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L’année débute par un net repli du marché porcin allemand

La rapidité et l’ampleur de la baisse des prix au début du mois de janvier ont marqué un début d’année décourageant pour les élevages.

Porcs : forte correction des prix en début d’année

Le mois de janvier 2026 a débuté par un net repli du marché porcin allemand, un épisode qui restera probablement longtemps dans les mémoires. La plupart des producteurs étaient conscients que la perte de journées d’abattage autour du changement d’année finirait par peser sur le marché. Les excédents sur le marché du porc vif étaient jugés prévisibles et une certaine pression à la baisse sur les prix était largement anticipée.

Cependant, ce qui a surpris de nombreux acteurs a été la brutalité de la baisse dès le début du mois, avec un recul de la cotation de 1,60 € à 1,45 €. Ce n’est pas tant la baisse en elle-même que son ampleur et la rapidité avec laquelle elle s’est produite qui ont fortement affecté les élevages et donné lieu à un début d’année clairement décourageant.

Prix ​​du porc en Allemagne - VEZG - Carcasse 57%.
Prix ​​du porc en Allemagne - VEZG - Carcasse 57%.

Au cours des premiers jours de janvier, il est apparu clairement que le marché avait du mal à absorber les effets de la période de fin d’année. Les porcs prêts à l’abattage se sont accumulés, tandis que les activités d’abattage, de découpe et de transformation ne retrouvaient que progressivement leur capacité normale. La réduction des excédents a progressé lentement, avec des disparités marquées entre les régions. Parallèlement, le marché de la viande était largement approvisionné, de sorte qu’aucun signal de soulagement n’est venu de ce côté-là. Une fois le nouveau niveau de prix atteint, la cotation s’est stabilisée à 1,45 € durant le reste du mois. Cela a apporté un certain apaisement au marché, sans pour autant détendre réellement le climat de tension. La déception liée au fort recul observé en début de mois a été profonde et a marqué les échanges tout au long de la chaîne de valeur.

Les ventes de viande sont restées modérées tout au long du mois de janvier. Après la période des fêtes, la demande s’est révélée, comme prévu, contenue et, malgré quelques actions promotionnelles ponctuelles dans la distribution alimentaire, aucun véritable élan ne s’est matérialisé. Les différentes pièces ont pu être écoulées de manière régulière, sans qu’aucun signe de pénurie ne soit observé à aucun moment. De nombreux opérateurs ont qualifié l’activité commerciale de correcte, mais manquant de dynamisme. Ce n’est que vers la fin du mois que les indices se sont multipliés laissant penser que les excédents sur le marché du porc vif commençaient à se résorber lentement et que les poids d’abattage avaient déjà dépassé leur pic. Cette évolution a nourri un optimisme prudent, sans toutefois effacer complètement l’amertume du début de janvier.

Porcelets : stabilisation progressive sans impulsion haussière

Le marché des porcelets a montré des signes de stabilisation au cours du mois. Après les baisses de prix enregistrées précédemment, l’offre et la demande ont retrouvé un meilleur équilibre. Le placement de lots libres est resté délicat dans certains cas, mais dans l’ensemble, les opérateurs ont fait état de conditions de marché plus équilibrées.

De manière ponctuelle, la demande a augmenté pour des raisons météorologiques, afin d’éviter des bâtiments vides en cas de conditions défavorables susceptibles de perturber la logistique. En conséquence, le marché des porcelets s’est montré plus stable que celui des porcs de boucherie, sans toutefois générer de véritables impulsions haussières.

Truies : forte pression et inquiétudes quant à la situation économique

La situation est restée nettement plus tendue sur le segment des truies. L’offre a été élevée durant une grande partie du mois et s’est heurtée à un marché de la viande de truie bien approvisionné, avec une demande peu dynamique. La pression concurrentielle a été intense, alimentée non seulement par la large disponibilité de pièces issues de l’abattage de porcs, mais aussi par l’augmentation des offres à bas prix sur le marché européen.

