Eradication du SDRP : un rêve ou une occasion perdue ?

Depuis 1987, le virus du syndrome dysgénésique et respiratoire porcin (SDRP) a miné la productivité porcine au niveau mondial, sa rentabilité et l'état...

Mardi 1 Mars 2011 (il y a 6 ans 8 mois 19 jours)


Depuis 1987, le virus du syndrome dysgénésique et respiratoire porcin (SDRP) a miné la productivité porcine au niveau mondial, sa rentabilité et l'état d'âme de beaucoup de producteurs. Pendant plus de 20 ans, on a débattu sur l'origine du SDRP, mais son «ascendance » continue d'être une inconnue.
Il touche apparemment seulement le porc. Ce qui continue d'être certain c'est que le virus du SDRP trouve constamment la façon pour surmonter nos meilleurs efforts de biosécurité. Le SDRP suit son cours avec une succession incessante de changements antigéniques qui font que les vaccins actuels et d'autres techniques de contrôle ont une valeur fiugace.




Tout au long des 20 dernières années beaucoup d'améliorations ont été réalisées dans les systèmes de biosécurité et l’échelon des élevages de reproduction a mis en place des élevages indemnes et a démontré que l'on peut les maintenir indemnes de SDRP quand on applique des normes strictes et quand les élevages sont isolés des autres installations de production de porcs.
On ne sait pas quelle est la distance de séparation idéale, mais plus la séparation est grande entre les élevages porcins, plus les avantages sont importants. À partir d'expérience documentée, il semble que l'on puisse arriver à produire l'introduction du SDRP par voie aérogène depuis des distances de 2,5 milles. Dans les endroits où la densité porcine est plus importante, cette distance peut être facilement dépassée.
Bien sûr, de grandes populations de porcs en croissance positifs au SDRP représentent un risque important pour tout élevage, que ce soit un élevage positif ou un élevage négatif en SDRP.

Souvent, si les stratégies de gestion ne réussissent pas à contenir et à contrôler un agent pathogène, de nombreuses études expérimentales sont mises en place. Cela a été fait à maintes reprises tout au long des années avec l’objectif de contrôler le SDRP : la filière porcine a fait le tour de nombreux plans de vaccination, de vaccins commerciaux et d’autovaccins, des inoculations de sérum, de l'exposition naturelle et d’un tas de plans d'introduction génétique et autres stratégies. Comme cela arrive avec beaucoup d’autres agents pathogènes viraux, il existe un seuil naturel pour l’immunité d’une grande population qui dans le cas du SDRP élimine souvent le virus de petits élevages même si on maintient sur le site les porcs en engraissement. Cette même progression immunologique après l’introduction d’un nouvel isolat dans un élevage ou dans un système d’élevages nous trompe souvent en nous faisant croire que les interventions de biosécurité ont eu du succès alors qu’en réalité le responsable de l’amélioration observée est la réponse de la population à l’immunité naturelle. Le système de mise-bas par lots sur un planning de une ou deux fois par an est un outil naturel d’élimination pour le petit producteur en faisant que le virus ne « s’acquiert » pas de façon répétée par la semence ou par les renouvellements de cheptel.

Le tableau suivant montre que l’intérêt économique de l’éradication du SDRP d'un pays, d'un système ou d'un élevage est significatif par rapport à l'éradication du virus de la maladie d’Aujeszky ou pseudo-rage (PRV) et de la bactérie Mycoplasma hyopneumoniae. Quand on compare les trois agents porcins d'intérêt économique, la différence significative est que l'éradication du PRV a eu un appui généralisé de la part des organisations de producteurs de porcs, de l'état et des associations locales, ainsi que du gouvernement fédéral. Les vaccins contre le PRV ont été extrêmement efficaces et l'attrait des augmentations significatives des exportations a facilité cet appui. Bien que la vaccination comme outil d'éradication ne soit pas actuellement viable pour le SDRP, les pénuries économiques et une volonté d'améliorer la productivité et de diminuer les coûts de production ont ravivé l'intérêt pour l'éradication du SDRP aux États-Unis et au Canada

Tabla: Comparación de PRRS y Mycoplasma con PRV, explorando criterios potenciales para la consideración nacional de la eliminación del PRRS.

Critères à prendre en compte pour l'éradication d'une maladie Mycoplasma SDRP PRV
Viabilit-é biologique et technique
Agent étiologique Bactérie Virus Virus
Autres espèces touchées Non Non Oui
Outils d'intervention efficaces Oui Non Oui
Vaccins efficaces Oui Mínima Oui
Diagnostic simple et pratique Oui Oui Oui
Surveillance mesurable Au niveau de l'élevage Au niveau de l'élevage / la zone National / Différentiel
Stratégies de terrains démontrées Mínima Oui Oui
Modes de transmission dans la zone connus Oui Incomplet Oui
Coûts et bénéfices
Economie annuelle estimée de la filière $200,000,000 $800,000,000 $40,000,000
Bénéfices collatéraux Maladie chronique Maladie chronique / Mortalité Exportations facilitées
Bénéfices immatériels Bien-être Bienestar/Moral Autres espèces
Financement externe Aucun Aucun /budgets de recherche Programme national
Amélioration de la biosécurité Isolement / stock b Isolement / stock b/semence/transport/filtration Isolement / stock b
Considérations industrielles et politiques
Engagement de la filière porcine Aucun Mínimum / En développement Fort
Interêt politique Aucun Faible Fort
Programme national Non Non Oui
Prévisions d'indemnisation Aucune Aucun Oui
Appui de la filière/ gouvernement/ Aucun Aucun Fort
Associés et défenseurs communs Aucun AASV, NPB, filière du stock B, universités clés AASV, NPB, NPPC, gouvernements des états et fédérall, asociations des états


Elimination locale et régionale du SDRP

L'élimination du SDRP dans les systèmes multisites est devenue un processus standard, particulièrement dans les exploitations qui partagent les phases 1 et 2.

