Le contrôle des infections streptococciques

Bien que l'on ait isolé du porc plusieurs types de streptocoques, dont Stretococcus dysgalactiae, Stretococcus agalactiae et Stretococcus porcinus, la souche pathogène la plus i...
Samedi 31 Mai 2003 (il y a 14 ans 4 mois 20 jours)

Bien que l'on ait isolé du porc plusieurs types de streptocoques, dont Stretococcus dysgalactiae, Stretococcus agalactiae et Stretococcus porcinus, la souche pathogène la plus importante en élevage porcine est de façon significative Streptococcus suis. Jusqu'à maintenant, on a isolé 35 types capsulaires de Streptococcus suis, la majorité à partir de porcs malades. Le type capsulaire 14 est une exception car , bien qu'il soit pathogène au plus haut point pour le porc, il a été isolé en premier dans l'espèce humaine. Streptococcus suis est un agent zoonotique et pour cette raison, il est aussi important pour la santé humaine que pour la santé animale d'en réussir le contrôle le pus exhaustif possible.On peut trouver Streptococcus suis tant dans les amygdales et les intestins que dans les systèmes respiratoire ou reproducteur.

Le principe sur lequel repose le contrôle des infections streptococciques, y compris la méningite, est la bonne compréhenson du fait que la transmission de l'infection est initialement verticale, de la truie au porcelet et qu'elle est ensuite horizontale, d'animal à animal, grâce aux pratiques habituelles de conduite d'élevage dans les salles de maternité.

Une partie de la population de reproductrices sera porteuse saine de l'infection et ces truies vivront en état d'équilibre entre infection (transmission) et immunité.Ces truies porteuses transmettront l'infection à leur descendance non seulement par le vagin au moment de la mise-bas mais aussi par la peau et la salive dans les premiers moments après la naissance. Elles apporteront aussi des anticorps maternels qui protégeront les porcelets une fois colonisés par les streptocoques qui se logent habituellement dans les amygdales. Les infections intercurrentes, les facteurs de stress et une faible ingestion de colostrum pertuberont l'équilibre entre colonisation et immunité et le porcelet succombera alors à l'infection.

Les truies non porteuses qui n'ont pas été exposées à l'infection auront des quantités nulles ou très faibles d'anticorps maternels à donner à leur porcelets, ce qui signifie que certaines portées seront extrêmement vulnérables.Ces portées parviennent à s'infecter par contamination croisée humaine ou par l'adoption de porcelets porteurs issus de portées infectées. Le résultat est l'éruption d'infections streptococciques qui vont d'une quasi absence de symptômes cliniques jusqu'aux arthrites, à la méningite, à la septicémie et à la mort .

Etant donné qu'il n'est guère faisable de détecter les truies porteuses et que le traitement généralisé des truies n'élimine pas nécéssairement leur état de porteuses, il est nécessaire d'apporter une attention particulière à la pratique de la conduite d'élevage dans les salles de maternité et de tirer le meilleur profit de traitement stratégique ciblé.

Pratiques d'élevage

Les principes ont été résumés par McCaw et coll. (1996) qui ont développé le système de gestion McREBEL (Management Changes to Reduce Exposure to Bacteria to Eliminate Losses) [Changements de conduite d'élevage pour réduire l'exposition aux bactéries et pour réduire les pertes] afin de contrôler principalement la dissémination du virus SDRP.

Mes recommandations modifiées sont les suivantes :

