Étude et contrôle de la pathologie séminale du porc

Les verrats d'un centre d'insémination couvrent une large partie des truies saillies. Avec les systèmes traditionnels d'insémination artificielle, un verrat peut effectu...
Vendredi 22 Septembre 2006 (il y a 10 ans 10 mois 25 jours)

Les verrats d'un centre d'insémination couvrent une large partie des truies saillies. Avec les systèmes traditionnels d'insémination artificielle, un verrat peut effectuer entre 350 à 800 saillies/an et toute défaillance non détectée à l'avance peut avoir des répercussions très négatives sur la productivité de l'élevage.

Un choix de techniques complémentaires

Pour obtenir un diagnostic immédiat du degré de fertilité de l'éjaculat, nous devons nous appuyer sur différentes techniques d'évaluation séminale développées en laboratoire. La technique idéale pour une utilisation courante doit remplir les conditions suivantes: rapide, objective, simple et précise. Réunir toutes ces qualités en une seule technique est impossible, c’est pourquoi nous devons nous appuyer sur plusieurs techniques qui, interprétées conjointement, nous permettent d'effectuer un diagnostic précis. Sánchez et al. (1992) ont établi un tableau de paramètres combinés qui permettent une classification des éjaculats avec laquelle on obtient un accroissement de 63 porcelets de plus pour 100 saillies effectuées.

Des altérations aux conséquences variables

Le degré de modification que peut subir la semence peut être très variable et avec aussi une répercussion très différente. Il est possible que seul le rendement quantitatif de la semence soit altéré mais qu’elle soit parfaitement utilisable, alors que dans d'autres cas le spermatozoïde ou le plasma séminal subissent des modifications qui ne permettent pas de délais prolongés de conservation ; dans d'autres cas, la capacité fécondante est affectée en diminuant ainsi les résultats de reproduction.

On peut distinguer les états suivants de pathologie séminale :

  • Diminution du nombre de spermatozoïdes dans l'éjaculat, par une baisse du volume ou de la concentration spermatique. Les spermatozoïdes sont totalement mûrs et avec un pouvoir fécondant mais la fertilité est altérée si le nombre de spermatozoïdes par éjaculat n'atteint pas un minimum de spermatozoïdes par dose (3 x109 spermatozoïdes) ; quand on dépassera ces concentrations, cela entraînera simplement un problème de performance du centre d'insémination. La situation la pus fréquente qui découle de cette baisse de concentration spermatique est l'augmentation du nombre de récoltes liée à une diminution immédiate de volume et de la concentration (Levis, 1986).
  • Altération du spermatozoïde qui rend impossible la fécondation, pouvant affecter l'éjaculat totalement ou partiellement et en provoquant des défaillances en gestantes avec un accroissement des retours en chaleurs.
    Les spermatozoïdes peuvent avoir un degré d'immaturité (anomalies morphologiques) ou bien la cellule spermatique peut subir une détérioration de sa structure cellulaire (membrane plasmatique, acrosome, formation d'agglutinations ou de précipitations, inhibition de la motilité) que ce soit par des modifications du plasma séminal ou par des agressions extrinsèques effectuées lors de manipulation en laboratoire d'insémination. Il a pu être vérifié que des inséminations effectuées avec des spermatozoïdes au degré différent de maturité, déterminent des différences de développement et de viabilité embryonnaire qui entraînent de la mortalité embryonnaire avec en conséquence une réduction de taille de la portée.

Spermatozoïde avec la queue en fouet
Agglutination spermatique
Spermatozoïde sans queue

Des techniques très pointues

L'utilisation de techniques microscopiques ou de tout autre type (tableau 1) pour évaluer et classer les éjaculats destinés à réaliser des doses séminales, est fondamentale pour atteindre de bons résultats de fertilité.
Dans le domaine de la recherche, les travaux utilisant les fluorochromes sont de plus en plus fréquents et nous permettent d'effectuer des études objectives très précises sur l'état des différentes structures cellulaires du spermatozoïde (membrane plasmatique, acrosome, condensation chromatique).

On obtient aussi des avancées très importantes dans l'utilisation de programmes informatiques qui permettent d'analyser des images microscopiques, en permettant de quantifier précisément des champs d’observation où on étudie la motilité, la morphologie spermatique ou des spermatozoïdes teints de différents colorants ou de fluorochromes.

Les cytomètres de flux sont des équipements qui malgré leur coût élevé, sont de plus en plus utilisés dans les laboratoires qui travaillent la semence et permettent des études très précises de populations spermatiques à partir d'un nombre très important de cellules.

Tableau 1 : Techniques d'examen pour évaluer la qualité de la semence de verrat

Macroscopiques Biochimiques
Volume
Couleur
pH
Pression osmotique
Force ionique
Détermination de l'acrosine
Détermination de l'AAT (aspartate amine transférase
Phospholipides de membrane
Détermination de différents peptides, ions, enzymes
Microscopiques
% Motilité
Qualité de déplacement
Concentration
% anomalies morphologiques
Niveau d'agglutination
Tests de résistance
- Test de résistance osmotique
- Test de thermorésistance
- Test de conservation
Intégrité de l'acrosome
Intégrité de la membrane plasmatique
Niveau de capacitation
Détermination du degré de condensation chromatique
Analyses informatiques d'images
Notation de la motilité
Notation de la morphologie
Analyses biologiques
Analyses immunologiques vis à vis de certains antigènes de la semence
Test de pénétration hétérologue
Test de pénétration homologue


Les tests de pénétration homologue (avec des ovocytes d'ovaires de truies de réforme) et hétérologue (ovocytes de hamster) sont des tests qui permettent de vérifier l’ensemble des fonctions optimales du spermatozoïde: intégrité cellulaire, capacitation, pénétration et décondensation. Bien que ce soient des essais très chers, ce sont ceux qui s'approchent le plus de la capacité fécondante du spermatozoïde in vivo.

Raúl Sánchez Sánchez. Dpt. Reproduction Animale - INIA. Espagne

Opinion des experts

Qualité de l'air20-Oct-2006 il y a 10 ans 9 mois 27 jours

Commentaires de l'article

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