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Lien entre la biosécurité et les caractéristiques de production et de conduite dans les élevages de porcs

Les élevages qui vaccinent le plus ont un meilleur score de biosécurité interne. Le passage à la prévention implique directement une utilisation accrue des vaccins en même temps qu'une meilleure biosécurité interne car ce sont les seuls moyens que nous connaissons pour prévenir les maladies

Vendredi 12 Mai 2017 (il y a 1 mois 16 jours)

Article

The biosecurity status and its associations with production and management characteristics in farrow-to-finish pig herds. M. Postma, A. Backhans, L. Collineau, S. Loesken, M. Sjölund, C. Belloc, U. Emanuelson, E. Grosse Beilage, K. D. C. Stärk and J. Dewulf on behalf of the MINAPIG consortium. Animal (2016), 10:3, pp 478–489

 

Qu'étudie-t-on ?

Les niveaux de mise en œuvre des mesures de biosécurité dans les élevages de porcs dans quatre pays de l'Union européenne ont été évalués. Les associations possibles entre le respect de la biosécurité et agricoles et les caractéristiques de l'élevage et de la production ont également été évalués.

 

Comment l'étudie-t-on ?

Une étude transversale a été menée sur 232 exploitations en cycle fermé en Belgique, en France, en Allemagne et en Suède pendant un cycle de trois ans. Le statut de la biosécurité a été quantifié en utilisant le score de risque BioCheck (www.biocheck.ugent.be) qui établit une distinction entre les risques ide biosécurité internes et externes. Un score élevé indique de meilleures pratiques de biosécurité et un risque plus faible d'introduction ou de propagation de la maladie. Les caractéristiques de production ou de l'élevage ont été obtenues à partir d'entretiens avec la direction et les éleveurs. La relation entre les données obtenues avec le niveau de biosécurité a été analysée.

 

Quels sont les résultats?

  1. De nombreux élevages de porcs ont un long chemin à parcourir pour améliorer leur biosécurité.
  2. Des différences significatives entre les pays ont été observées en matière de biosécurité interne ou externe. Le score de biosécurité externe a été généralement plus élevé que le score de biosécurité interne.
  3. L'Allemagne a eu le meilleur score en matière de biosécurité externe, qui comprend toutes les mesures prises pour empêcher l'introduction de maladies, et la France le plus mauvais.
  4. La Suède a eu le score le plus élevé en matière de biosécurité interne, qui comprend toutes les mesures prises pour prévenir la transmission au sein de l'élevage, et la Belgique de loin le plus mauvais.
  5. Le nombre d'agents pathogènes contr elesquels on vaccinait était significativement lié au niveau de biosécurité interne, ce qui suggère que la conscience du risque de transmission de la maladie conduit à une prévention accrue.
  6. Les niveaux de biosécurité les plus bas ont été corrélées avec une plus grande fréquence estimée des traitements contre certains signes cliniques fréquemment.
  7. Les élevages avec plus de truies et, par conséquent,avec plus plus d'employés sont plus susceptibles d'avoir un meilleur système de biosécurité externe.
  8. Un score plus élevé sur la biosécurité externe a été associé avec plus de porcelets sevrés / truie / an (10 points de biosécurité externe comportaient 0,2 porcelets supplémentaires).
  9. L'âge au moment du sevrage et la mortalité avant sevrage ont été fortement corrélés avec le nombre de porcelets sevrés / truie / an.

 

Quelles conclusions sont tirées de ces travaux?

Les auteurs suggèrent que mieux comprendre l'impact d'une biosécurité déficiente sur l'incidence des maladies et la productivité permettra un changement de comportement. Une amélioration de la biosécurité et de la conduite, axée sur la prévention, devrait conduire à réduire l'utilisation des antimicrobiens, l'amélioration du statut sanitaire et une productivité accrue et le bien-être. Il vaut mieux prévenir que guérir!

<p>Enric Marco 1</p>
La vision du terrain par Enric Marco

Nous avons passé des années à parler de l'importance de la mise en œuvre des mesures de biosécurité et il y a de nombreux articles qui ont été écrits reflétant l'impact qu'elle peut avoir pour prévenir de nouvelles flambées de maladies, en particulier concernant la SDRP. En général, quand on parle de la biosécurité, nous faisons référence à la biosécurité externe, qui protège l'élevage de l'arrivée des infections de l'extérieur. Nous avons récemment commencé à nous soucier de la biosécurité interne qui devrait nous aider à contenir les maladies déjà présentes dans l'élevage. L'article met en évidence cvertains points qui méritent d'être examinées:

  • Un niveau acceptable de biosécurité externe dans les élevages étudiés, en particulier à l'entrée des animaux. Il est encourageant de constater que l'éleveur est conscient du risque que constitue l'entrée d'animaux dans les élevages, mais les résultats montrent également qu'il y a encore beaucoup à faire pour mettre en œuvre des mesures de protection sanitaires.
  • L'observation selon laquelle les élevages avec une meilleure biosécurité externe sont ceux de plus grande taille, avec plus d'employés et une meilleure production prouve que l'éleveur est conscient de ce qu'on peut arriver à perdre avec l'arrivée d'une nouvelle infection. Plus l'investissement est grand, plus la motivation pour la protéger l'est aussi.
  • La biosécurité interne vient après la biosécurité externe. C'est peut-être le point le plus inquiétant. Ce n'est que récemment, avec la pression pour réduire l'utilisation des antimicrobiens, qu'on a commencé à y prêter attention. La biosécurité interne contribue non seulement à contenir les infections bactériennes mais aussi les infections virales. La compartimentation correcte des lots et le travail indépendant entre eux est peut-être le plus important et c'est l'un des plus mauvais score obtenu lors de l'enquête. La production en système d'intégration facilite la compartimentation en déplacant physiquement les animaux vers un autre élevage, mais pour obtenir le maximum d'avantages du tout plein-tout vide on ne peut pas oublier l'application d'une bonne hygiène et d'une bonne désinfection entre les lots.
  • Les élevages qui vaccinent le plus ont un meilleur score de biosécurité interne. Le passage à la prévention implique directement une utilisation accrue des vaccins en même temps qu'une meilleure biosécurité interne car ce sont les seuls moyens que nous connaissons pour prévenir les maladies.

Il serait intéressant de comparer les résultats de cette étude avec une autre qui sera faite dans un proche avenir (5 ans). Très probablement, nous constaterions que les résultats de la biosécurité s'améliorent, notamment en matière de biosécurité interne, ce qui confirme la relation entre celle-ci et l'utilisation de vaccins. Cela devrait être le profil de l'élevage du futur, car c'est le seul moyen efficace pour travailler dans un environnement où l'utilisation d'antimicrobiens dans la production animale sera extrêmement surveillé.

Du laboratoire à l’élevage

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