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Virus SDRP en Europe: d'où vient-il ?

La grande diversité génétique des souches d’Europe de l’Est a des implications pratiques: la sensibilité de certaines méthodes de diagnostic PCR peut être compromise et il est encore nécessaire de déterminer l’efficacité des vaccins actuels SDRP contre les variants génétiques d’Europe de l’Est.

Vendredi 4 Mars 2016 (il y a 3 ans 8 mois 17 jours)
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Sur la base d’enquêtes sérologiques rétrospectives, la première mise en évidence du SDRP est de 1987, dans l’ancienne République Démocratique Allemande (RDA) (Ohlinger et al., 2000). En Europe on a publié les premiers cas cliniques en novembre 1990 en Allemagne, et entre 1991-1992 (OIE, 1992), il y a eu des cas aux Pays-Bas, en Espagne, au Royaume-Uni, en France, en Belgique et au Danemark. Rapidement, la maladie a été décrite dans la plupart des pays européens.

Dans un premier temps, on a pensé que les souches européennes de SDRP de type 1 étaient étroitement liées, mais des études récentes ont démontré que les pays d’Europe de l’Est (Lituanie, Lettonie, Biélorussie, Ukraine) et la Fédération Russe hébergeaient des souches très diverses de SDRP de type 1 (Stadejek et al., 2013). Dans ces pays, il y a jusqu’à 4 sous-types génétiques différents, alors qu’en Europe occidentale et centrale, on a détecté un seul sous-type. Ce sous-type génétique d’Europe occidentale est aussi présent en Amérique du Nord et dans le sud-est asiatique. En Europe, il semble qu’il y a une délimitation géographique marquée de la diversité du SDRPv tout le long de la frontière orientale de la Pologne. On a détecté les virus de sous-type 1 à l’ouest de la frontière alors qu’à l’est, sont présents les sous-types 1, 2, 3 et 4 (et probablement plus).

Diversidad de PRRSV en Europa

Nous croyons que les barrières politiques et commerciales expliquent probablement ce schéma de diversité du virus. Les séquences disponibles actuellement situent l’ancêtre commun le plus récent des souches de SDRPv de type 1 entre 1946-1947, c’est-à-dire, pendant l’après-guerre de la seconde guerre mondiale (Forsberg, résultats non publiés) et au moins 20 ans avant les premiers signes de la présence de ce virus en Europe Occidentale. Dans l’ancienne Union Soviétique, cette période a supposé un mouvement géographique massif de porcs depuis l’Europe Occidentale (Large White, Middle White, Danish Landrace, Berkshire), depuis des pays incorporés à l’Union Soviétique (Lithuanian et Latvian White) et depuis différentes régions de Russie (partie asiatique : Sibérian, North Siberian, Siberian Black Pied, Kemerovo et Semirechensk ; partie européenne : Chuvash, Kuban, North Caucasus et Urzhum) donnant lieu à de nouvelles lignées génétiques de porcs. Il semble plausible que l’expansion d’après-guerre de l’ancienne Union Soviétique et les programmes de reproduction aient favorisé un environnement qui a permis de voir surgir un nouveau virus ou de propager un virus déjà existant. De la même façon, puisque la Pologne et d’autres pays d’Europe centrale ont été beaucoup moins influencés par ces politiques que, par exemple, la Biélorussie, l’Ukraine et les pays baltes, il semble plausible que si de nouveaux sous-types de SDRPv ont surgi pendant l’après-guerre troublée, ils soient dominants dans les pays qui anciennement faisaient partie de l’Union Soviétique mais pas nécessairement dans les pays de l’ancien bloc communiste qui ne faisaient pas partie de l’Union Soviétique.

Ainsi donc, la question sur comment s’est propagé le SDRP en Europe occidentale reste entière. Le SDRPv peut avoir été propagé depuis l’Allemagne orientale (ancienne RDA) vers l’Europe occidentale (Ohlinger et al. , 2000). Il existe des évidences qu’en RDA de nouvelles races porcines ont été produites par le croisement avec des races porcines soviétiques. L’un des produits résultant de ces croisements a été l’East German Large White, crée en 1954 et constitué par le German Large White, le Russian Large White et l’Hungarian Large White avec introduction de Latvian Large White et Hungarian Yorkshite en 1980. Curieusement, cette race d’Allemagne de l’est a été officiellement incluse dans la race west German Large White en 1993.

La grande diversité génétique des souches d’Europe de l’est a des implications pratiques. Plusieurs études indépendantes ont démontré que les souches biélorusses du sous-type génétique 3 (par exemple, la souche Lena) sont significativement plus virulentes que toute autre souche d’Europe occidentale du sous-type 1 (Karniychuk et al. 2010 ; Morgan et al., 2013). Des essais ont montré que ces souches peuvent être autant pathogènes que les souches de SDRP hautement pathogènes provenant de Chine. La diversité génétique des souches de l’est de l’Europe soulève un vrai problème pour la sensibilité des méthodes de diagnostic de PCR puisque les régions diana d’amorce de PCR (ORF7) sont génétiquement très diverses dans ces souches, par conséquent la sensibilité de certaines méthodes de diagnostic PCR peut être compromise (Wernike et al., 2012). De plus,  il est encore nécessaire de déterminer l’efficacité des vaccins actuels SDRP contre les variants génétiques d’Europe de l’est.

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11-Avr-2016Porci-netPorci-netLes vendeurs de génétique, surtout les CIA le savent que le dépistage par des PCR est nettement moins fiable que l'ELISA, mais ceci les arrange bien! la profession devrait se bouger? Me contacter si vous souhaitez en savoir plus.
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