France
Tendance de la semaine : réaction baissière en début de semaine
La baisse de 0,7 centime enregistrée lors du marché de lundi traduisait clairement la pression baissière exercée par certains acheteurs. Pour autant, cette tendance ne s’est pas confirmée lors de la séance de jeudi, puisque le recul n’a été que de 0,1 centime. D’ailleurs, les enchères les plus basses étaient même plus élevées qu’au marché précédent. Pour certains acheteurs, cela traduit donc une volonté de réajuster leur position à la hausse en cours de semaine et, collectivement, la fin de semaine reflète une volonté générale de stabiliser le prix. Il subsiste néanmoins, comme la semaine précédente, une certaine fragilité du marché, qui reste pour l’instant sous la pression d’un excédent d’offre.

Tendance de la semaine : forte activité pour résorber les retards
L’activité d’abattage de la semaine a été particulièrement dynamique afin de résorber les retards d’enlèvement et de contenir la hausse des poids, ceux-ci atteignant désormais 99,80 kg. Le volume d’abattage est très proche de celui observé en semaine 2 de l’année 2025. La question est désormais de savoir si ce niveau d’activité pourra se maintenir afin de rééquilibrer et fluidifier le marché.
Europe
En Allemagne, la forte baisse récente a permis de réduire une partie des excédents, avec un niveau d’abattage élevé la semaine dernière, particulièrement important pour cette période de l’année. Les poids ne reculent toutefois que très légèrement, signe que des excédents persistent encore. Néanmoins, la dynamique va dans le bon sens et, à ce stade, aucun acteur n’évoque de nouvelle baisse. Les producteurs espèrent ainsi avoir atteint un point bas. Le principal point de fragilité reste le marché de la viande, où les opérateurs allemands subissent une concurrence accrue.
En Espagne, de nouveaux cas de FPA chez des sangliers sont recensés, mais ils restent circonscrits à la zone initiale. L’abattage demeure très dynamique, soutenu par un prix du porc très bas et de bonnes marges abattoirs, tandis que la situation des éleveurs reste critique. Les ventes de viande espagnole à bas prix se maintiennent en Europe. À l’export, le Japon et les Philippines restent fermés, laissant environ 20 % des débouchés hors UE bloqués. Malgré une offre abondante et des poids élevés, le rythme actuel pourrait permettre de résorber le surplus de fin d’année d’ici début février.
En Belgique , le contexte de rentrée reste difficile : même si le point bas de 2021 (0,71 €) n’est pas atteint, les coûts de production sont environ 50 % plus élevés. Malgré cela, le marché belge apparaît relativement sain, avec des poids d’abattage nettement inférieurs à ceux de l’an dernier. Pour les producteurs, le fait que l’Allemagne n’ait baissé qu’une seule fois, même fortement, apporte de la visibilité pour les prochaines semaines.
En Italie, le marché du porc en vif se détériore progressivement. L’offre progresse fortement, à la fois en volumes et en poids. Les perspectives restent négatives dans un contexte de prix italiens élevés et de consommation modérée. La forte baisse allemande influence les importations de viande et accentue la pression. Dans ces conditions, le marché italien prolonge la tendance baissière observée ces dernières semaines.

États Unis et Chine
Le marché américain du porc reste orienté à la baisse, avec un léger recul sur le prix au comptant, mais surtout une dégradation plus nette du marché de la viande. La valeur de la carcasse se replie sous l’effet d’une moindre valorisation des principales pièces, en particulier le jambon, ce qui traduit une demande plus prudente en aval et un ajustement des achats des transformateurs. Ce mouvement est typique d’un marché qui peine à absorber l’offre au rythme attendu, et il constitue un signal défavorable pour les semaines suivantes : tant que les pièces « moteurs » ne retrouvent pas de soutien, la tendance restera fragile et la pression sur les cours persistera.
En Chine, les prix du porc évoluent dans une dynamique haussière mais globalement hésitante, avec des hausses locales mais un marché encore fragile. L’offre reste suffisante malgré une volonté ponctuelle de retenue des ventes, tandis que la demande demeure limitée, surtout après les effets de fêtes. Le marché reste donc dominé par un équilibre instable, avec un potentiel de correction rapide.


