Approche pratique des diarrhées des porcelets sous la mère et sevrés: contrôle de l’ambiance, hygiène et désinfection

Parfois parce qu’il en est directement la cause ou pour connaître les facteurs aggravant ou prédisposant d’un problème digestif sanitaire, il convient d’auditer de manière la plus complète pos...
Lundi 2 Janvier 2006 (il y a 11 ans 7 mois 14 jours)

Parfois parce qu’il en est directement la cause ou pour connaître les facteurs aggravant ou prédisposant d’un problème digestif sanitaire, il convient d’auditer de manière la plus complète possible l’environnement du porcelet.

Dans cet article, nous essaierons donc de lister de manière la plus exhaustive possible et de façon synthétique les points critiques à observer pour les pathologies néonatales et après sevrage.

1- Les facteurs de risque liés au bâtiment et à l’ambiance

Le confort du porcelet à la naissance et dans les heures qui suivent est essentiel car il va conditionner la qualité de la prise colostrale garant d’une immunité optimale. La gestion de la ventilation dans les maternités est primordiale et doit assurer à la fois une température d’ambiance raisonnable pour le confort de la mère (18°C) et une température du nid à porcelets de 30 à 32°C. De la même façon, il est important que le porcelet ne se refroidisse pas trop vite après la naissance en le séchant avec une poudre antiseptique, en utilisant les lampes IR et des tapis jetables à l’arrière de la truie.

En post-sevrage, plusieurs caractéristiques de structure des salles vont favoriser l’apparition de diarrhées telles que la taille des cases, la densité, la qualité de l’air, la puissance de chauffage (cf. tableau 1).

2- Les facteurs de risque liés à l’alimentation

La qualité de l'aliment (présence de mycotoxines, taux de protéines…) et le rationnement des truies en gestation et après mise-bas doivent être audités. Qu’il soit excessif ou insuffisant, l’état « hors normes » des truies à l’entrée en maternité prédisposera au risque de diarrhée néonatale. L’alimentation solide ou liquide inadéquate (en terme de quantité ou qualité) augmentera le risque de congestion mammaire et d’hypogalactie.

En post-sevrage, le respect des normes zootechniques est indispensable au maintien de l’intégrité digestive. Le niveau de prise alimentaire solide (et liquide) dans la semaine qui précède et celle qui suit le sevrage doit être le plus haut possible (cf. tableau 1) et conditionnera les performances techniques de ce poste (cf. tableau 2).

Tableau 1 : Les facteurs de risque des désordres digestifs en post-sevrage : facteurs liés au bâtiment, à l’ambiance, à l’alimentation et à la conduite d’élevage (d’après Madec et Verstegen 2002)
Facteur de risque Relation avec la pathologie
Quantité d’aliment consommé la semaine avant sevrage < 470 g Facteur de risque
Qualité de l’air satisfaisante (NH3<10 ppm, CO2<0,15%, vitesse d’air<0,10 m/s…) Facteur protecteur
Température < 28°C la semaine suivant le sevrage (sevrage 4 semaines) Facteur de risque
Température < 27°C la 2ème semaine suivant le sevrage Facteur de risque
Respect des normes d’abreuvement (1 point d’eau /13-15 sujets) et d’alimentation solide (8 cm de nourrisseur/sujet) Facteur protecteur
Quantité d’aliment consommé la semaine suivant le sevrage > 1700 g Facteur protecteur
Age au sevrage > 28 j Facteur protecteur
Poids de sevrage > 9 kg Facteur protecteur
Nombre de portées par case > 4 Facteur de risque
Nombre de porcelets par case < 13 Facteur protecteur
Densité <3/m² Facteur protecteur

Tableau 2 : Influence du GMQ effectué dans la semaine suivant le sevrage sur la croissance ultérieure des porcs (d’après Tokach et al. 1997)
GMQ de la semaine suivant le sevrage Poids 49 j Poids 77 jours Poids 177 jours Age à 110 kg
<0 14,7 kg 30,1 kg 105,3 kg 183,3 j
0-150 g 16 kg 31,8 kg 108,1 kg 179,2 j
151-227 g 16,9 kg 32,5 kg 111,2 kg 175,2 j
>228 g 18,1 kg 34,7 kg 113,3 kg 173 j

3- Les facteurs liés au porcelet et sa mère

En maternité, la bonne santé de la mère (état général, circulation virale type SDRP, adaptation des cochettes) et le strict respect du programme vaccinal (qualité et rythme des injections) va contribuer à limiter l’incidence des pathologies néonatales par l’enrichissement en immunoglobulines du colostrum et par la vitalité même des issues (temps d’accès aux mamelles après la naissance). L’usage inadéquat d’hormones pour déclencher ou intervenir en cours de mise-bas doit être analysé.

Le poids (>9 kg vs <9 kg) et l’âge élevé au sevrage (>28j vs <28j) sont des critères protecteurs face au risque de diarrhée de sevrage. Bien en entendu le niveau sanitaire du poste contribue ou non lui aussi à ce risque.

4- Les facteurs liés à la conduite de l’allotement

L’allotement est un enjeu majeur pour la bonne conduite du porcelet. En maternité, il est toujours recommandé de respecter un certain nombre de règles de base tel :

- le respect de la fenêtre 12-48 h après la naissance permettant l’assurance d’une tétée colostrale suffisante de la mère de naissance et la limitation des mélanges de porcelets de statuts trop différents.

- le respect des adoptions par parité

- le refus de mélanger les porcelets de bandes différentes

Après le sevrage, il a été montré que le mélange de plus de 4 portées dans la même case et le nombre de porcelets par case étaient des facteurs à risque (cf. tableau 1).

5- Les facteurs liés à l’hygiène

En maternité comme en PS, la maîtrise de l’hygiène est un challenge important à relever. Plusieurs points d’hygiène doivent être régulièrement contrôlés tels que le matériel et les locaux (hygiène des tapis mise-bas, raclage bi quotidien des déjections à l’arrière de la truie, hygiène des cases et des couloirs voire des fosses), l’eau de boisson (qualité bactériologique et conformité des traitements), la truie (douche avant l’entrée en salle de maternité).

Concernant les locaux, la réalisation de contrôles de désinfection est une aide précieuse pour la validation des procédures de nettoyage.

Conclusion:

Il est bien évident qu’il est difficile de synthétiser dans cet article l’ensemble des points critiques à étudier lors de problème digestif en maternité ou en post-sevrage.

En tout état de cause, il ne faut pas oublier que les deux sont très étroitement corrélés et que les problèmes digestifs observés en maternité prédisposent largement aux diarrhées après sevrage (cf. schéma 1). Effectivement donc, les deux pathologies sont à aborder le plus souvent dans leur ensemble.

Schéma 1 : Conséquences cliniques des diarrhées néonatales (d’après Wagner 1999)
En lactation
(600 porcelets)
Porcelets à diarrhées
(120 soit 20%)
Porcelets sans diarrhée
(480 soit 80 %)
En PS
Rechute de diarrhée
(12 sujets)
Pas de rechute
(108 sujets)
Diarrhée
(48 sujets)
Pas de diarrhée
(432 sujets)
Engrt GMQ 650 g 700 g 750 g 800 g
Porcs vendus 8 106 44 428
Mortalité par classe 66% 2% 10% 1%

Dr Arnaud Lebret. Groupe Chêne Vert. France.

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