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Comment le mois de décembre s’est-il déroulé sur le marché porcin allemand ?

Le marché porcin allemand a clôturé le mois de décembre dans une trompeuse impression de calme, alors que la situation est restée tendue en arrière-plan.

Le marché porcin allemand a clôturé le mois de décembre dans une apparente impression de calme. À première vue, la situation semblait stable, en grande partie grâce au dynamisme de la consommation pendant les fêtes de fin d’année ; toutefois, sous cette apparence, les tensions sont restées bien présentes.

Les prix du porc sont restés stables tout au long du mois à 1,60 €, apportant une certaine stabilité au marché, sans pour autant offrir un réel soulagement. L’offre d’animaux prêts à l’abattage est demeurée élevée et les abattoirs ont fonctionné près de leur pleine capacité pendant une grande partie du mois. Parallèlement, des différences régionales marquées sont de nouveau apparues : alors que la commercialisation a été relativement fluide dans certaines zones, des accumulations significatives d’animaux ont été observées dans d’autres. Bien que la période de Noël ait stimulé la demande de viande, le résultat global est resté en deçà des attentes de nombreux opérateurs. Les impulsions de la demande ont suffi à soutenir le marché, mais pas à enclencher une reprise durable.

Pig price in Germany - VEZG - Carcass 57%
Pig price in Germany - VEZG - Carcass 57%

Le marché des porcelets est également resté morose en décembre. Après les baisses de prix enregistrées précédemment, l’offre et la demande sont revenues vers un meilleur équilibre. Les prix des porcelets se sont maintenus à 40,00 €, ce que certains ont interprété comme un possible signal indiquant que le marché avait atteint un plancher. Néanmoins, les conditions de commercialisation sont restées exigeantes. Les lots disponibles ont continué à nécessiter des débouchés et les disparités régionales ont de nouveau marqué ce segment. Dans l’ensemble, cependant, la situation a été plus prévisible qu’à l’automne, offrant une certaine marge de manœuvre tant aux producteurs qu’aux engraisseurs.

Le marché des truies a présenté une situation similaire en fin d’année. Les prix sont restés inchangés à 0,80 € et les volumes disponibles ont pu être écoulés sans difficulté. Les opérateurs avaient intensifié leur activité avant les fêtes, apportant un soutien supplémentaire au marché, avant que l’activité ne ralentisse de manière saisonnière.

Au-delà de l’évolution quotidienne du marché, les questions structurelles et politiques ont pris davantage d’importance en décembre. La fermeture de l’abattoir de Perleberg, en particulier, constitue un nouveau signal du processus de restructuration en cours. Après le retrait de Vion de l’activité d’abattage en Allemagne et la vente du site au transformateur de truies Uhlen, les installations ont été définitivement mises hors service. Les enquêtes ouvertes par l’Office fédéral des cartels pour d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles soulignent à quel point le marché est devenu sensible aux phénomènes de concentration. Pour de nombreux producteurs, en particulier dans le nord-est de l’Allemagne, la fermeture de Perleberg durcit encore davantage les conditions de commercialisation. L’allongement des distances de transport et la réduction des alternatives accroissent la pression économique. Dans le même temps, l’avenir des sites de Vion mis en vente dans le sud de l’Allemagne reste incertain. Westfleisch a de nouveau manifesté son intérêt et d’autres opérateurs sont également évoqués comme acheteurs potentiels. Le secteur suit de près ces évolutions, car elles pourraient modifier durablement l’équilibre des forces au sein de l’industrie de la viande.

Sur le plan international, le mois de décembre a été clairement marqué par les événements survenus en Espagne. Le foyer de peste porcine africaine détecté chez des sangliers dans la région de Barcelone a suscité des inquiétudes sur le marché européen. Bien que les principaux débouchés à l’exportation aient pu rester ouverts grâce aux accords de régionalisation en vigueur, limitant ainsi l’impact, des volumes significatifs de viande porcine espagnole ont été redirigés au sein de l’UE. Cette offre supplémentaire a également accru la pression concurrentielle sur le marché allemand. De nombreux opérateurs ont accueilli favorablement la récente réduction par la Chine des droits de douane punitifs précédemment appliqués à la viande porcine européenne, car elle améliore les opportunités d’exportation et exerce un effet positif sur le marché communautaire. Néanmoins, le commerce international demeure fragile, les décisions politiques et les épisodes de maladies animales pouvant générer à tout moment de nouvelles incertitudes.

Avec le changement d’année, l’attention se porte sur un marché qui démarre sur une base relativement stable, mais avec un équilibre très fragile. La consommation liée aux fêtes est désormais derrière nous et la demande saisonnière commence à s’affaiblir. Dans le même temps, l’offre reste abondante et il est peu probable que des impulsions significatives sur les prix se produisent à court terme. L’évolution de la situation en Espagne et la capacité des accords de régionalisation à continuer de jouer un rôle stabilisateur seront déterminantes. Les changements structurels en Allemagne ne déploieront pleinement leurs effets que dans les mois à venir. Une réduction des capacités d’abattage pourrait générer de nouveaux goulets d’étranglement régionaux. C’est pourquoi le marché porcin allemand aborde la nouvelle année avec prudence. Les prix sont restés fermes en décembre, mais le grand nombre de facteurs en jeu montre à quel point l’équilibre du marché peut évoluer rapidement.

À quoi faut-il s’attendre en 2026 ?

À court terme, le contexte demeure complexe. Les volumes élevés d’abattage en Allemagne et dans l’ensemble de l’UE se heurtent à une demande toujours faible. En outre, les cheptels porcins élevés en Chine continuent de peser sur le marché mondial. Malgré la réduction des droits de douane, les achats restent limités, le marché intérieur chinois étant bien approvisionné. Cette combinaison de surabondance de l’offre et de faiblesse de la demande extérieure pourrait accroître la pression sur le marché dans les prochaines semaines. De nouveaux points bas à court terme ne sont pas à exclure, en particulier si des volumes supplémentaires en provenance d’autres pays de l’UE arrivent sur le marché communautaire.

Dans ces conditions, un soulagement immédiat est peu probable et la reprise se profile plutôt comme une perspective à moyen et long terme, à l’horizon 2026. Le processus de restructuration de la production porcine se poursuit et conduit à une réduction progressive des effectifs. Les diminutions de la production de reproductrices et les fermetures d’exploitations mettent du temps à se refléter, mais elles ont, à long terme, un effet d’ajustement du marché. Bien que, dans certaines régions d’Allemagne, le nombre de truies ait légèrement augmenté ces derniers mois, l’absence de relève générationnelle et la tendance baissière à l’échelle européenne indiquent clairement une réduction structurelle de l’offre à long terme. Parallèlement, l’Allemagne tire les enseignements des dernières années et progresse dans le développement de ses propres accords de régionalisation afin de préserver les exportations, même en situation de crise. En outre, les discounters et les chaînes de supermarchés intègrent de plus en plus des standards de bien-être animal plus exigeants et promeuvent la viande porcine d’origine allemande. Pour les producteurs allemands, cela constitue une forme de protection, y compris au sein de l’UE, car la viande produite dans d’autres pays ne répond pas toujours à ces exigences.

En résumé, la crise actuelle frappe durement les producteurs porcins, mais les perspectives à moyen et long terme laissent penser que la persévérance pourrait finir par être récompensée.

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