Évolution du microbisme gastro-intestinal chez les porcelets nouveau-nés et sevrés

La première microflore installée chez le porcelet A la naissance, le tractus gastro-intestinal du porcelet est stérile mais, par le contact étroit avec sa mère et l'environnement le plus p...
Lundi 17 Octobre 2005 (il y a 12 ans 1 mois 5 jours)

La première microflore installée chez le porcelet

A la naissance, le tractus gastro-intestinal du porcelet est stérile mais, par le contact étroit avec sa mère et l'environnement le plus proche, il est rapidement contaminé par des micro-organismes.
Lors de la mise-bas, le porcelet « acquiert » déjà des bactéries provenant du vagin et du périnée de la truie qui sont contaminés par les fèces et, plus tard, par le contact de la peau et la mamelle de la truie, lesquelles sont aussi contaminées. Par conséquent, la plus grande source de bactéries pour le nouveau-né sont les fèces maternelles.

Deux-trois heures après la naissance, les organismes viables, dont au moins quatre groupes distincts de bactéries (lactobacilles, E. coli, streptocoques et clostridies) peuvent être isolés du contenu gastrique (figure 1).

A 2 jours d'âge, les lactobacilles deviennent le groupe dominant (107-109/g) et les autres organismes diminuent jusqu'à 100-106/g. Les lactobacilles continuent à être le groupe dominant des organismes dans le contenu gastrique pendant la période de la lactation. On croit que le fait que les lactobacilles soient le groupe contenant le plus grand nombre de bactéries adhérant à la muqueuse de l'œsophage est le facteur important assurant sa dominance dans le contenu gastrique.

Figure 1. Populations microbiennes dans le tractus gastro-intestinal de porcelets sous la mère entre 2 heures et 12 jours d'âge.
(adapté de Sinkovics et Juhász. Acta Vet. Acad. Sci. Hungaricae. 1974)




L’épithélium squameux stratifié dont est composé l'œsophage subit une desquamation continue. La libération de cellules épithéliales et de leurs bactéries associées est un important mécanisme de régulation de la composition du microbisme stomacal en permettant une inoculation continue de lactobacilles et de streptocoques, assurant ainsi la domination des bactéries lactiques dans le contenu gastrique.

La forme et la nature du développement précoce de la flore bactérienne du contenu de l'intestin grêle sont similaires à celles qui se produisent dans l'estomac (figure 1). A deux jours de vie, les lactobacilles se transforment en organismes prédominants, particulièrement dans le duodénum et le jéjunum. Au niveau de l'iléon, bien que les lactobacilles soient encore les micro-organismes dominants, d'autres bactéries sont nombreuses. On observe la même chose tout au long de la période de lactation. La plus faible densité de micro-organismes dans l'intestin grêle est en relation avec le transit intestinal plus rapide dans cette partie comparé à celui de l'estomac, ce qui réduit le temps pour la multiplication des micro-organismes.

Il semble qu’à une semaine d'âge, les lactobacilles, les E. coli, et les bactéroïdes sont les groupes dominants dans le côlon et le cæcum.

Des études plus récentes montrent que les truies sont à l'origine de la flore des porcelets, mais malgré le contact étroit des porcelets avec leurs mères, ceux-ci développent des flores qui sont très peu touchées par celle de la truie.

Effet du sevrage sur la microflore gastro-intestinale

Plusieurs études sur l'effet du sevrage sur les populations microbiennes du tractus gastro-intestinal ont montré une diminution du nombre de bactéries lactiques et une augmentation des bactéries coliformes/E. coli les jours suivants immédiatement le sevrage par rapport aux valeurs du pré-sevrage. Ceci suggère une corrélation négative entre le nombre de coliformes et de lactobacilles ce qui tend à produire des porcs plus sujets aux diarrhées et aux performances plus faibles. Certains auteurs ont trouvé des résultats semblables sur des prélèvements fécaux, alors que d'autres études ont montré de plus faibles niveaux des deux types de bactéries, E. coli et lactobacilles, après le sevrage. Il a été décrit un plus faible effet relatif du sevrage sur le nombre total d'anaérobies. La figure 2 montre les populations microbiennes sur des prélèvements rectaux de porcs avant le sevrage et à 2, 4, 7,9 et 11 jours après sevrage.
La figure 3 montre les populations microbiennes le long du tractus gastro-intestinal avant le sevrage, et 6 à 20 jours après sevrage. Ces données indiquent que les changements des populations bactériennes se produisent consécutivement au sevrage et qu’avec le temps, la composition microbienne observée avant le sevrage se reconstitue.
Des effets semblables du sevrage ont été observés sur les bactéries adhérant à l'épithélium du tractus gastro-intestinal, ces effets étant même plus prononcés. L'activité microbienne (ATP), le long du tractus gastro-intestinal, est représentée sur la figure 4qui montre clairement qu’il faut des semaines pour que se développe la capacité de fermentation de la microflore dans le gros intestin.

Figure 2. Populations microbiennes sur des prélèvements rectaux de porcelets au sevrage (28 jours), 2, 4, 7, 9, et 11 jours après le sevrage
(adapté de Jensen. J. Anim. Feed Sci. 1998)

Figure 3. Populations microbiennes dans le tractus gastro-intestinal de porcelets au sevrage (28 jours), 6 jours et 20 jours après le sevrage.
Est= estomac; Id1= intestin grêle proximal; Id2= intestin grêle moyen; Id3= intestin grêle distal; Cie= caecum; Co1= côlon proximal; Co2= côlon moyen.
(adapté de Jensen. J. Anim. Feed Sci. 1998)
Figure 4. Activité microbienne (ATP) dans le tractus gastro-intestinal de porcelets au sevrage (28 jours), 6 jours et 20 jours après le sevrage.
Est1 = Estomac proximal; Est2 = Estomac distal; Id1= intestin grêle proximal; Id2= intestin grêle moyen; Id3= intestin grêle distal; Cie= caecum;; Co1-Co6, six parties du côlon de proximal à distal.
(adapté de Jensen. J. Anim. Feed Sci. 1998)
Figure 5. Diversité des coliformes sur des prélèvemenst fécaux de porcelets sevrés à 35 jours d'âge.
(adapté de Katouli et al. J. Appl. Microbiol. 1999)

Non seulement les quantités des micro-organismes sont touchés par le sevrage, mais aussi leur diversité. Il a été décrit une grande diversité de coliformes dans les fèces durant la première semaine de vie et qui est maintenue jusqu'au sevrage (figure 5). Cependant, après le sevrage on a remarqué une diminution significative de la diversité de coliformes, suggérant que dans cette étape un phénotype domine la population coliforme de l'intestin. Une importante diversité de bactéries est un facteur principal de stabilité du micro-éco-système intestinal. Par exemple, une réduction de la diversité, théoriquement, réduirait la concurrence pour la colonisation des sites par les souches provoquant des diarrhées. Cette réduction de la diversité de coliformes peut être, par conséquent, un facteur qui contribue au développement de diarrhée en post-sevrage.

Nuria Canibe & Bent Borg Jensen. Danish Institute of Agricultural Sciences, Research Centre Foulum. Danemark

Opinion des experts

Alimentation des élevages de truies reproductrices (1)04-Oct-2005 il y a 12 ans 1 mois 18 jours

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