dupont-aignan EUROPEENNE

 dom

1 15-Mai-2009 9:16 (il y a 9 ans 6 mois 26 jours)

allez sur son blog
personage intéréssant sur l'europe
commission bruxelle;banque centrale européenne;dérégulation sont les causes de l'europe qui ne marche pas.
selon lui il faut réintroduire les taxes douanieres; des barrieres sanitaires mais aussi la monnaie qui pénalisent fortement nos exportations
 marredescours

2 16-Mai-2009 11:08 (il y a 9 ans 6 mois 25 jours)

c'est un peu long,désolé mais tres interessant


Paul Krugman : « le monde a tort de négliger la crise alimentaire »
Paul Krugman, économiste,
prix Nobel 2008
Discours prononcé le 17 mars 2009, Bruxelles
http://www.momagri.org/MOMAGRI12_WEB/FR/PAGE_DernieresPublicationsDetail.awp?P1=479


Aujourd’hui, le monde fait face à deux crises majeures : une crise
alimentaire, et une crise financière et économique. Toutefois,
l’urgence et l’ampleur de la crise financière a détourné l’attention
de la communauté internationale de l’autre crise ; et à l’heure
actuelle, la réflexion des décideurs politiques se focalise sur la
réponse à apporter pour enrayer l’effondrement du système financier
mondial, et remettre l’économie sur les rails.

Ce faisant, les problèmes structurels à l’origine des deux autres
crises, et notamment la crise alimentaire, n’ont pas disparu. Bien au
contraire, rien n’a été fait pour apporter une solution, comme l’a
récemment rappelé avec conviction le récent prix Nobel de l’économie
Paul Krugman.

Intervenant au cours de la 2nde édition du Forum sur l’avenir de
l’Agriculture, créé en mars 2008 à l’initiative de Syngenta,
entreprise suisse de biotechnologie, et de l’Organisation européenne
de la propriété rurale (ELO), l’économiste a en effet averti que le
monde avait tort de négliger la crise alimentaire, en soulignant que
cette dernière n’était pas une « fausse alarme résultant de la bulle
spéculative », mais bien plutôt de déséquilibres structurels comme la
volatilité des prix sur les marchés agricoles internationaux. « Une
fois que le ralentissement économique actuel sera derrière nous, nous
nous rendrons compte de l’existence de la crise alimentaire », a-t-il
ajouté. Il rejoint en cela les nombreuses mises en garde de momagri.

Nous vous recommandons la lecture du résumé de son discours, prononcé
le 17 mars 2009 à Bruxelles, en ouverture du 2ème Forum sur l’avenir
de l’agriculture, car son analyse aussi bien que les préconisations
avancées démontrent la dimension spécifique et stratégique de
l’agriculture, et la nécessité de la traiter comme telle.

La rédaction de momagri

Voici la traduction de momagri du résumé officiel du discours de Paul
Krugman.

Il y a un an, nous étions tous très préoccupés par la flambée des prix
des denrées alimentaires ; ce sujet était à l’ordre du jour de la
plupart des débats internationaux. A l’heure actuelle, nous n’en
entendons plus parler, nous les avons mises en attente et pensons
qu’elles ne constituent plus un problème si important. Cette question
a été éclipsée par la crise macroéconomique mondiale et par la crise
financière. Le sentiment général est qu’il s’agissait d’une fausse
alerte. Mais je soutiens en grande partie que nous avons tort de
détourner notre attention de la crise alimentaire si rapidement.

En revenant sur cette période, on constate que la flambée des prix des
denrées alimentaires de base a provoqué des difficultés extrêmes pour
une bonne partie de la planète. Pour de nombreuses populations dans le
monde, cette augmentation a été synonyme de crise, de réduction du
revenu réel ; il ne s’agit pas de sommes, en dollars ou en euros,
aussi importantes que dans la crise actuelle, mais on peut affirmer
que cette crise a affecté plus de gens et de manière plus importante,
que ne l’a fait la crise actuelle jusqu’à présent, parce que les
populations les plus touchées par la flambée des prix des denrées
alimentaires sont celles qui consacrent la plus grande partie de leurs
revenus à l’alimentation, c’est-à-dire les pauvres. Ainsi, la crise
alimentaire mondiale a eu un impact humain invraisemblable, un impact
certainement plus néfaste que celui provoqué par la crise financière
jusqu’à présent. Une des preuves de la gravité de cette crise est le
nombre impressionnant d’émeutes de la faim et d’instabilité politique
constatées l’année dernière, par exemple en Ethiopie, en Egypte, à
Mexico et en Thaïlande – de nombreux pays ont été déstabilisés
politiquement parce que leurs populations n’avaient plus les moyens
d’acheter les denrées alimentaires de base.