Les élevages sans signe clinique ayant un bon historique et une surveillance diagnostique peuvent le faire par voie rapide grâce à des éliminations cycliques. Dans ce cas, le cheptel de renouvellement négatif en SDRP peut être introduit dans l'élevage qui, en guise de contrôle, est fermé 60 à 90 jours à l'arrivée des nouveaux animaux. Si les contrôles continuent à être négatifs pendant 60 jours, l'élevage est à nouveau ouvert avec un niveau de renouvellement normal avec des animaux négatifs.
Diverses variantes de ce plan de base ont été couronnées de succès; chacun dépend de la connaissance spécifique de l'élevage et du niveau d’engagement de l’éleveur.

Les élevages avec des épisodes cliniques actifs doivent être fermés à toutes les introductions pendant des périodes plus longues avant d'autres contrôles pour que l'élimination soit satisfaisante.
Le temps exact de fermeture nécessaire pour obtenir un bon résultat dépend de la taille de la population, de la stratégie d’élevage des porcelets, de la répartition des mises-bas, de l’engagement de l’éleveur et peut-être des caractéristiques du virus spécifique présent. La fermeture pendant deux cents jours après les derniers symptômes cliniques jusqu'à l'ajout du premier contrôle a été un bon point de référence ou objectif pour l'élimination cyclique dans des élevages "actifs".

Beaucoup de variantes de la méthode d’élimination cyclique du SDRP ont été appliquées avec succès et elles sont d’autant mieux réalisées que l'on connaît l'élevage et ses limites.
Beaucoup de ces différentes méthodes sont publiées dans des comptes-rendus de congrès et des revues vétérinaires spécialisées. Des plans d’éliminations régionales ont réussi tout autant que les plans dans différentes exploitations à sites multiples de grande ou de moyenne taille. Beaucoup d'élevages isolés autant avec 1 site qu'avec 2 sites ou en flux continu qui ont été fermés aux entrées génétiques extérieures sont restés négatifs en SDRP pendant des années.


Élimination du SDRP au niveau national

Ce dont on a besoin pour une éradication satisfaisante au niveau national peut se résumer en quelques points.

• Le premier et le plus important est un engagement majoritaire des éleveurs et de leurs organisations représentatives.
Renouvellement par des verrats / semences et des truies négatives en SDRP.
• Une série de plans et de programmes nationaux organisés par les éleveurs qui prennent en compte les zones géographiques (états, provinces, cantons…) en se basant sur la situation et l'activité du SDRP
• Des plans de nettoyage d'élevages individuels et des échéances suivies avec une action coordonnée.
• Communication entre les personnes impliquées.
• Restrictions éventuelles du mouvement des porcs selon l'état du SDRP dans les zones.


Alors que la vaccination a été essentielle dans le programme de l'éradication du PRV, ce n'est pas quelque chose de nécessaire pour le SDRP. Une vaccination qui réduirait universellement la propagation en fournissant une protection croisée entre les nombreuses combinaisons génétiques des virus serait d'une grande aide pour le contrôle mais pas nécessaire pour l'éradication. Il y a une grande différence dans l'écologie naturelle des deux virus.
Le PRV est un virus ADN très stable qui survit facilement autant à l'intérieur qu'à l'extérieur du porc. Les porteurs vivants du virus permettaient un retour périodique pour recontaminer et c'était fréquent avec le PRV.
Ce n'est pas pareil avec le SDRP où il n'y a pas de vrais porteurs. Le SDRP est extrêmement et rapidement instable en dehors du porc et en permanence inactivé par le soleil, la sécheresse, la chaleur et la plupart des désinfectants
Le virus profite du changement de son aspect antigénique pour trouver,entre-temps, de nouveaux porcs sensibles. Il y a beaucoup d'exemples de réussite d'élimination dans la filière mais ils n'ont pas servi de modèle pour l’éradication au niveau national.
Par rapport à l'environnement économique actuel, un programme d'radication national devrait être à nouveau considéré comme une occasion à saisir pour améliorer significativement les performances, réduire les investissements et améliorer notre compétitivité mondiale et le potentiel des exportations depuis la récession.
Aux USA, il est nécessaire de réduire la taille des élevages de truies pour retrouver la rentabilité du marché.
La fermeture des élevages et l'élimination cyclique du SDRP peut apporter cela en améliorant énormément l'économie de production de l'élevage et alors que le marché mondial retrouve l'équilibre.

R.B. Baker, Iowa State University. USA

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