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Cela existe depuis 20 ans dans la filière porcine

 marchesnel

1 21-Jan-2012 2:33 (il y a 10 ans 8 mois 5 jours)

Je vous incite à lire ce qui suit car voilà le modèle ou nous ne voulons pas aller.

Résistons et organisons nous.

La problématique des producteurs laitiers français est dans un premier temps lié à leur interprofession laitière, le CNIEL (Centre National Interprofessionnel de l'Economie Laitière).

Le CNIEL avec un budget de 40 millions d'euros principalement financé par les CVO (cotisations volontaires obligatoires, prélevé sur les paies de lait de tous les producteurs de lait français) est l'endroit où toutes les décisions pour la filière laitière française sont prises (fixation du prix du lait/ , promotion des produits laitiers etc..) le pluralisme syndical n'est pas accepté, c'est un organisme de droit privé.

Au CNIEL siège 3 Fédérations,la FNPL (fédération national des producteurs de lait)c'est la branche laitière de la FNSEA qui ne représente que 17% des producteurs laitiers français,la FNIL(fédération nationale des industries laitières) et la FNCL(fédération des coopératives laitières) c'est a dire 2 collèges transformateurs contre 1 collège producteur, déjà le rapport de force est déséquilibré.

C'est un système de cogestion politico-syndical au détriment des producteurs de lait. Comment les coopératives censées défendre et gérer ses adhérents peut-elle le faire en se positionnant du coté des transformateur???
Le CNIEL et l'état accusent en permanence la grande distribution de pratiquer des prix trop élevé aux consommateurs et d'être responsable de la crise laitière alors qu'un rapport sur les marges a montré que 52% de la marge était réalisé chez les industriels!

Lorsque MR Bruno Le Maire actuellement ministre de l'agriculture français a pris ses fonctions en a partir de juin 2009, il a annoncé que le fonctionnement de la filière laitière française est archaïque, à rénover (prix payé aux producteurs annoncé trop tard par rapport aux livraisons, mauvaise représentativité des producteurs ...) d'où le vote de la LMA (Loi de Modernisation Agricole) voté en juillet 2010 par le sénat et l'assemblé nationale qui sera complété par des décrets où seul le ministre décide du contenu du décret..

Dans la LMA il a été voté la contractualisation laitière pour créer un rapport de force plus favorable des producteurs face aux industriels; obligation aux industriels privés de présenter un contrat au 1er avril 2011 sous peine d'amende, et aux coopératives de modifier leur règlement intérieur avec pour seule approbation celle des conseils d'administration.
Cette contractualisation permet également le désengagement total de l'état dans l'organisation de la filière laitière.
La LMA devance le paquet lait et il est prévu qu'après le vote du paquet lait un nouveau décret fin 2011 sur les Organisations de Producteurs(OP) avec les conditions à remplir.

Les industriels veulent faire signer des contrats avant que les producteurs s'organisent alors que nous sommes toujours sous le régime des quotas!!!

Les industriels incitent à signer des contrats individuellement puisqu'on n'a pas encore la possibilité de s'organiser juridiquement (exemple Lactalis avait ordonné de signer le contrat qu'elle avait proposé à ces adhérents pour le 30 septembre et à peine 10% ont signé!).

Dans ce système les coopératives sont privilégiées car elles seraient dans le prochain décret reconnu de fait OP .
Elles auraient pu modifier leurs statuts et les soumettre en vote en Assemblé Générale où tous les adhérents auraient pu s'exprimer et ainsi ne pas les valider mais elles ont révisé leur règlement intérieur avec l'accord du Conseil d'Administration, généralement des administrateurs qui ont du mal a prendre position dans l'intérêt des producteurs .

Dans ces règlements intérieurs il n'y a pas de prix minimum payé aux producteurs pour leurs permettre de vivre de leur métier, d'investir et gérer a long terme et il y a surtout un article qui nous « intègre », pieds et mains liés à l'industriel (obligation d'approvisionnements des intrants de l'exploitation a la coopérative), cela ne nous dérangerait nullement si les coopératives nous payaient correctement notre lait!!
Nous sommes en contrat pendant 5 années et la référence historique de l'exploitation (quotas) sera cédée en cas de cessation au bon vouloir de l'industriel, aucune démocratie!!!