Les restrictions à l’exportation liées à la peste porcine africaine (PPA) affectant l’Espagne ont également pesé, des volumes supplémentaires ayant été redirigés vers le commerce intracommunautaire, ce qui a renforcé la concurrence. Dans ce contexte, la cotation VEZG des truies de réforme a reculé au cours du mois et s’est récemment établie à 0,68 €. Les prix plus bas annoncés par de grands groupes tels que Tönnies et Westfleisch ont accru l’incertitude. Dans de nombreux élevages, les inquiétudes se sont intensifiées face au risque d’une nouvelle dégradation de la situation économique de la production de truies.

Facteurs politiques et structurels : un cadre contraignant pour le secteur

Au-delà de l’évolution strictement liée au marché, les facteurs politiques et structurels ont joué un rôle déterminant en janvier. Une attention particulière s’est portée sur le programme fédéral de reconversion des élevages. Le gouvernement allemand a annoncé que ce programme serait interrompu de manière anticipée en raison d’une faible participation. Parallèlement, les demandes déposées ont mis en évidence l’ampleur de la pression en matière d’investissements, en particulier dans la production de truies. Selon des estimations issues d’enquêtes sectorielles, plusieurs milliards d’euros seront nécessaires pour mettre en œuvre les nouveaux standards dans les salles de saillie et de mise bas. De nombreux élevages estiment ne pas être en mesure d’assumer ces investissements sans un soutien financier fiable.

En conséquence, les craintes d’une nouvelle vague d’abandons dans la production de porcelets sont largement répandues. En l’absence de dispositions transitoires pour les salles de mise bas existantes et sans aides ultérieures, de nombreux acteurs du marché redoutent une rupture structurelle susceptible d’affaiblir durablement la production nationale. Cette situation complexe a en outre été influencée par de nouveaux signaux politiques. La confirmation par l’Organisation mondiale de la santé animale du statut de l’Allemagne en tant que pays indemne de fièvre aphteuse sans vaccination a été largement saluée par le secteur comme un signal important. Cette reconnaissance renforce la position de l’Allemagne dans le commerce international et souligne l’importance d’un contrôle efficace des maladies animales. Parallèlement, le débat autour de l’avenir des aides à l’élevage a mis en évidence à quel point les cadres politiques influencent de plus en plus les décisions économiques des élevages.

L’Europe et la PPA en Espagne pèsent sur l’environnement concurrentiel

Les évolutions internationales ont influencé indirectement le marché allemand au cours du mois analysé. À l’échelle européenne, les cotations se sont globalement stabilisées, même si la pression concurrentielle est restée élevée. Un facteur clé a, là encore, été l’impact persistant de la PPA en Espagne. Les restrictions à l’exportation liées à la maladie ont contraint à rediriger des volumes significatifs de viande porcine espagnole vers le marché intérieur européen. Ces flux supplémentaires ont intensifié la concurrence au sein de l’UE et contribué à une situation d’offre abondante, en particulier sur le marché de la viande. En conséquence, aucun signal de soutien en provenance de l’extérieur ne s’est matérialisé pour l’Allemagne. La stabilisation du marché ne pouvait donc venir que de l’intérieur du système, par une réduction progressive des excédents et une amélioration lente mais continue de la demande de viande.

Les perspectives demeurent prudentes, sans être dépourvues d’un certain espoir. Dans les prochaines semaines, il sera déterminant d’observer si la réduction des excédents se poursuit et si la demande de viande se redresse conformément aux schémas saisonniers. De même, les signaux politiques apportant une sécurité en matière de planification pour les exploitations seront essentiels.

Le mois de janvier 2026 a clairement montré à quel point le marché est actuellement sensible. Les producteurs anticipaient déjà des prix plus bas, mais l’intensité de la correction en début de mois a surpris de nombreux acteurs et a constitué un choc sévère. La grande inconnue à court terme est de savoir si la stabilisation observée par la suite pourra se transformer en une reprise durable.

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