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Syndrome de dysgalactie post-partum chez la truie : caractéristiques des troupeaux et pratiques d’élevages

Ce travail confirme le caractère multifactoriel du SDPP en lien avec la santé, l’alimentation, l’hygiène et la conduite.

26 Février 2026
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Le syndrome de dysgalactie post-partum (SDPP) est une affection multifactorielle des truies autour de la mise bas, caractérisée par une baisse ou une absence de lactation, souvent associée à de l’anorexie, de la fièvre et à des troubles mammaires ou uro-génitaux. Les porcelets en subissent aussi les conséquences par une hausse de la mortalité et une réduction de croissance.

La prévalence est très variable selon la définition retenue (symptômes seuls ou combinés : hyperthermie avec seuil variable, anorexie, dysgalactie dans les jours suivant la mise bas) : de 1 à 15 % des truies dans les enquêtes anciennes, jusqu’à plus de 70 % dans les enquêtes récentes. En France, près de la moitié des élevages seraient confrontés à des formes sévères de SDPP, affectant environ 4 % des truies.

Au-delà des signes cliniques, le SDPP est reconnu comme un syndrome complexe dans lequel interagissent inflammation, troubles métaboliques et sanitaires, hygiène, alimentation, conduite de la maternité, logement … Les facteurs de risque ont fait l’objet de synthèses récentes s’appuient sur des résultats d’expérimentations ou de rares études épidémiologiques. Elles sont anciennes et/ou basées sur des effectifs faibles et les critères de définition du SDPP sont différents entre ces études (hyperthermie ≥ 40°C, anorexie, dysgalactie, oedème mammaire, écoulements vaginaux, constipation, apathie). Les conclusions sont donc difficilement extrapolables à nos conditions d’élevage actuelles.

La prévention repose sur un ensemble de mesures combinées : gestion fine de l’alimentation et des apports en fibres, maîtrise des mises bas, amélioration du confort et de la santé des truies. Dans un contexte de réduction des usages d’antibiotiques en élevage porcin, identifier et hiérarchiser les pratiques à risque constitue une étape clé pour limiter l’incidence du SDPP et le recours aux traitements.

L’objectif d’une étude de l’Ifip était d’acquérir des données sur la prévalence et les manifestations actuelles du SDPP dans les troupeaux français, les caractéristiques des élevages affectés et les facteurs de risques associés.

Une enquête a été réalisée auprès de 55 élevages, répartis en trois groupes selon la fréquence de problèmes sévères (≥2 signes cliniques) déclarés : SDPP– (aucun cas), SDPP+ (cas occasionnels) et SDPP++ (cas fréquents).

Le SDPP sévère est déclaré en moyenne pour 0% (SDPP-), 1,6% (SDPP+) et 8,3% (SDPP++) des truies par an. Il apparait dans les 2 jours suivant la mise bas dans 80% des cas, sans caractère saisonnier marqué et pour tous types de truies.

Parmi les signes cliniques de SDPP observés à chaque bande, la fièvre et les porcelets « décrochés » sont les plus déclarés, par 73 % et 71 % des éleveurs respectivement. Les problèmes d’appétit des truies sont également régulièrement constatés par 64 % des éleveurs. Les écoulements vulvaires anormaux et les problèmes mammaires sont moins fréquemment observés, par 38 et 37 % des élevages respectivement (Figure 1).

La présence de SDPP sévère, correspondant à des truies présentant simultanément au moins 2 de ces 5 signes cliniques, est observée régulièrement dans chaque bande (SDPP++), plus rarement (SDPP+) ou jamais (SDPP-), par 46 %, 33 % et 21 % des éleveurs respectivement.

Fig.1. Signes cliniques observés à chaque bande.
Fig.1. Signes cliniques observés à chaque bande.

Interrogés sur les pratiques mises en place pour réduire les manifestations de SDPP, les éleveurs ont évoqué des mesures portant le plus souvent sur le sanitaire, l’hygiène, l’alimentation et l’état corporel des truies, avec parfois des pratiques spécifiques : diminution des fouilles, injection d’ocytocine ou traitements antibiotiques ou cures à visée uro-génitale.

Fig. 2. Mesures des éleveurs pour diminuer les manifestations de SDPP (% des réponses)
Fig. 2. Mesures des éleveurs pour diminuer les manifestations de SDPP (% des réponses)

Ce travail confirme le caractère multifactoriel du SDPP en lien avec la santé, l’alimentation, l’hygiène et la conduite (figure 2). Il met en évidence l’importance de critères liés au statut inflammatoire (boiteries, morsures…), un des mécanismes physiologiques impliqué dans l’apparition de SDPP. Un lien significatif entre boiteries et SDPP a aussi été confirmé. Les problèmes de santé ont donc un lien concordant avec les manifestations de SDPP.

Les risques liés à la soupe restent à préciser. Ils s’expliqueraient par des perturbations du microbiote, par un défaut d’hygiène des auges, ou une imprécision des machines à soupes. Des élevages sujets au SDPP déclaraient aussi moins d’aliments fibreux ou paille, et plus de changement de type et de forme d’aliment à l’entrée en maternité.

L’intérêt prédictif d’un indicateur combinant les problèmes de santé individuels (boiteries, mamelles, morsures, blessures de vulves, abcès, anémie …) et l’état corporel de truies sera testé.

Sylviane Boulot, ingénieure Reproduction porcine à l’IFIP. D’après une publication en partenariat avec INRAE et le laboratoire Chêne Vert, présentée en février 2026 aux 58es Journées de la recherche porcine.

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