Les industriels privés ont proposés des contrats unilatéraux (dans leur seul avantage) avec quelques critères suivants particulièrement choquants:

-pas de prix minimum payé aux producteurs.

-gestion des volumes prise en main par l'industriel.

-non cessibilité des contrats, droit d'ingérence.

Dans les 2 cas (coopératives et privés) elles interviennent dans la gestion de nos exploitations (création de société, cession des exploitations) elles appliquent des prix et volume A et B comme en suisse suivant leur débouché et les prix du beurre, poudre de lait etc... voir un prix et volume C à l'avenir.

Les industriels s'autorisent même à ne plus respecter le prix imposé par le CNIEL (prix ne couvrant déjà pas nos couts de production et rémunération du travail, cf annexe contrat FMB).

Aucune démocratie et dialogue n'a été établi pour la rédaction des contrats ou règlement intérieur avec les producteurs.
La gestion des volumes est prise en main par les industriels.
On passe d'un système d'une gestion administrative à une gestion contractuelle.
Ce système et l'interpro CNIEL ne convenant pas à la majorité des producteurs de lait français, nous avons créé l'Office du Lait National qui souhaite devenir une véritable organisation interprofessionnelle avec un collège pour tout les acteurs de la filière du producteur au consommateur et avec l'état pour arbitre.

Comme nous sommes obligés d'adhérer à une OP, nous devons signer un contrat, d'où le création France MilkBoard (FMB composé de l'APLI, Confédération Paysanne et Coordination Rurale) qui sera le collège producteur de la nouvelle interprofession Office du Lait.

Pour essayer de garder la maitrise et le pouvoir le CNIEL (industriels et la FNSEA) mettent en place des OP verticales (1 OP par laiterie, donc par industriel) ce qui laisse les pleins pouvoirs aux industriels: c'est eux qui pilotent et ils ont la garantie de leur approvisionnement en lait. Ainsi ce sont les producteurs qui sont en concurrence les uns contre les autres!!!

Ce système existe depuis 20 ans dans la filière porcine (aucune régulation de la production, aucun prix mini payé aux producteurs...) et depuis 2009 en suisse pour la production laitière avec les conséquences désastreuses que l'on observe pour les producteurs.

Seule une OP transversale, indépendante et pluri-représentative (tous les syndicats) peut rétablir un véritable rapport de force des producteurs face aux industriels et pourra permettre une adaptation de l'offre à la demande et ainsi la prise en compte des couts de production, rémunération... (joindre contrat FMB+annexe) dans la fixation du prix du litre de lait, tout ceci ne pourra bien sûr fonctionner que sous contrôle d'une agence de régulation européenne tel que le propose l'EMB.

Les suisses sont les premiers à avoir fait les frais de l'abandon des quotas, nous les français nous sommes les deuxièmes à servir de laboratoire, ne recommençons pas les même erreurs que dans la gestion des quotas laitiers (dépassement de quotas par état, normes européennes de la qualités du lait différentes entre état... ) aucune gestion européenne des volumes laitiers, crises du lait à répétition.

Les politiciens (français et européens) et les industriels laitiers mettent en concurrence les producteurs de lait européens les uns contre les autres; diviser pour mieux régner, pour avoir du lait payé le moins cher possible auprès du producteur afin de se positionner avantageusement sur le marché mondial et faire profiter leurs actionnaires (les coopératives ont des SA, Société Anonyme qui font des d'énormes bénéfices et les industriels laitiers privés font parties des plus grandes fortunes) alors qu'il y a de plus en plus de producteurs en difficultés financières .

Nous nous organisons , nous résistons!

Ne subissons plus le dictat de nos détracteurs et influençons leur décisions car ils n'auront pas de dynamique laitière européenne à long terme s'ils ne payent pas les producteurs de lait.
Aucune profession, sauf la notre n'accepte de vendre à perte, les prix du lait payé aux producteurs pour les prochains mois en France annonce déjà la prochaine crise, moins de 300euros tonne - prix de base est annoncé.


Organisons nous avant qu'on nous organise!

 marchesnel

2 23-Jan-2012 13:00 (il y a 10 ans 8 mois 3 jours)

L'AGENCE DE NOTATION GUYTOUN 22  ACCORDE UN AAA à L'APLI. Merci aux bretons pour cette vidéo

http://youtu.be/rqzbuvoTgB0

 

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