Il y a eu également des réactions politiques surprenantes. Une bonne
partie du système commercial mondial des denrées alimentaires s’est
temporairement effondrée, car les pays exportateurs ont limité ou dans
certains cas ont totalement interdit les exportations, afin de
protéger leurs consommateurs nationaux. Un débat s’est largement
répandu, où on s’est demandé si en fait, la planète avait commencé à
appliquer les prophéties de Malthus, si elle était entrée dans une ère
néo malthusienne ; cela qui a suscité de nombreuses discussions
concernant la pression exercée par une population mondiale en
constante augmentation, par la croissance économique, ainsi que par
certaines politiques problématiques en matière de ressources
alimentaires mondiales. Tous ces débats ont subitement disparu fin
2008, tandis que nous quittions le monde de Malthus pour entrer dans
celui de Keynes. Nous sommes entrés dans une grave crise économique
qui touche le monde entier. Il s’agit d’une récession mondiale
incroyable et, à l’évidence, la plus grave depuis la grande
dépression. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale,
le PIB mondial va diminuer. Il y a eu quelques espoirs dans les
marchés émergents, censés se démarquer de la récession ; mais en
vain ; car ils ont été touchés de plein fouet. Aucune partie de
l’économie mondiale n’est épargnée. Cela a commencé aux USA, mais
l’Europe et le Japon subiront une récession aussi importante, sinon
plus importante, sans en voir la fin. Tous ces événements ont détourné
l’attention de la crise alimentaire. La macro crise a conduit bon
nombre de gens à considérer que la crise alimentaire, et plus
largement la crise des cours des produits en 2008, n’avait pas une
importance fondamentale. Il s’est largement répandu que ce qui s’était
réellement passé n’était lié qu’à une bulle spéculative, et que trop
de gens spéculaient sur les matières premières dont les prix
atteignaient des niveaux intolérables ; toute préoccupation quant à
l’approvisionnement alimentaire était hors de propos.

Mais je m’oppose à ce point de vue. Le commerce international des
transactions à terme sur les matières premières s’est très largement
répandu ; les cours des denrées alimentaires et des matières premières
ont flambé, puis ils se sont effondrés. Beaucoup ont considéré cela
comme la manifestation d’une bulle spéculative. Mais ce n’est pas le
cas. Premièrement, l’augmentation et la chute des cours des matières
premières ont affecté non seulement les marchandises faisant l’objet
d’importantes transactions, mais également d’autres matières premières
comme le minerai de fer. Le commerce des transactions à terme sur les
marchandises n’a affecté le prix que dans la mesure où la spéculation
a conduit au retrait des approvisionnements réels pour constituer des
réserves. Ce qui n’était pas le cas pour les stocks de denrées
alimentaires car ils étaient à leurs plus bas niveaux. Lors d’une
récession économique, le prix réel des produits baisse toujours et
vice versa. Les prix des denrées agricoles se sont effondrés de
manière spectaculaire lors de la grande dépression. On s’attend par
c****équent à ce que les cours actuels chutent. Il s’agit d’une
récession mondiale et les prix à l’échelle mondiale devraient chuter.

La crise disparaitra un jour et nous découvrirons alors que les néo
malthusiens avaient raison. La contrainte liée à la ressource,
associée à des politiques douteuses constituent un problème majeur
pour l’approvisionnement en denrées alimentaires dans le monde. Malgré
la chute des prix des denrées alimentaires, après leurs niveaux record
début 2008, les cours des denrées de base sont encore plus élevés
qu’au début de cette décennie.

En plus du niveau des prix alimentaires, toujours en hausse, la
volatilité des prix représente un problème évident. Les populations ne
mangent pas sur le long terme, elles mangent chaque jour. Si on
atteignait à nouveau les niveaux record de 2008, de sérieux problèmes
se poseraient. Nous sommes très vulnérables face à ces prix élevés ;
par exemple quand un pays interdit toute exportation, l’économie
mondiale est affectée, même si les consommateurs locaux sont protégés.

Les pauvres ne possèdent aucun moyen pour diversifier le risque et ils
ne disposent d’aucune protection contre les prix alimentaires élevés.
Le résultat final est que le système que nous avons développé, basé
sur la conviction que les marchés mondiaux des denrées alimentaires
réelles et les marchés financiers internationaux pour diversifier les
risques, constituerait une protection raisonnable contre la volatilité
des cours, est une erreur et que nous devons faire face à une
augmentation séculaire des prix alimentaires. De manière fondamentale,
nous nous dirigeons vers un monde où les pressions de type
malthusiennes deviennent de plus en plus importantes et cela constitue
un problème.

