Les morsures de queue et leurs causes

Bien qu'on n'ait pas encore réussi à les reproduire expérimentalement, les morsures de queue ont été décrites depuis les années 40 . Elles so...
Vendredi 18 Juillet 2003 (il y a 14 ans 9 jours)

Bien qu'on n'ait pas encore réussi à les reproduire expérimentalement, les morsures de queue ont été décrites depuis les années 40 . Elles sont assez fréquentes et constituent un problème pour la filière porcine mais leur cause réelle reste toujours obscure. Le porc attaqué ressent de la douleur, saigne souvent et souffre à cause des attaques répétées. Ce tableau peut évoluer vers la formation d'abcés locaux , l'infection de la moëlle épinière et la septicémie , avec pour conséquence l'éventuelle saisie des carcasses. Il a été évoqué que jusqu'à 14 % des carcasses saisies sont affectées par des lésions dues à des morsures de queue. Ce phénomène est toujours plus fréquent chez les mâles. Actuellement la plupart des animaux affectés terminent en étant sacrifiés par accident ou d'urgence en dehors d'un abattoir, et il y a ainsi encore peu d'informations chiffrées relatant la gravité des morsures de queue tant pour elles mêmes que pour leurs conséquences sur la perte de carcasses et sur les performances économiques.

Les porcs auxquels on ne coupe pas les queues peuvent présenter jusqu'à 11-12 % de queues mordues (en 1974, Penny et Hill examinèrent 7 725 queues et ne trouvèrent que 3 queues coupées sur les 4 086 présentant des morsures). Une enquête réalisée en 1994 dans le Sud-Ouest de l'Angleterre démontra la présence de morsures de queues sur 30 des 46 élevages enquêtés (66 %) (Chambers et al. 1994) et on trouva qu'elles étaient plus fréquentes là où il n'y avait pas de litière, avec caillebottis et alimentation automatique, en particulier humide. Elle était moins fréquente là où on utilisait de la paille et où les porcs étaient alimentés manuellement. Il n'y avait aucune relation avec la taille de l'élevage, la taille des cases, le nombre de porcs, la densité des animaux, la température ou la ventilation. Récemment, Hunter et al. réalisèrent une étude sur 40 788 porcs et trouvèrent que 80 % des porcs avaient les queues coupées dont 3,3 % avaient des morsures. Sur les 20 % qui n'avaient pas les queues coupées, 9,4 % avaient des morsures (3 fois plus).

Les morsures de queues peuvent être dues à un comportement d'inadaptation : un porc touche doucement une queue pour "s'occuper" , il en sort alors du sang et enfin une "épidémie" de morsures peut se déclencher ....Dans certaines occasions le porc atteint peut s'éloigner mais parfois il peut devenir objet de cannibalisme de la par des autres porcs.

Le comportement normal du porc est de mastiquer des objets et il peut arriver que cela conduise à une fixation mentale sur la queue d'un autre porc. Il est possible qu'il manque un élément nutritionnel nécessaire ou qu'il n'y ait pas dans l'environnement quelque chose à mâcher. Les porcs sont naturellement attirés par les choses qui bougent et ils les flairent et les mastiquent tout à fait normalement. Même les porcs n'ayant rien à renifler ou à mastiquer tels que ceux vivant dans une case en béton passent 20 % de leur temps à le faire. L'alimentation humide induit plus de morsures; il en est de même de l'alimentation au sol en goulottes par rapport à l'utilisation de mangeoires individuelles. L'alimentation ad libitum semble induire moins de morsures de queues.

Les autres facteurs pouvant provoquer des morsures de queues sont les entassements, les carences nutritionnelles, les niveaux de température inadaptés, les variations de température, les courants d'air et la mauvaise qualité de l'ambiance. Une mauvaise ventilation avec un excés d'ammoniac peut être une cause importante pouvant expliquer l'augmentation saisonnière des morsures chez les porcs abattus au printemps. D'autres circonstances contribuant au phénomène sont les carences en protéines ou en sel dans la ration qui peuvent favoriser le goût pour le sang ; on a même remarqué qu'un manque de fibres (inférieur à 3 %) et une faible teneur en phosphore (inférieur à 0,5 %) étaient des facteurs influant sur ce comportement .

Il est possible que tous ces facteurs puissent influer ensemble sur la sensation d'ennui et que mastiquer les queues et les oreilles de leurs voisins soit pour les porcs le moyen le plus commode pour soulager cette lassitude.

Dr Stan Done. Veterinary Laboratories Agency (Royaume-Uni)

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