Comment savoir si on a réussi à stabiliser un troupeau reproducteur vis-à-vis du SDRP ?

Il existe actuellement beaucoup de techniques pour contrôler l'infection due au virus du Syndrome dysgénésique et respiratoire porcin (SDRP). Parmi celles-ci, on trouve l...
Lundi 5 Septembre 2005 (il y a 12 ans 3 mois 6 jours)

Il existe actuellement beaucoup de techniques pour contrôler l'infection due au virus du Syndrome dysgénésique et respiratoire porcin (SDRP). Parmi celles-ci, on trouve l'acclimatation des primipares, la vaccination de masse des reproducteurs et le vide des élevages, entre autres. Mais comment pouvons-nous savoir si la ou les stratégie(s) que nous avons mises en place sur notre troupeau ont été efficaces pour contrôler l'infection par le SDRP ? Autrement dit, avons-nous obtenu la stabilisation du troupeau reproducteur ?

Commençons par définir ce qu'est un troupeau stable. Un troupeau stable est celui qui ne présente pas de signes cliniques (avortements, augmentation de la mortalité des reproducteurs et porcelets en maternité, augmentation du pourcentage de momifiés et mort-nés, etc.), avec une production stable et qui produit des animaux négatifs au moment du sevrage.

Stratégies de diagnostic pour vérifier la stabilité du troupeau

On recommande actuellement trois stratégies de diagnostic pour vérifier la stabilité du troupeau reproducteur. Rappelons que selon la ou les technique(s) utilisée(s), la stabilité du troupeau peut être atteinte entre 4 mois à un an après l'émergence du virus ou la mise en oeuvre de ou des technique(s) préconisées.
Il est aussi important de rappeler que si nous avons obtenu la stabilité du troupeau, les porcelets sevrés sont négatifs en SDRP, c'est pourquoi il est nécessaire de mettre en œuvre des mesures de prévention en engraissement sinon ces animaux indemnes de SDRP seront à nouveau exposés au virus et présenteront des problèmes cliniques graves.

1. Assurer que les animaux sevrés sont indemnes de SDRP

Pour cela nous devons prélever pendant 4 à 6 semaines au moins 30 porcelets par semaine (avec un intervalle de confiance de 95% et une prévalence > 10%). Les animaux intéressants à échantillonner sont ceux qui seront sevrés la semaine de prélèvement puisque ce sont eux qui ont eu le plus long contact avec la truie en maternité et ils ont la plus grande probabilité d'avoir été contaminés par le SDRP. Ceci nous assurera la détection de truie virémique ou chroniquement infectée et qui excrète encore le virus.
Une autre population importante à considérer dans cet échantillonnage sont les animaux qui naissent faibles, les retardés ou qui présentent des signes cliniques ne répondant pas aux traitements antibiotiques. Pour s'assurer que l'échantillon est approprié, ces animaux doivent provenir de différentes portées.
Le sérum de ces porcelets peut être mélangé par pool de 5 et devra être envoyé pour recherche de SDRP par nested PCR ou par PCR en temps réel, puisque étant des porcelets issus de truies positives, dans leur majorité, ils seront sérologiquement positifs. Une fois que l'échantillonnage de ces 4 à 6 semaines est négatif, nous pouvons passer à la seconde étape de diagnostic.

2. Introduction de sentinelles négatives en SDRP

On conseille d'introduire 1 sentinelle pour 100 truies dans le troupeau. Ces animaux doivent provenir d'un troupeau indemne, négatif en SDRP. Généralement, ces sentinelles sont des animaux castrés ou des truies rejetées par le processus de sélection génétique. Les sentinelles doivent être en contact direct (nez avec nez) avec tous les animaux du troupeau. Normalement on leur permet de passer par les couloirs pendant la journée et ils sont confinés durant la nuit pour éviter des bagarres ou la destruction des installations.
Ces animaux doivent être prélevés tous les 15 jours pendant 2 mois et le sérum doit être envoyé pour diagnostic sérologique. Si les animaux s'avèrent positifs dans l'un quelconque des échantillons ils doivent être immédiatement isolés.
Si tous les sérums sont négatifs, le dernier prélèvement doit être envoyé pour un diagnostic sérologique, mais aussi pour nested PCR ou pour PCR en temps réel. Et ceci pour couvrir l'intervalle de 10 à 14 jours qui existe entre le premier contact du virus avec une sentinelle et la production d'anticorps décelables par le test d'ELISA. Nous devons finalement mettre en oeuvre le troisième outil diagnostique

3. Prélèvement d'organes d'au moins de 10 à 15 animaux de réforme du troupeau reproducteur

Ici, on recommande de prendre des animaux qui ont présenté des signes cliniques de SDRP. Ces animaux devront être abattus et on doit prélever des échantillons d'amygdales et de la majorité des ganglions (les ganglions rétropharyngien, bronchiques et les inguinaux sont ceux les plus recommandés).
Le laboratoire d'analyse doit alors tester ces prélèvements en SDRP par nested PCR ou par PCR en temps réel.

Si ces trois épreuves diagnostiques sont négatives, nous avons une forte probabilité d'avoir obtenu la stabilité des reproducteurs.

C'est alors le moment de décider si nous voulons continuer avec le programme de contrôle établi ou si nous voulons procéder à l'éradication du SDRP du troupeau. Il est important de rappeler que cette décision dépendra de la possibilité de disposer d'une source de renouvellement indemne de SDRP, semence et cochettes, de la situation géographique de l'élevage et des mesures effectives de bio-sécurité qui peuvent être mises en oeuvre dans l'élevage et dans le transport pour éviter la réintroduction latérale du SDRP.

Laura Batista. Université de Montréal. Québec-Canada

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