Forum

les chacals

olmerolmer
2

1 22-Fév-2016 22:04 (il y a 6 ans 7 mois 2 jours)

C'est la dernière ligne droite. Les grandes enseignes (Auchan-Système U, Intermarché-Casino, Carrefour-Cora et Leclerc) doivent signer les accords qui fixent le prix d'achat des produits vendus par les industriels d'ici au 29 février. Des contrats aux enjeux économiques énormes, puisque nous parlons de toutes les grandes marques que vous achetez quotidiennement. RTL a recueilli en exclusivité le témoignage très rare d'un patron d'une entreprise agroalimentaire. Dominique(*) nous a donné rendez-vous dans un bureau isolé, près d'une gare parisienne. Photos interdites. Regards suspicieux. Anonymat exigé. "Il y a un risque pour l'entreprise qui est extrêmement important", confie-t-il.En ce moment, voici comment ses acheteurs de la grande distribution négocient avec ce directeur général. "Tout peut arriver : des convocations un matin à 7h30 dans un box soit surchauffé soit glacial, avec dans un premier temps des heures d’attente. Ensuite vous voyez débarquer quinze personnes qui hurlent et qui insultent, en lançant 'T'est un con !', 'T'es un connard !', 'Tu nous vends des produits de merde !', 'Comment veux-tu que l'on continues à acheter ta saloperie ?' C'est un climat de garde vue, avec une pression proche de l’agression physique", raconte Dominique.

 

Quatre centrales d'achats face à 10.000 fournisseurs

 

Selon lui, ces pressions n'ont plus rien d’exceptionnelles année après année. "On est dans du harcèlement moral, c'est la norme de la relation", dit-il. C'est totalement ahurissant. Sauf que derrière ce "grand théâtre", il y a une réalité économique. Plusieurs centaines de millions d’euros sont en jeu. Le tout sur fond de guerre des prix entre distributeurs, qui tentent de préserver leurs marges en rognant celles de leurs fournisseurs. Après les alliances de l'an passé, il n’y a plus que quatre grandes centrales d’achats. Elles représentent 90% du marché. Quatre face à 10.000 fournisseurs.C'est un climat de garde vue, avec une pression proche de l’agression physique  Les mains tremblantes, Dominique dénonce ce rapport de force jamais observé. "Il faudrait que j’augmente mes prix de 2 ou 3%, quelques centimes de plus. Et tous les clients demandent des baisses de prix qui se situent entre 5 et 10%. Il me disent : 'De toute façon, si tu ne nous donnes pas ce qu’on veut on va trouver des mesures de rétorsion immédiates'", affirme-t-il. Les dérives que l'industriel constate sont "dignes d'une mafia"."Nous avons reçu une demande d'un distributeur très important qui, d'un seul coup, exigeait de notre part plusieurs centaines de milliers d’euros de budget supplémentaire, sans aucune justification. Ils assortissaient cette demande d'un déréférencement total de notre gamme, ce qui est totalement illégal", se souvient-il.

 

Vers davantage de contrôle des pouvoirs publics ?

 

"J'ai le choix entre soit me couper le pied, soit de me tirer dans la jambe. Perdre une entité, c’est perdre tout de suite 20% de chiffre d'affaires. C'est absolument monstrueux. La guerre des prix est en train de nous tuer", clame Dominique. Le patron s'attend au mieux à une perte d'un tiers de son chiffre d'affaires cette année. Ce qui conduira à des coupes massives dans ses investissements, dans ses recrutements, au détriment de l'emploi. La survie de son entreprise, comme celle de milliers d'autres fournisseurs, en dépend.Face à ces accusations, la grande distribution ne fait pas de commentaire."On ne répond pas à des accusations anonymes", explique la Fédération du commerce et de la distribution qui dénonce, elle, un "procédé très choquant". Mais Dominique l'affirme : si son entreprise est identifiée, les sanctions tomberont. "C'est pour ça que personne ne parle". Impuissant, il demande aux pouvoirs publics d'agir davantage et plus de contrôles. À peine les négociations terminées, Dominique sait que son téléphone sonnera, dès le 1er mars, pour imposer de nouvelles remises illégales en totale impunité.

LenoLeno
1

2 22-Fév-2016 22:28 (il y a 6 ans 7 mois 2 jours)

Tu vois là Olmer la vie de nos clients , les abattoirs . Tu connais ça au quotidien ? Non bien sûr , mais en tout cas merci de poster cet article . C'est clair que derrière le pauvre acheteur qui s'est fait présuriser il rendra la politesse à l'abattoir et l'abattoir au producteur.... Les gms c'est les nobles d'avant 1789 .:trop de pouvoir , trop de pogon , comme les footballeurs ils sont obligés d'inventer des nouvelles normes de snobisme pour faire valoir tout ce pognon illigitement gagné , chacun son stress...et puis peut-être qu'un jour on en aura marre d'eux , il y aura une loi ou un élan , en tout cas ils seront en sursis...  Théorie simpliste de l'équilibre mais qui fonctionne depuis 4000 ans !