Alors que faisons-nous maintenant ? La première chose est d’investir
dans la production future de denrées alimentaires et cela inclut la
culture physique et les activités de recherche et de développement.
Nous avons tendance à considérer l’agriculture comme une économie à
part entière – où les producteurs et les consommateurs maintiennent le
marché. Cela se vérifie mais jusqu’à un certain point seulement. La
production agricole et les progrès de la production dépendent
étroitement des biens publics, en particulier en matière de recherche
et développement. Ainsi, tandis que nous nous demandions pourquoi nous
subissions les avertissements malthusiens des années 1960 et la
révolution verte – les organisations internationales jouaient un rôle
critique quant aux investissements dans la recherche de base. Cette
recherche, ainsi que les infrastructures matérielles agricoles ont été
délaissées au cours des dernières années, en grande partie parce que
les gens ont pensé que les problèmes étaient résolus. Mais à ce jour,
il semble que nous ayons gravement sous-investi dans ce domaine et
qu’il faille maintenant rattraper ce retard.

Certaines politiques constituent des facteurs aggravants. Les débats
sur les biocarburants ne sont plus d’actualité à cause de la baisse du
prix du pétrole qui a entrainé une réduction de la demande et parce
que, dans le même temps, les cours des denrées alimentaires ont
également baissé. Mais ce problème surgira à nouveau, car il est clair
que l’augmentation significative de la pression sur
l’approvisionnement mondial en denrées alimentaires était le résultat
d’une mauvaise conception de politiques en faveur des biocarburants.
Nous avons besoin d’en savoir plus, mais cela a été une erreur. Nous
n’en entendons plus parler à cause de la crise économique actuelle,
mais ce problème reviendra bientôt nous tourmenter.

Au-delà des politiques à long terme, qu’en est-il de la stabilité ?
Nous avons assisté à un élan de solidarité pour aider financièrement
les pays qui subissaient de plein fouet la flambée des cours des
denrées alimentaires. Cette aide a été bénéfique, toutefois il a été
très difficile de faire débloquer les fonds. En revenant sur
l’histoire, on s’aperçoit que l’aide ayant permis de maintenir de
nombreuses populations en Afrique provenait de l’Arabie Saoudite ;
mais compte tenu du prix actuel du pétrole, cela ne se reproduira peut-
être pas de sitôt.

Nous devrions mettre en place un système de réserve pour faire face
aux situations d’urgence, et la solution ad hoc représenterait un
meilleur système en cas de besoin d’aide financière.

Il semble que nous nous sommes trop éloignés de la politique qui
consiste à conserver des stocks alimentaires au sein des pays afin de
se protéger contre une crise. Certes, les marchés internationaux
fonctionnent correctement même si un pays perd ses récoltes. Mais une
hausse systématique des prix alimentaires conduit au dysfonctionnement
du marché mondial. Les marchés alimentaires sont différents des autres
marchés tel que celui de l’acier. Les denrées alimentaires sont
indispensables et constituent une source de revenus, en particulier
dans les pays pauvres. Les effets d’une augmentation des prix
alimentaires à l’échelle mondiale peuvent entraîner le
dysfonctionnement des marchés, au moment même où nous en avons le plus
besoin.

Les problèmes liés à la rareté des ressources environnementales
paraissent toujours bien réels. A l’heure actuelle, nous connaissons
une grave récession dans tous les domaines, et pour les matières
premières cela implique une baisse des prix relatifs. Mais cette
tendance s’arrêtera un jour et nous nous retrouverons dans un monde
avec une population et un pouvoir d’achat en croissante augmentation,
une consommation de denrées alimentaires croissante et très gourmande
en céréales ; la viande, par exemple, nécessite bien plus de
production agricole de base que la consommation de céréales.

L’eau et l’utilisation des terres arables potentielles sont également
sources de préoccupations. Lorsque les terres arables sont détournées
de leur usage agricole, cela a généralement pour effet d’augmenter le
PIB mondial, mais aussi de réduire les revenus de ceux qui sont déjà
en bas de l’échelle sociale. D’autres problèmes surgissent maintenant,
et non des moindres, ceux liés à l’environnement. Face à l’importance
des changements climatiques, la plupart des modèles agricoles sont
perturbés, et à nouveau, les pays les plus pauvres sont les plus
vulnérables dans cette situation.

Des débats devraient avoir lieu concernant les remèdes institutionnels
spécifiques. Les consciences devraient se réveiller. Nous avons connu
une grave explosion de souffrance humaine et d’instabilité politique
résultant d’une soudaine, mais relativement brève, flambée des prix
alimentaires. Cela s’est déroulé sur une courte période ; cette crise
a été engloutie par les événements dus à l’effondrement général de
l’activité économique, provoquée par la crise financière. Si elle
avait duré plus longtemps, les c****équences auraient été bien plus
graves ; et tous les éléments montrent que la crise alimentaire de
2008 était une répétition générale pour des crises ultérieures, et
nous aurions tout intérêt à mettre en place des mécanismes permettant
d’y faire face.

Le résumé a été élaboré par les services du 2ème Forum sur l’avenir de
l’agriculture,
http://www.elo.org/2nd%20forum.php?PHPSESSID=b1487a352f660fa92050b4785e33ab0b
 foufurieux

3 16-Mai-2009 12:13 (il y a 9 ans 6 mois 25 jours)

Dans le cochon tout est bon

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