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Diagnostic différentiel des diarrhées chez les porcelets sous la mère.

La diarrhée est la maladie la plus fréquente chez les porcelets sous la mère. Les erreurs de conduite d'élevage, le manque d'hygiène et les mauvaises condition...
Mercredi 18 Juin 2003 (il y a 14 ans 2 mois 2 jours)
La diarrhée est la maladie la plus fréquente chez les porcelets sous la mère. Les erreurs de conduite d'élevage, le manque d'hygiène et les mauvaises conditions d'ambiance en salle de mise-bas peuvent la déclencher et c'est alors qu'interviendront un ou plusieurs agents infectieux agissant à la faveur de ces causes prédisposantes.

La diarrhée provoque des pertes supportables quand les conditions d'élevage sont correctes mais elle peut aussi tuer ou retarder un nombre important de porcelets.

Le diagnostic différentiel doit permettre de trouver la solution au problème en en recherchant la cause. L'attitude à avoir ne doit pas consister à seulement envoyer des échantillons au laboratoire car le diagnostic commence par une observation attentive des facteurs déclenchants.

Par exemple, un pourcentage élevé de diarrhées est provoqué par une hypogalaxie ou une agalaxie chez les truies dont l'origine peut être variée. Il est ainsi fréquent qu'en été, apparaissent des diarrhées touchant quasiment toutes les portées dans les élevages ne disposant pas de réfrigération ou de climatisation dans les salles de mise-bas et dont l'origine est l'hypogalaxie générée par la consommation insuffisante d'aliment dûe à l'excés de chaleur. Le laboratoire isolera Escherichia coli et concluera à une diarrhée colibacillaire mais celle-ci ne pourra être corrigée par un traitement spécifique puisque la cause initiale n'est pas la colibacillose et puisque celle-ci n'est que la conséquence de l'hypogalaxie des truies. Le contraire peut bien sûr arriver : la faiblesse des porcelets provoquée par le froid ou une infection congénitale dûe au virus SDRP ou d'autres facteurs conduisent à ce que les porcelets ne têtent pas assez et souffrent ainsi d'une diarrhée secondaire.

Le diagnostic des diarrhées des porcelets sous la mère commence donc sur l'élevage. Comme dans presque tous les problèmes, le laboratoire est un support, quelque fois indispensable, du travail préalable dans l'élevage.

Les agents étiologiques pouvant provoquer des diarrhées chez les porcelets sous la mère sont très variés. Dans la majorité des cas, l'agent en cause est Escherichia coli. Sauf à de très rares exceptions près, la colibacillose est une conséquence des erreurs déjà citées de conduite de l'élevage, d'hygiène ou de conditions d'ambiance.
On retrouve toujours Escherichia coli dans les fécés de porcelets et si le diagnostic est porté uniquement à partir de son isolement en essayant de contrôler la diarrhée seulement avec des antibiotiques (même avec un antibiogramme), la seule chose que l'on obtiendra en fin de compte sera de sélectionner une flore colibacillaire résistante aux antibiotiques et de l'aggraver. Au laboratoire, nous rencontrons de plus en plus de souches résistantes avec des résistances à un spectre de plus en plus large d'antibiotiques.

Une diarrhée habituellement cliniquement facile à diagnostiquer est l'entérite nécrosante du porcelet sous la mère provoquée par Clostridium perfringens type C, typique des élevages avec de mauvaises conditions d'hygiène bien que l'on puisse la rencontrer dans des élevages aux conditions acceptables. La bactérie se trouve dans les fécés des truies saines et colonise l'intestin du porcelet normalement sans causer de problèmes. Elle produit une toxine ß, sensible à la trypsine, qui n'agit qu'au moment où les porcelets ingèrent du colostrum car celui-ci contient des inhibiteurs de cette enzyme. Elle provoque une diarrhée , très souvent sanguinolente, touchant les porcelets de 1 à 4 jours avec une mortalité proche de 100 %.

Une clostridiose plus fréquente est la diarrhée récurrente des porcelets sous la mère et des porcelets sevrés provoquée par Clostridium perfringens de type A, qui produit la toxine alpha. Il y a production de fécés cremeuses blanchâtres ou jaunâtres , parfois avec des bulles de gaz, qui souillent le périné des porcelets ; cette affection entraîne un retard de croissance considérable des porceles. En lactation, cela n'affetcte que les porcelets issus de truies n'ayant pas de quantité suffisante d'anticorps spécifiques dans le colostrum et dans le lait, généralement des primipares

La coccidiose donne un tableau clinique similaire : diarrhée pâteuse jaunâtre ou grisâtre entrainant une souillure du périné et un retard de croissance. Elle affecte normalement des porcelets de plus de 5-7 jours de vie.

Parmi les gastro-entérites virales, la gastro-entérite transmissible est particulièrement rare en Espagne. Elle ne passe pourtant pas inaperçue car, quand elle affecte pour la première fois un élevage, elle provoque une mortalité de 100? % chez les porcelets de moins de 15 jours. Cet taux de mortalité est inversement proportionnelle à l'âge.

La diarrhée épidémique porcine de type II est beaucoup moins commune en Espagne que celle de type I qui n'affecte pas les porcelets allaitants. Elle ne pass pas non plus inaperçue car quand elle apparaît pour la première fois dans un élevage elle touche les porcs de tous les âges et peut provoquer chez les porcelets sous la mère des mortalités supérieures à 50 %.

Les infections à rotavirus sont enzoootiques. En général, les truies ont suffisamment d'anticorps pour protéger leur portée et ainsi les infections sont souvent subcliniques. La diarrhée à rotavirus touche les porcelets à partir de 7 jours de vie et , sans complications, il s'agit d'une diarrhée légère durant 2-3 jours avec production de fécés blanches ou jaunâtres de consistance aqueuse seulement dans les cas les plus graves.

Sur le terrain, le tableau clinique, les lésions macroscopiques et l'épidémiologie doivent orienter le diagnostic. Cependant, pour obtenir un diagnostic exact, le laboratoire sera souvent nécessaire. Pour qu'il puisse faire correctement son travail, il est indispensable qu'il reçoive les échantillons adéquats tant quantitativement que qualitativement.

Etant donné que les techniques à utiliser sont très varieés, le mieux est, devant un problème grave, de parler avant avec le laboratoire pour déterminer quels échantillons et combien d'échantillons sont nécessaires. Dans le cas contraire, nous nous trouverons toujours avec un diagnostic de colibacillose parce que Escherichia coli sera le germe de sortie dans toute diarrhée du porcelet sous la mère.

Pedro Rubio Nistal. Faculté Vétérinaire. Université de León. Espagne

Opinion des experts

Le contrôle des infections streptococciques31-Mai-2003 il y a 14 ans 2 mois 20 jours

Commentaires de l'article

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pepeer35Autres28-Mar-2014 (il y a 3 ans 4 mois 23 jours)

connaissez-vous le vaccin sunsen, j'essaie d'avoir des infos mais rien sur ce produit. je voius remercie

seb

emmanuel25-Oct-2016 (il y a 9 mois 26 jours)

je voudrais avoir des informations

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