Arrêt de la castration à vif des porcs : quels impacts sur le résultat économique de l’élevage ?

Un outil conçu par l’IFIP, SIM’Alter, évalue l’incidence d’un arrêt de la castration des mâles sur le résultat économique des élevages.

Dès janvier 2022, la castration à vif des porcelets mâles étant interdite en France, les éleveurs auront à choisir entre des alternatives telles la castration sous anesthésie locale, l’immunocastration ou la production de mâles entiers.

Un outil conçu par l’IFIP, SIM’Alter, évalue l’incidence d’un arrêt de la castration des mâles sur le résultat économique des élevages. L’éleveur accède à des scenarios de cas-types moyens réalistes déjà paramétrés ou simule l’analyse appliquée à son élevage.

Pour chaque scenario, SIM’Alter compare 2 situations d’élevage : la production de femelles et de mâles castrés avec distribution d’un aliment standard en engraissement, comparée à la production de femelles et de mâles entiers nourris avec un aliment pour mâles entiers. Les impacts de l’arrêt de la castration sont analysés pour les principaux postes de charges et produits impactés (en €/porc sorti).

Quel impact sur le temps de travail et les dépenses sanitaires ?



L’économie de main d’œuvre et de dépenses de santé liée à l’arrêt de la castration sous anesthésie locale représente -0,68€/porcelet sorti (-1,21 € pour l’anesthésie générale).

Explication : Ne plus castrer les porcelets mâles économise du temps de l’éleveur. La castration d’un porcelet avec analgésie et anesthésie locale (injection de lidocaïne intratesticulaire 15 min avant castration) prend 1 min 35 s, estimation peut-être à revoir selon les protocoles de prise en charge de la douleur validés par l’Administration. Sur la base d’une rémunération de 30 €/h, l’économie de charge de main d’œuvre est de +0,42 €/porc sorti. La castration sous anesthésie locale entraîne des dépenses : matériel (scalpels, aiguilles) et produits (antiseptiques, analgésiques, anesthésiants). L’économie de dépenses de santé pour l’élevage est estimée à +0,26 €/porc sorti.

Quel impact sur les charges alimentaires ?



Pour les scenarios paramétrés, la réduction de la charge alimentaire est proche de +3,30€/porc sorti.

Explication (issue de résultats d’études de l’Ifip) : Les mâles entiers ont une meilleure efficacité alimentaire que les castrés, surtout si l’aliment couvre leurs besoins en acides aminés. SIM’Alter propose un écart moyen de -0,21 point d’IC entre Femelles+Mâles entiers / Femelles+Mâles castrés. Si l’aliment ne couvre pas totalement les besoins des mâles entiers, la valeur est réduite à - 0,19 point d’IC. Ces écarts impactent la quantité d’aliment consommée jusqu’au poids de vente.

Quel impact sur le prix de vente des carcasses ?



L’écart de plus-value entre Femelles+Mâles Entiers / Femelles+Mâles Castrés s’élève à +1,19cts€ et l’écart de prix payé à +1,11 €/porc sorti.

Explication : D’après les références Uniporc 2020 par type sexuel, la plus-value moyenne de l’élevage est établie selon les hypothèses : 1) avec castration = 50% Femelles, 50% Mâles Castrés dont 1,52% de ‘pifs’ (testicule-s interne-s) ; 2) sans castration = 50% Femelles + 50% Mâles Entiers dont x% carcasses odorantes (pénalisées comme les ‘pifs’). SIM’ALTER retient 2% de carcasses odorantes en considérant des conditions d’élevage maîtrisées sur le risque d’odeurs sexuelles : porcs et cases propres, salles bien ventilées, densité minimale en engraissement de 0,70m²/porc, mise à jeun respectée...

Conclusion : selon le scenario choisi, SIM’Alter estime le gain global pour l’éleveur entre +5,15€ et +5,45 €/porc sorti.

Comment simuler le cas de son élevage ? Afin de prendre en compte des conditions d’élevages très diverses, SIM’ALTER propose un scenario libre dans lequel l’éleveur ou son technicien saisit des paramètres : écart d’IC, prix d’aliment et surcoûts (standard et pour Mâles Entiers, solutions pour réduire le risque d’odeurs de verrat dans la viande comme des fibres en finition ou un aliment spécial fin d’engraissement), coût horaire du temps de travail, % de carcasses odorantes…

En savoir + sur les 3 scénarios alimentaires : Dans les 2 premiers scenarios, l’aliment pour mâles entiers couvre les besoins supplémentaires en acides aminés des mâles entiers avec un prix de l’aliment moyen (248 €/t) ou élevé (275 €/t). Le prix des acides aminés augmentant avec celui des matières premières, le surcoût de l’aliment mâles entiers s’élève à +3,1 et +4 €/t respectivement. Le troisième scenario est un compromis : prix élevé avec un aliment ne couvrant pas complètement les besoins en acides aminés des mâles entiers. Le surcoût est maintenu à 3,1€/t obtenu en modifiant l’apport en lysine, les équilibres entre acides aminés ou un prix des acides aminés plus compétitif.

En pratique, comment se connecter ?



SIM’Alter est disponible sur le portail GT-Direct de l’Ifip (https://gtdirect.ifip.asso.fr) habituellement réservé aux éleveurs et à leurs techniciens de suivi de GTTT-GTE, mais ouvert à tous et gratuitement (en se créant un compte) pour que l’outil serve au plus grand nombre.

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