SDRP : Le choix d’une stratégie vaccinale dans le moyen et le long terme

Dans les articles précédents, vous avez pu remarquer qu’il était très difficile de généraliser en matière de SDRP . Les situations sont très complexes en élevage et elles peuvent différer sur de nombreux points.


Dans les articles précédents, vous avez pu remarquer qu’il était très difficile de généraliser en matière de SDRP . Les situations sont très complexes en élevage et elles peuvent différer sur de nombreux points :

- Typologie de l’élevage (mono site versus multi-sites vrais ou par bloc sur le même lieu), nombre d’animaux, situation géographique et épidémiologique, niveau de biosécurité… ,
- Intensité à l’instant T et historique de la circulation virale,
- Type de souche(s) en activité, entre autres.

Après la mise en place d’un programme de stabilisation efficace, il se pose la question (technique et économique) de savoir comment doit évoluer la prophylaxie vaccinale sur le moyen et/ou le long terme.

Cet article a pour but de préciser un certain nombre de critères de décision et d’orientations de ce choix mais ne pourra en aucun cas être pris comme une « recette » tant, nous l’avons rappelé, les situations sont compliquées (aux points décrits ci dessus s’ajoute la sensibilité de l’éleveur, sa réceptivité et la relation de confiance avec son encadrement technique, les difficultés parfois rencontrées dans le suivi diagnostic des élevages vaccinant même si des protocoles existent). Ainsi, si on part de la classification des élevages vis à vis de la circulation virale, on peut dégager plusieurs cas de figures :

1. Elevage stable inactif

Pour ce type d’élevage, nous pourrions schématiser la décision de plan de vaccination sur le moyen terme comme suit :

Biosécurité interne
Elevée
Basse
Biosécurité externe
Elevée Arrêt de la vaccination sur truies et porcelets Maintien de la vaccination sur truies sur le long terme avec vaccin vivant sur les cochettes et vaccin inactivé sur les multipares
Basse Maintien de la vaccination sur truies sur le long terme avec vaccin vivant sur les cochettes et sur les multipares Maintien de la vaccination sur truies sur le long terme avec vaccin vivant sur les cochettes et sur les multipares


Pour rappel, on définit par :

- Biosécurité externe : les éléments de protection sanitaire vis à vis de l’extérieur permettant d’éviter la contamination d’un élevage indemne ou l’introduction d’une nouvelle souche virale dans un élevage déjà contaminé.
- Biosécurité interne : les élements de conduite à l’intérieur de l’élevage (marche en avant par exemple) permettant d’éviter ou de diminuer la circulation virale du virus déjà présent dans l’exploitation
Le choix de la classification du niveau de biosécurité interne et externe se fera en concertation avec le vétérinaire suivant l’élevage et sur la base d’une notation critère par critère influençant le risque de contamination par le SDRP (cf chapitre 2).

Pour décider de la suite à donner au plan de vaccination dans les élevages
stables inactifs, la biosécurité externe et la biosécurité interne devront
faire l'objet d'un audit soigné


Elevages à niveau de biosécurité externe élevé

Pour les élevages à niveau de biosécurité externe élevé et donc à risque de recontamination faible, deux cas de figure sont possibles :

§ Elevage stabilisé et souhaitant éradiquer

Ce cas de figure peut être considéré comme le plus simple. Mais le choix de «sauter le pas » de la stabilisation vers l’éradication devra être mûrement réfléchi et le niveau de biosécurité interne et externe de la ferme finement évalué afin d’aider l’éleveur à prendre sa décision.
Ainsi, lorsque la décision est prise, la vaccination devra être complètement arrêtée à tous les stades physiologiques afin de considérer l’élevage indemne quand tous les animaux vaccinés auront été éliminés.

§ Elevage stabilisé et ne souhaitant pas éradiquer

Si le choix d’aller vers l’éradication ne s’impose pas et si on souhaite maintenir une couverture minimale, il est possible de maintenir une vaccination en utilisant le vaccin inactivé (avec vaccin vivant sur les cochettes à l’introduction). Le vaccin inactivé trouve sa place pour ce cas de figure où on souhaite à la fois pouvoir suivre facilement l’absence de circulation virale et maintenir un « matelas » immunitaire minimal.

Elevages à niveau de biosécurité bas

Pour les élevages à niveau de biosécurité externe bas et donc à risque de recontamination important, la situation est moins complexe et le maintien d’une vaccination avec un vaccin vivant s’imposera, notamment sur les reproducteurs.

2. Elevage stable actif

En élevage stable actif, le choix du maintien de vaccination sur le moyen ou le long terme s’impose car le risque de recontamination du naissage est trop important et ceci que le niveau de biosécurité interne soit élevé ou non.
Dans ce cas, il paraît opportun de maintenir une vaccination avec le vaccin vivant et d’adapter le programme de contrôle à la situation sanitaire et à la dynamique d’infection.

Auteurs :

Philippe LE COZ, Françoise DAVID, Patrick PUPIN, Nathalie PEREZ et Guillaume FRIOCOURT, Selvet-Conseil, 22 - Loudéac
Florian VOISIN, Valérie NORMAND et Arnaud LEBRET, Cabinet Consultant en Elevage Porcin, 56 - Pontivy

Expérience pratique du SDRP

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