Bien entendu il y a des salpos qui se gavent sur notre dos , et les politiques s'en foutent ! C'est comme ça..Faut s'habituer parce que dans le m^me temps on cautionne ce système là ! Il parait que des gens en réunion prépare un avenir plus clément ?

Finallement je préfère ST Vincent et son pragmatisme , parce que j'ai un peu la nausée des bonnes paroles , des bons engagements , des gens qui crèvent économiquement , et de tous ceux qui sont payés pour que cela n'arrive pas !

Suis je le seul ? 

Good night and good luck !

olmerolmer
2

3 16-Mar-2016 21:06 (il y a 6 ans 6 mois 8 jours)

Les petits arrangements entre amis

 

Une prime exceptionnelle par ci, une petite et parfois grosse subvention par là. Un petit colis ou un voyage..ça arrange les choses. (Lire ICI)C’est peut-être ce qui explique la difficulté pour imposer la traçabilité que demande les producteurs et les consommateurs ou la mise en place de la plate forme de vente autour du MPB.  La raison est obscure.   P.R.

olmerolmer
2

4 05-Avr-2016 20:49 (il y a 6 ans 5 mois 19 jours)

Le congrès de la FNSEA vient de se tenir à Laval. Chacun a joué sa partition : Le Président Beulin n’a pas été contesté et le Ministre Le Foll a déroulé son discours comme un rituel et chacun est rentré chez lui.Pendant ce temps le Kg de porc depuis 6 mois reste à 1,10 E, les 1 000 litres de lait 275 E  (lire ICI) et le blé aujourd’hui payé moins de 130 E / T au producteur.Quels projets ont-ils pour l’agriculture française ? Hier, ils installaient des jeunes avec 200 000 litres de quota aujourd’hui ils regardent avec complaisance les gros ateliers des pays de l’Est de l’Europe ou de l’Espagne qui appliquent les normes européennes en mode “local”.

 particulierpret

5 16-Avr-2016 9:31 (il y a 6 ans 5 mois 8 jours)

Ce message a été supprimé par le modérateur.
olmerolmer
2

6 20-Avr-2016 21:35 (il y a 6 ans 5 mois 4 jours)

Des prix bas pour attirer le client

 

Aucune raison, dans ces conditions, que les distributeurs se fassent « des politesses entre eux ». Leur réponse : la course aux prix bas. Pas pour vendre plus, mais pour générer du trafic dans les magasins. Il semble en effet que la guerre des prix entre les enseignes entraîne peu d’effets sur le volume des ventes. Pour Olivier Humeau, directeur général de l’Institut de recherche et d’innovation (IRI), « le rôle de la déflation est toujours aussi faible sur la croissance des volumes. Le consommateur consomme mieux, mais pas plus ».Pareil pour les promotions, nouvelle arme de différenciation favorite des enseignes, qui relève selon Olivier Dauvers du même principe que la drogue : « Pour qu’elles produisent chaque année le même effet, il faut augmenter la dose. » Les ravages sont eux aussi palpables : des économies sur les structures de coûts (réorganisation logistique, fermeture d’entrepôts…) et « aller chercher l’argent dans la poche de ceux qui en ont à donner si je suis assez fort pour leur piquer »…

 

Place aux marques

 

Seule bonne nouvelle pour les PME et les producteurs : l’assortiment de gamme serait un levier bien plus efficace sur la consommation que la guerre des prix ou les promotions. « Les marques gagnent du terrain. Elles sont là pour répondre aux demandes des consommateurs et ce n’est pas avec les MDD (marques de distributeur) que ça peut se faire », a commenté Olivier Humeau. La preuve : le chiffre d’affaires des marques nationales a augmenté de 9 % en 2015 (+11,5 % en assortiment), quand celui des MDD a perdu 1,9 %. Une aubaine aussi pour les marques régionales et les marques de producteurs, qui pointent leur nez dans les rayons.Il reste que « l’état de soldes permanentes » des GMS, inquiète le président de l’Ania, Jean-Philippe Girard. « C’est une mentalité terrible. Nous devrions au contraire jouer sur la qualité, l’origine… Nous devons travailler sur une agriculture de qualité mais plus compétitive. Et que toute filière s’organise autour de cet objectif », a-t-il déclaré en conclusion de cette matinée d’échanges.Il aura l’occasion de poursuivre ces réflexions jeudi avec le ministre de l’Économie, Emanuel Macron, puisqu’il est atten

Seuls les utilisateurs inscrits peuvent ajouter des messages sur le forum