Diagnostic des diarrhées néonatales du porcelet

Les bactéries Colibacillose n...
Lundi 28 Novembre 2005 (il y a 12 ans 14 jours)

Les bactéries

Colibacillose néonatale
Les colibacilles

Naturellement présents dans l’intestin, il faut caractériser les colibacilles entérotoxinogènes par leur(s) adhésine (s) qui permettent l’adhérence de la bactérie aux villosités intestinales et les gènes qui codent la production d’entérotoxines.
Diagnostic des entérites colibacillaires néonatales

L’hémolyse des souches de colibacilles sur gélose au sang de mouton est présomptif de son pouvoir pathogène mais n’est pas suffisant car de nombreuses souches entérotoxinogénes ne sont pas hémolytiques.
La méthode la plus répandue consiste à rechercher la présence des adhésines à l’aide de sérums agglutinants spécifiques.
PCR pour les toxines Sta, Stb, Lt
Cette technique n’est pas malheureusement parfaite car le résultat est tributaire de la qualité des sérums utilisés ou des conditions de culture en particulier pour F41 ou 987P qui nécessitent des milieux non disponibles en routine. Enfin la présence d’une adhésine ne signifie pas que la souche possède le matériel génétique nécessaire à la production de toxines.
Une analyse complémentaire par PCR ( Polymérase chain réaction) permet de mettre en évidence des adhésines ( K88, 987P, K99, F41) et les gènes produisant des entérotoxines (Sta, Stb, Lt).
Entérite due à C. perfringens type C
Les Clostridiums

Clostridium perfringens

Comme les colibacilles, les Clostridiums font partie de la flore intestinale normale des porcelets. Les C.perfringens impliqués dans la diarrhée néonatale sont C.perfringens biotype A producteur d’une toxine alpha et biotype C producteur d’une toxine alpha et bêta. Ces dernières années, les outils moléculaires ont mis en évidence un nouveau gène codant la production de toxine bêta 2 pour ces 2 biotypes.
Diagnostic des entérites à C. perfringens

Culture de C. perfringens
Après isolement sur gélose spécifique, l’identification peut se faire par la méthode PCR par la mise en évidence des gènes codant la production de toxines sans pouvoir conclure à la présence de toxines dans l’intestin.

Il est donc indispensable de détecter la présence de toxines. L’utilisation de kit ELISA permet de mettre en évidence les toxines alpha et bêta dans le contenu intestinal précisant ainsi l’implication de ces bactéries dans la diarrhée. On peut simplement regretter l’absence de kits ELISA pour la recherche de la toxine Béta2


Clostridium difficile
Depuis quelques années, on parle de plus en plus du rôle de C.difficile comme agent responsable des diarrhées néonatales. L’absence de solutions thérapeutiques éprouvées ne permet pas aujourd’hui de mieux définir son rôle dans la diarrhée néonatale du porcelet..

Diagnostic des entérites à C. difficile
Œdème du mesocolon chez un porcelet de 48h

La culture de C.difficile est assez difficile et présente peu d’intérêt. La meilleure analyse est de quantifier la présence de toxines dans les fèces à l’aide de kits ELISA utilisés en médecine humaine et de confronter le résultat aux observations relevées à l’autopsie ( typhlocolite, œdème du mésocolon, ascite …).
2 toxines sont produites par cette bactérie, une toxine A se comportant comme une entérotoxine et une toxine B agissant comme une cytotoxine.
Les virus

Rotavirus et Coronavirus sont des virus impliqués dans les diarrhées du porcelet.. On n’oubliera pas le virus du SDRP qui peut favoriser l’apparition de désordres digestifs ou le circovirus 2 dont l’implication reste encore à définir.

Diagnostic des entérites à rotavirus

Plusieurs techniques pour mettre en évidence le virus dans les fèces sont disponibles pour mettre en évidence la présence de Rotavirus. La détection de l’antigène est très facile à réaliser à l’aide de kit ELISA. La technique d’immuno -peroxydase (IPX) est aussi une alternative.
Le recours à la PCR pourrait présenter l’avantage de quantifier le nombre de particules virales dans un échantillon.

Diagnostic des entérites à coronavirus

C’est l’agent infectieux responsable de la gastro-entérite transmissible ( GET) qui a quasiment disparue en Europe, et la diarrhée épidémique porcine ( DEP) fréquemment présente dans les élevages.

La mise en évidence par immuno-peroxydase est la meilleure alternative actuellement en l’absence de kit ELISA pour la détection de l’antigène. La PCR, comme pour les rotavirus, pourrait être une alternative intéressante

L’histologie

L’observation microscopique de l’épithélium intestinal est un élément essentiel au diagnostic et devrait être systématiquement réalisée à partir de prélèvements animaux représentatifs et plus particulièrement pour confirmer les résultas des différentes analyses mis en œuvre.

On n’insistera jamais assez sur le fait que les examens de laboratoire ne sont qu’une aide au diagnostic nécessitant des prélèvements représentatifs et un dialogue avec les interlocuteurs de l’élevage pour ajuster au mieux les moyens diagnostics mis en œuvre.

Jean Le Guennec. Directeur du Laboratoire Labofarm - Loudéac (France)

Opinion des experts

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