporé et il est donc recommandé ou de revoir la dose ou de changer de produit. Il est également recommandé de mettre en œuvre en routine une analyse de mycotoxine des matières premières utilisées et de l'utiliser dans un plan de contrôle qualité de routine.

Enfin, notons que ce cas montre la pertinence de la combinaison de la visite de la ferme avec une analyse approfondie des données, pour une meilleure détection des causes d'un problème déterminé et des moyens pour y remédier.

Cas clinique du monde

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