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 maryline chesnel

1 12-Jun-2011 17:23 (il y a 11 ans 3 mois 19 jours)

Le COPA-COGECA essaye-t-il d’éliminer les éleveurs de porcs ?
> Il y a un exactement un mois s’est tenue à Bruxelles la dernière réunion du «Groupe consultatif élargi aux Etats-membres». L’objectif d’un tel groupe -émanant de la Commission européenne- était de trouver des solutions pour l’avenir du secteur porcin en Europe.
> Si on en croit les conclusions de cette ultime réunion, l’objectif semble avoir surtout été de favoriser les industries de ce secteur au lieu d’aider les véritables éleveurs.

> Patrick Siraux, représentant de la commission porcine de la FUGEA était présent lors de cette réunion. P. Siraux a reçu un document assez édifiant scellant l'avenir des éleveurs. La principale organisation européenne des agriculteurs et coopératives, le COPA-COGECA (dont le Boerenbond et la FWA sont membres en Belgique) a tranché sur l'avenir de la profession !

> Ce syndicat agricole européen a en effet tenté, lors de cette réunion, de faire voter une proposition de projet visant à « aider » le secteur dans un environnement d'extrême volatilité des prix. Cependant les solutions proposées ne permettront malheureusement pas d'aider les éleveurs. A contrario, elles visent seulement à soutenir financièrement les industries alimentaires. En effet, la position du Copa-Cogeca demandait au groupe élargi d'agir notamment à deux niveaux : réduire les coûts de production et améliorer la compétitivité du secteur porcin. Voyons ce que cela implique…

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> Réduire les coûts de production

> Le COPA recommande d'accélérer la procédure autorisant les OGM dans l’alimentation animale pour réduire, selon eux, les coûts de production ! Il demande ainsi un alignement de la politique OGM sur les politiques mises en place au Brésil ou aux USA. La FUGEA et ECVC condamnent fortement cette proposition contraire au principe de l’autonomie paysanne et écologique. De plus, le principe de précaution doit être appliqué vu que l’on ne connait pas les effets des OGM sur la santé des consommateurs. Mais cette initiative ne ferait qu’enrichir les grandes multinationales telles que Cargill, Monsanto, leaders mondiaux en matière d'OGM et d'alimentation animale. Enfin, le problème ne se situe pas au niveau des coûts de produc! tion, mais bien dans le fait que ces coûts ne sont pas répercutés dans le prix de vente des éleveurs auprès des transformateurs et de la grande distribution. Comme dans le secteur laitier, le faible pouvoir de négociation des producteurs et l’intégration en sont la cause principale de cette course vers les prix de dumping. La firme semencière Cargill, basée à Amsterdam, défend les OGM avec véhémence, a touché 1,2 millions d’€ en 2008 sur le budget de la PAC, rien qu’en Belgique. Cherchez l’erreur…

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> Améliorer la compétitivité du secteur porcin

> Le COPA-COGECA propose d'accroître l'exportation des porcs sur de nouveaux marchés non encore explorés. Il souhaite ainsi développer des accords commerciaux agricoles pour exporter le surplus de porcs que les éleveurs n'arrivent pas à vendre en Europe, il demande également d'enlever les barrières non tarifaires et de développer des outils compatibles avec l'OMC afin d'encourager les exportations européennes dans le reste du monde. Dans ce cadre, il souhaite également que des subsides à l'exportation soient débloqués..

> La FUGEA dénonce ces solutions ultralibérales voulues par le COPA-COGECA. Toutes les mesures citées ci-dessus sont inacceptables et risque comme on l’a connu pour les cuisses de poulets et la poudre de lait de casser les marchés régionaux des pays en développement (ACP et PMA,…).

> La FUGEA, avec son organisation européenne ECVC défend une autre vision de l'avenir du secteur porcin. La FUGEA a toujours soutenu un besoin de transparence accrue dans la répartition des marges ainsi que la nécessité d'un meilleur pouvoir de négociation aux mains des éleveurs et non des intégrateurs... La FUGEA se positionne clairement pour une régulation de la production porcine sans laquelle aucune garantie de prix justes pour le producteur et le consommateur n'est possible. En effet, ce ne sont pas les éleveurs mais bien les porcs qui sont trop nombreux en Europe !

> Si s'opérait une régulation de l'offre de porcs en fonction de la demande européenne, il n'y aurait plus aucune obligation de trouver des débouchés pour nos surplus de production dans les pays tiers. Un prix rémunérateur est la clé du problème. Les coûts de production doivent se répercuter sur le coût final du porc afin de permettre aux éleveurs d'obtenir un revenu décent pour leur travail.

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