Lire cet article dans:

Résistance des bactéries responsables d’infections d’origine alimentaire: des taux toujours élevés

Une proportion non négligeable des bactéries Salmonella et Campylobacter est toujours résistante aux antibiotiques.

9 Avril 2021

Selon un rapport publié par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), à l’instar des années précédentes, une proportion non négligeable des bactéries Salmonella et Campylobacter est toujours résistante aux antibiotiques communément utilisés chez l’être humain et l’animal.

Chez l’être humain, des proportions élevées de résistance à la ciprofloxacine, un antibiotique communément utilisé pour traiter plusieurs types d’infections, ont été signalées dans un type de Salmonella spécifique connu sous le nom de S. Kentucky (82,1 %). Ces dernières années, un nombre croissant de cas de S. Enteriditis résistante à l’acide nalidixique et/ou à la ciprofloxacine a été signalé dans plusieurs pays. L’augmentation de la résistance aux fluoroquinolones et/ou aux quinolones dans ces types de Salmonella reflète probablement la propagation de souches particulièrement résistantes.

S’agissant de Campylobacter, la résistance à la ciprofloxacine est désormais tellement courante dans la plupart des pays que cet antimicrobien est utilisé de façon limitée pour le traitement des infections par Campylobacter chez l’être humain.

Toutefois, le rapport présente également quelques conclusions positives:

  • Au cours de la période 2015-2019, une baisse de la résistance à l’ampicilline et aux tétracyclines a été observée dans des isolats de Salmonella provenant d’êtres humains dans huit et 11 États membres respectivement.
  • Une tendance à la baisse a également été observée dans la prévalence d’E. coli produisant des bêta-lactamases à spectre étendu (BLSE) dans des échantillons provenant d’animaux producteurs d’aliments de 13 États membres entre 2015 et 2019. Ce résultat est important dans la mesure où des souches spécifiques d’E. coli produisant des BLSE sont responsables d’infections graves chez l’être humain.
  • La résistance combinée à deux antimicrobiens d’importance critique – les fluoroquinolones et les céphalosporines de troisième génération pour Salmonella et les fluoroquinolones et les macrolides pour Campylobacter – demeure faible. Ces antimicrobiens d’importance critique sont fréquemment utilisés pour traiter des infections graves provoquées par Salmonella et Campylobacter chez l’être humain.
  • Le taux de bactéries E. coli présentes dans des échantillons issus d’animaux producteurs d’aliments répondant à tous les antimicrobiens testés a également augmenté, fait observé dans neuf États membres entre 2014 et 2019.

The European Union Summary Report on Antimicrobial Resistance in zoonotic and indicator bacteria from humans, animals and food in 2018/2019

8 avril de 2021/ EFSA/ Union Européenne.
https://www.efsa.europa.eu

Commentaires de l'article

Cet espace n'est pas destiné a être une zone de consultation des auteurs mais c'est un lieu de discussionouverts à tous les utilisateurs de 3trois3.
Publier un nouveau commentaire

Pour commenter, vous devez être utilisateur de 3trois3 et vous connecter

Articles liés

Image 1. Porcelets

Stratégies de réduction des antibiotiques pour les élevages porcins : constatons-nous une corrélation avec l'augmentation de la mortalité au sevrage ?

Dans le quatrième article de notre série, nous passons en revue les avis de notre groupe d'experts en santé porcine sur la relation éventuelle, le cas échéant, entre l'augmentation de la mortalité au sevrage que certains pays ont observée ces dernières années et les stratégies de réduction des antibiotiques.

Dernière heure

Dernières nouvelles de la filière porcine

Vous n'êtes pas inscrit à la liste

Connectez-vous et inscrivez-vous à la liste