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Mesures de biosécurité pour prévenir la transmission indirecte du PEDv

Cet article nous aide à établir quelles sont les mesures minimales de biosécurité à fixer en interne pour l'obtenir.

Mercredi 27 Septembre 2017 (il y a 24 jours)

Article

Y Kim, M Yang, S M Goyal, M C-J Cheeran and M Torremorell. Evaluation of biosecurity measures to prevent indirect transmission of porcine epidemic diarrhea virus. BMC Veterinary Research. 2017, 13:89, DOI 10.1186/s12917-017-1017-4

Qu'étudie-t-on ?

Le virus de la Diarrhée Epidémique Porcine (DEPv) provoque une maladie entérique dévastatrice qui se répand directement (voie fécalo-orale avec d'autres porcs) et indirectement (fomites contaminés, camions, ingrédients de l'aliment). De nombreux élevages et systèmes demandent des indications sur la valeur des mesures de biosécurité. Les chercheurs ont étudié différents protocoles de biosécurité pour contrôler la propagation du DEPv, qui comprenait le mouvement du personnel entre différents compartiments, la santé et l'hygiène personnelle et le changement de vêtements.

Comment l'étudie-t-on ?

Deux tests distincts ont été effectués. Des porcs ont été infectés avec le DEPv et par RTPCR on a détecté qu'ils excrétaient du virus entre les jours 1 et 19 après l'inoculation. Des contrôles négatifs ont été inclus pour exclure d'autres voies de transmission. Dans les conditions de laboratoire, des groupes de porcs de 3 semaines ont été assignés à un groupe ayant un protocole de biosécurité faible, moyen ou élevé. Dans le groupe de faible biosécurité , les ouvriers se sont déplacés directement depuis les cases contaminées par des couloirs sales et n'ont pas changé de vêtements et ne se lavaient pas; pour ceux à biosécurité moyenne ils se lavaient les mains et le visage, changeait de vêtements et de chaussures ; pour ceux avec une biosécurité élevée ils prenaient une douche et changeaient complètement de vêtements. Le personnel a passé 45 minutes en contact avec les porcs infectés excrétant du DEPv dans les excréments avant de se déplacer vers les porcs sentinelles non exposés. Les mouvements étaient d'une salle infectée vers les salles avec différents niveaux de biosécurité. La transmission a été mesurée indirectement par des écouvillons rectaux et de fomites.

Quels sont les résultats ?

Dans l'étude, les observations suivantes ont été faites:

  1. Tous les porcs infectés expérimentalement ont commencé à excréter l'ARN du PEDv à partir du 1er jour après l'inoculation. Les écouvillons rectaux positifs ont été détectés positifs pendant 12 jours.
  2. Dans le groupe à faible biosécurité, le DEPv a été détecté chez les porcs 3 jours après l'infection.
  3. Les écouvillons des équipements de protection individuelle étaient RT-PCR positifs pendant 3 jours après le contact avec les porcs infectés.
  4. Le DEPv n'a pas été détecté chez les porcs sentinelles dans les groupes de biosécurité moyenne ou dans les groupes de biosécurité élevée jusqu'à 12 post-infection, malgré 2 échantillons de fomites positifs dans le groupe de biosécurité moyenne, pris avant d'entrer dans les cases.

Quelles conclusions tire-t-on de ce travail ?

Cette étude renforce l'importance de la biosécurité dans le contrôle et la prévention de l'entrée de la DEP dans l'élevage. Elle confirme la diffusion indirecte rapide du DEPv (24 heures). Elle montre également que le port de vêtements de protection, le lavage des zones exposées de la peau, ou la douche plus le changement complet de vêtement, sont efficaces pour réduire la transmission du DEPv entre les groupes de porcs.

<p>Enric Marco</p>
La vision du terrain par Enric Marco

Le DEP a entraîné de nombreuses pertes et continue de les causer chaque année. Coïncidant avec la saison froide, nous avons des épidémies de la maladie qui affectent plus ou moins les élevages. Dans les pires cas, la maladie reste endémique en circulant en post-sevrage et en produisant de la diarrhée dans tous les lots de porcelets sevrés. La prévention de la maladie dépend exclusivement de la mise en place de mesures de biosécurité appropriées qui doivent obligatoirement aussi porter sur le transport. À ce stade, le rôle que joue un transport contaminé dans la propagation de l'infection dans nos élevages nous semble très clair et nous savons comment l'éviter, mm^me si ce n'est pas toujours facile.

Lorsqu'un élevage est infecté par le virus de la DEP, nous savons que les dommages sont atténués si on fait circuler rapidement par les gestantes, retardant au maximum la contamination des maternités. Comme cela on évite l'infection des plus jeunes porcelets et on réduit les pertes, car ce sont précisément les plus sensibles à la maladie. Arrêter la circulation du virus à l'intérieur de l'élevage n'est pas seulement intéressant dans les cas de nouvelles infections, mais c'est également intéressant de l'obtenir entre les lots de porcelets au sevrage afin d'empêcher l'infection d'être endémique; et aussi entre lots de cochettes afin d'arriver à couper le cycle d'infection entre différents groupes de porcs de renouvellement. Mais comment le faire?

Cet article nous aide à déterminer quelles sont les mesures minimales de biosécurité que nous devrions établir en interne pour y parvenir. Lorsque les animaux excrètent le virus de façon massive (les premiers jours après l'infection), le virus contamine les vêtements, les mains, la peau, les cheveux et les chaussures du personnel qui manipule les animaux. Par conséquent, changer de vêtements, changer de chaussures et se laver les mains et le visage apparaissent comme des mesures efficaces pour empêcher le personnel de devenir le diffuseur de la maladie.

Néanmoins, nous ne pouvons pas oublier que les tests décrits dans l'article ont été effectués dans des installations expérimentales où certaines des circonstances communes dans les élevages ne se produisent pas: porcelets retardés qu'on change de groupe, rongeurs qui vont d'une salle à l'autre sans passer par un tunnel de lavage ou de matériel utilisés indifféremment dans différentes salles.

La première étape pour améliorer la biosécurité interne est de savoir quels sont les points critiques, mais pour que l'amélioration soit une réalité, nous devons les pratiquer de manière cohérente dans le temps, ce qui est parfois très difficile dans les élevages commerciaux dont la conception ne nous aide pas toujours.

Du laboratoire à l’élevage

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