  • Sacrifier les porcelets très malades qui ne réussissent pas à croître immédiatement.
  • Réaliser les adoptions de porcelets seulement quand c'est absolument nécessaire.
  • Réaliser les adoptions de porcelets seulement si on a la certitude qu'ils aient reçu une quantité suffisante de colostrum de leur mère.
  • Terminer toutes les adoptions entre 36 et 48 heures après la naissance.
  • Ne pas déplacer les truies, les portées ou des porcelets individuels dans d'autres salles de maternité.
  • Sevrer toutes les truies d'une salle simultanément et travailler en système "tout plein - tout vide" strict.
  • Sacrifier les porcelets malades ou qui ont un poids significativemen inférieur à la normale au sevrage.
  • Les récipients utilisés pour le management des porcelets tels que les caisses plastique doivent être réservés à une salle de maternité et doivent être désinfectés avant les portées suivantes de cette salle.
  • Les salles de maternités doivent être lavées au jet haute pression ou à la vapeur en employant un détergent suivi d'une désinfection finale. Elles devront être sèches avant de les occuper à nouveau.
  • Les truies doivent être lavées avant d'entrer en salle de mise-bas.
  • Il faut se laver les mains ou porter des gants jetables pour manipuler chaque portée.
  • Les aiguilles hypodermiques et les lames de scalpel doivent être changées après chaque portée.
  • Il faut utiliser trois jeux de pince coupe-dents. Il faut les désinfecter et les sécher avec un chiffn propre entre chaque portée.Pour une même portée, il faut les alterner et les laver avec un linge sec et propre après chaque usage.
  • Les queues doivent être coupées par thermocautérisation.
  • Il faut laisser les ombilics se cicatriser naturellement après les avoir arrosé d'une solution d'iode.
  • Sur les garndes portées, on peut superviser l'allaitement en séparant les porcelets pour s'assurer qu'ils reçoivent tous du colostrum de leur mère.

    Hygiène

    Streptococcus suis peut être mécaniquement transmis par les instruments d'élevage, les mouches, les personnes, les chiens, les chats, les oiseaux...etc. Par conséquent, il est nécessaire de suivre une stricte politique de biosécurité dans les élevages considérés comme exempts de l'infection. Les visiteurs de ces élevages indemnes doivent avoir être restés 48 heures sans aucun contact avec des porcs, porter des bottes et des cottes réservées à l'exploitation et avant d'entrer se laver la surfaces cutanées, en particulier les mains avec de l'eau et du savon.

    La majorité des désinfectants disponibles sur le marché sont très efficaces contre tous les types capsulaires de Streptococcus suis, mais il est fondamental que les surfaces soient parfaitement propres avant la désinfection. Un lavage au jet haute pression ou à la vapeur d'eau (60 ºC) avec un détergent industriel, suivi d'une désinfection finale puis d'un séchage est effcace à 100% à condition que les autres facteurs de survie des germes soient éliminés.

    Traitement (NDLR : demandez l'avis de votre vétérinaire avant tout traitement . L'auto-médication est fortement déconseillée)
  • Dans les cas cliniques individuels de méningites, les corticostéroïdes peuvent faciliter le passage de l'antibiotique à travers les méninges.
    Ma méthode particulière est la suivante :
    • Jour 1 le matin : bétaméthasone ou dexaméthasone plus sulfamide ou béta-lactamine (ce sont ceux qui traversent efficacement la barrière méningée).
    • Jour 1 l'après-midi : répéter l'administration d'antibiotique pour maintenir une concentration sanguine élevée.
    • Jour 2 le matin : administrer l'antibiotique sous sa forme longue action (L.A.).
    • Jour 4 l'après-midi : répéter l'administration d'antibiotique longue action

  • L'administartion orale de sulfamides potentialisés du jour d'entrée en salle de maternité jusqu'à une semaine après la mise-bas aide à réduire les taux d'infection. Je pense que ceci est dû au fait que le produit est excrété dans le lait et qu'il réduit la colonisation des amygdales des porcelets. Il est aussi possible qu'il réduise la transmission de l'infection par la truie.

  • Quand on a mis en route les améliorations de la conduite d'élevage et pour les porcelets individuels avant les adoptions, l'utilisation préventive d'une béta-lactamine peut aider à réduire la dissémination de l'infection.
Actuellement, l'éradication des infections par les streptocoques des exploitations commerciales n'est pas possible de façon pratique. Pour autant, il est essentiel d'appliquer strictement les mesures de contrôle décrites ici afin de réduire au maximum les pertes par méningites, arthrites et pneumonies.

J. D. Mackinnon. Stowe Veterinary Group (Royaume-Uni)

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