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La consommation de lait sans restriction ne garantit pas le succès productif du porcelet après le sevrage

Les porcelets qui tètent dans la partie postérieure commencent à manger de l'aliment avant les autres, ce qui expliquerait une meilleure adaptation au sevrage.

Vendredi 12 Avril 2013 (il y a 4 ans 3 mois 15 jours)

On a observé dans des études précédentes que chez les truies hyper prolifiques avec des lactations de 28 jours, les porcelets au meilleur poids vif (PV) au sevrage sont ceux qui présentent le plus de difficulté à se mettre à manger de l’aliment après le sevrage. De fait, on attribue à ces porcelets les mamelles les plus productives, même quand on réalise un bon programme d'adoptions. Les porcelets qui ont les moins bonnes mamelles productives avec un PV plus faible au sevrage ont souvent un meilleur taux de croissance au post-sevrage, égalant même celui de ceux qui au départ avaient un meilleur poids initial. Cette meilleure croissance serait liée à une meilleure adaptation et une meilleure performance d'utilisation de l'aliment pré-starter dû au contact précoce pendant la lactation (Solà-Oriol, 2011).

Cette meilleure croissance pendant le PS peut avoir des implications importantes tout au long de la vie productive du porc, mais sans doute la performance pendant le post-sevrage est marquée par une série de facteurs qui conditionnent l'animal depuis la naissance et pendant toute la lactation.

Dans cet article, on expose un cas pratique de l'évolution de la croissance du porc depuis la naissance jusqu'aux 100 jours de vie (phase finale du pré-engraissement) en réponse à la position de la mamelle tétée et à la consommation d'aliment pendant la lactation, facteurs qui peuvent affecter la productivité du porc en engraissement.

Pour cela, on a utilisé un total de 37 truies et leurs 377 porcelets, en standardisant les portées à 10-11 porcelets selon un programme d'adoption classique (en égalisant par nombre et par taille). Après le processus d'adoption, on a enregistré la position où tétait chaque porcelet (1er, 2ème, 3ème tiers de la mamelle à 5 et à 10 jours de post-sevrage) ainsi que le début de consommation d'aliment (creep-feed) pendant la lactation (mesuré grâce à l'apparition de Cr2O3 dans les fèces aux 18, 21 et 25 jours de vie). Pendant la lactation, on donne de l'aliment "creep-feeding" avec du Cr2O3 ad libitum à toutes les portées depuis le 10ème jour de vie. Le même aliment que pour le "creep-feeding" est donné aux porcelets choisis pendant le premier jour de post-sevrage, suivi d'un aliment pré-starter jusqu'au 14ème jour de post-sevrage, d'un aliment starter jusqu'à la fin de post-sevrage (35 jours de post-sevrage ; 60 jours d'âge) et d'un aliment pré-engraissement (de60 jours jusqu'à 100 jours d'âge). On a enregistré le PV individuel au sevrage, en fin de PS et en fin de phase de pré-engraissement (à 28, 60 et 100 jours de vie).

On a pu observer qu'après les adoptions, les porcelets de meilleur PV à la naissance ont occupée les mamelles du premier (PV naissance = 1,72 kg) et du second tiers (PV naissance = 1,65 kg), les porcelets au poids moyen moindre (PV naissance = 1,48 kg) restant "relégués" à la partie postérieure de la mamelle. Ce différentiel de PV se maintenait jusqu'au sevrage de façon à ce que les porcelets qui tétaient sur le premier et deuxième tiers de la mamelle continuaient à avoir un meilleur PV à 28 jours de vie que ceux qui tétaient la partie arrière de la mamelle (P < 0,05). De toute façon, une fois de plus, on a pu observer que ces différences disparaissaient à la fin de la phase de PS et pendant la première phase d'engraissement (P > 0,10, figure 1)

Evolution du PV

Figure 1 : Evolution du PV depuis la naissance jusqu'à la phase finale de pré-engraissement (à 100 jours de vie) en fonction de la position sur la mamelle pendant l'allaitement.

En même temps, on a pu observer que le début de la consommation d'aliment "creep-feed" a été précoce et progressive pour les porcelets qui ont occupé la position arrière de la mamelle, lesquels ont présenté un pourcentage plus élevé d'animaux consommateurs d'aliment à 18, 21 et 25 jours de vie (tableau 1). Ces pourcentages se sont ainsi égalisés juste avant le sevrage avec les porcelets qui ont tété dans les autres positions, les porcelets à plus faible poids pourraient avoir besoin de consommer de l'aliment avant par le fait de téter les mamelles supposées moins productives, cessant d'être consommateurs "stricts" de lait et cela expliquerait une meilleure adaptation au sevrage comme on a pu l'observer lors de travaux précédents.

Cependant, le potentiel que représente un meilleur poids à la naissance, autant du point de vue de la hiérarchisation à l'intérieur d'une portée après les adoptions que pour pouvoir avoir une bonne position sur la mamelle, disparaît avec le temps puisque les différences subsistent seulement jusqu'à la fin de post-sevrage.

Tableau 1 : Pourcentage de porcelets consommateurs de "creep-feed" (donné depuis le 10ème jour de vie) aux 18, 21 et 25 jours de vie en fonction de la position occupée sur la mamelle pendant la lactation

Position occupée sur la mamelle
Jours de vie Devant Milieu Arrière
18 7 % 5 % 12 %
21 17 % 13 % 21 %
25 41 % 35 % 42 %

Ces résultats confirment que la stratégie de conduite actuelle dans les élevages de porcs permet une homogénéisation "naturelle" tout au long de la phase de croissance une fois les phases critiques de la vie productive du porc passées. Cependant, il n’en est pas moins certain qu'on assiste à une perte de potentiel de croissance pré-sevrage dans le cas de porcelets plus gros (plus de 60% des animaux > 1,6 kg) puisque, surtout dans les grandes structures centralisées de production, l’exploitation de ce potentiel pourrait diminuer l'âge d'abattage en tirant plus de profit des installations d'engraissement.

Une fois de plus on confirme le besoin de commencer l'aliment solide avant le sevrage dans les lactations de 28 jours indépendamment du poids vif du porcelet. La conduite des portées avec la finalité de garantir le contact de tous les porcelets avec l'aliment solide pendant la lactation pourrait être un outil afin d'éviter la perte de potentiel productif des porcelets plus gros, en contribuant à un plus faible affaiblissement de la truie.

Opinion des experts

Douleur due à la mise-bas chez les truies23-Avr-2013 il y a 4 ans 3 mois 4 jours
Stratégies pour le contrôle du SDRP en Allemagne20-Mar-2013 il y a 4 ans 4 mois 7 jours

Commentaires de l'article

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igoureEleveur04-Avr-2014 (il y a 3 ans 3 mois 23 jours)

comment se rassurer de l,etat d,une truie en gestation et qu,on ne sent rien a l,horizon

bi goure adonis

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