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Pleurésie: impact économique et stratégies de conduite

La prévalence de la pleurésie est étonnamment élevée sur les porcs à l'abattoir. Une récente étude a montré des données de 12,5 % au Royaume-Uni, 26 % en Espagne et jusqu'à 41 % sur des porcs individuels dans une étude norvégienne.

Mardi 4 Juin 2013 (il y a 4 ans 2 mois 14 jours)

Qu'est-ce la pleurésie et quelle prévalence a-t-elle ?

La pleurésie est un terme qui définit l'inflammation de la plèvre pulmonaire. Cette inflammation se traduit en laissant des adhérences fibreuses de collagène entre les lobes pulmonaires et la paroi thoracique; ce qui implique souvent un travail de "nettoyage" pendant le traitement des carcasses. Quelle est la prévalence de la pleurésie ? Quel est son impact économique et quels conseils de conduite peuvent être mis en place pour corriger les facteurs de risque ?

Péricardite

Figure 1. Lésions typiques de pleurésie chronique. On remarque des adhérences entre les poumons et la paroi thoracique, ainsi que la présence de pneumonie.

La prévalence de la pleurésie est étonnamment élevée sur les porcs à l'abattoir. Une récente étude a montré des données de 12,5 % au Royaume-Uni, 26 % en Espagne et jusqu'à 41 % sur des porcs individuels dans une étude norvégienne.

Etonnamment, il y a eu une mise en évidence de pleurésie sur 80 % de tous les lots abattus au Royaume-Uni entre 2005 et 2008.

Tableau 1. Données récentes de la prévalence de pleurésie sur des porcs abattus

Pays Année Prévalence
Belgique 2009 21 %
Danemark 2000 25 %
Hollande 2004 22 %
Norvège 1991 41 %
Espagne 2009 26 %
Royaume Uni 2012 12 %

La pleurésie est coûteuse pour les producteurs et les transformateurs

L'impact économique de la pleurésie a été étudié d’une part pour les producteurs et, dans une moindre mesure pour les transformateurs Une étude qui a pris en compte les effets de groupe sur un total de 96 000 porcs abattus de 80 lots qui représentait les plus grands systèmes de production au Royaume-Uni. Pour chaque 1 % d'augmentation du niveau de pleurésie sur un lot de porcs, il y a eu une diminution du poids de carcasse de 70 g en moyenne. Ce chiffre est la somme de la perte de GMQ et de la nécessité de “bazarder” ces carcasses avec de la pleurésie.

D'un autre côté, l'étude a trouvé que pour chaque 1 % d'augmentation du niveau de pleurésie, il y a eu une augmentation de 0,26 jours d'âge moyen d'abattage. Cela équivaut à peu près à un coût de 30 millions £ annuel au Royaume-Uni si on tient compte des coûts du porc, de l'aliment, d’une prévalence individuelle de 12 % et de l'abattage annuel de 9 millions de porcs.

On en sait moins sur l'impact économique de la pleurésie pendant la transformation de la carcasse mais avec 10 % de prévalence on peut compter à peu près une diminution de 8,5 % de la vitesse de chaîne et une main-d'œuvre supérieure, ce qui donne un coût supplémentaire de 0,29 £ pour chaque porc dans le lot.

L'impact de la pleurésie sur le bien-être animal est plus difficile à caractériser mais la prévalence élevée indique la présence endémique et étendue de maladies respiratoires malgré les techniques de production modernes.

Le suivi de la prévalence de la pleurésie au moment de l'abattage est la première étape pour le contrôle.

Le suivi de la pleurésie au moment de l'abattage est une condition pour la mise en place d'un programme de contrôle, pour déterminer l'impact économique et pour justifier la dépense mais aussi pour évaluer la réponse aux interventions dans le temps.

On devrait réaliser trimestriellement un suivi de la présence de pleurésie et d'autres lésions visibles à l'abattoir en utilisant statistiquement des tailles d'échantillons représentatives (par exemple 50 porcs par lot).

Principe de contrôle de la pleurésie et facteurs de risque

La planification d'un programme de contrôle de la pleurésie de grande ampleur demande de revenir aux bases essentielles de contrôle des maladies, ainsi que la connaissance des facteurs de risque. En général, l'équilibre entre la santé et la maladie dépend toujours de trois types de facteurs. La sensibilité de l'animal (par exemple l'immunité), le challenge du pathogène et les facteurs environnementaux. L'immunité est normalement modifiée par des vaccins contre les principaux pathogènes respiratoires mais elle est aussi affectée (selon le cas, au moins pendant les 8-10 premières semaines de vie) par l'immunité maternelle. De plus, certains facteurs comme l'alimentation de la truie, la structure du cheptel de l'élevage ou la conduite en salle de mises-bas peuvent affecter aussi à ce transfert d'immunité maternelle.

D'autres facteurs importants sont aussi la génétique (il y a une évidence que la race Hampshire est plus robuste) ou l'effet de certains pathogènes pour diminuer la capacité immunitaire d'un animal : SDRP, PCV2 et Mycoplasma hyopneumoniae. Non seulement ces pathogènes sont responsables d'une infection respiratoire mais ils diminuent aussi partiellement l'immunité innée des animaux pour lutter contre d'autres pathogènes.

Beaucoup d'études ont identifié une série importante de pathogènes qui entraînent de la pleurésie et une maladie respiratoire; normalement en agissant de façon combinée pour produire ce que l'on nomme le Complexe Respiratoire Porcin (CRP). En plus de ce que l'on a déjà mentionné, d'autres pathogènes normalement associés au CRP et à la production de la pleurésie sont Actinobacillus pleuropneumoniae, Pasteurella multocida et, dans une moindre mesure Haemophilus parasuis et Streptococcus suis. D'autres virus comme le virus de l'Influenza, le Coronavirus Respiratoire Porcin ou le virus Aujeszky peuvent être liés aussi à ce complexe. Avec cette information, un programme vaccinal devrait être conçu de telle manière qu'il soit basé sur le diagnostic de l'élevage, principalement avec des analyses sérologiques, des autopsies et des prélèvements pour la microbiologie de jeunes porcelets qui présentent une symptomatologie respiratoire.

Les facteurs environnementaux sont très importants dans la production de la pleurésie, comme le montrent certaines études récentes soulignant l'importance de la conduite stricte en tout plein - tout vide (du sevrage à l'abattage) (Jager et al. 2012).

Cette conduite stricte du tout plein- tout vide peut ne pas être possible dans de petits ou de très vieux élevages mais il est évident que l'application de pratiques de conduite en ce sens aideront à diminuer la possibilité d'une pleurésie sévère : par exemple, restreindre l’intervalle d'âges à moins d'1 mois dans le même espace, ainsi que le nettoyage et la désinfection stricts des cases entre les différents lots d'animaux.

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