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Episode de mortalité élevée au sevrage

La symptomatologie nerveuse se caractérise par quelques cas de méningites et d'opisthotonos, des étourdissements et une prostration grave chez un grand nombre d'animaux. L'autopsie a montré dans tous les cas une grave congestion pulmonaire et de l'entérite d'une gravité variable avec une affection plus ou moins importante des ganglions lymphatiques mésentériques.

Mardi 23 Octobre 2012 (il y a 5 ans 5 mois 28 jours)

Description de l'élevage

Il s'agit d'un site 2 dans lequel entrent des porcelets de 21 jours d'âge provenant d'un site 1 situé à environ 500 kilomètres. Le site 2 est rempli avec deux lots de 1000 porcelets sevrés, avec 7 jours d'intervalle. Ce cas clinique se produit le 21 et le 28 juin 2012. Le statut sanitaire du site 1 est le suivant : SDRP +, Mycoplasma hyopneumoniae +, Circovirus +, App + , Hemophilus parasuis + Streptococcus suis type 2 +, Aujeszky -, gale -.
Sur le site 2, on réalise une conduite en tout plein – tout vide.

L'exploitation en question appartient à un système de production intégré qui dispose d'une grande quantité de données de commémoratifs concernant les porcs et leur provenance. Les données montrent que l'agent pathogène qui se manifeste communément est Streptococcus suis de type 2 et que le traitement stratégique régulièrement tient compte surtout de ce fait et du risque toujours présent d'entérite due à E. coli. Les porcelets arrivent régulièrement vaccinés contre le PCV2 et Mycoplasma hyopneumoniae. L'exploitation est positive SDRP.

Le schéma en aliment et en traitement médicamenteux est le suivant :

1ère semaine (1,5 kg/porc) : Préstarter + 3000 ppm ZnO et amoxicilline dans l'eau de boisson
2-3ème semaine (6 kg/porc) Link feed + 600 ppm d'amoxicilline et 180 ppm colistine
4-6ème semaine : Starter + 3000 ppm ZnO
7-9ème semaine : starter blanc.

CalendarioApparition du cas et premières mesures (jours 0 à 7)

Le 3 et le 4 juillet quelques porcelets présentent des symptômes nerveux ; connaissant l'origine des animaux, on adopte un traitement injectable avec de l'amoxicilline sur les porcelets atteints.

Pendant la visite du 6 juillet, on a effectué une autopsie de deux porcelets : on a observé une légère entérite avec des ganglions lymphatiques affectés. Quelques animaux ont été envoyés au laboratoire pour un diagnostic plus précis, et pendant ce temps, on a utilisé de la gentamycine dans l'eau potable.

Le dimanche 8 et le lundi 9, le nombre d'animaux avec symptômes nerveux a augmenté de 20% : on est passé à un traitement dans l'eau avec de l'amoxicilline et on a injecté tous les porcelets avec de l'amoxicilline (environ 2000 animaux). A ce moment, le nombre de porcelets morts fut de 26 sur les 2025 entrés (1,28%). Comme on peut l'observer sur le calendrier, le 5 ils étaient 14 alors que le dimanche 8 et le lundi 9, 12 autres animaux de plus sont morts. La symptomatologie nerveuse se caractérise par quelques cas de méningites et d'opisthotonos, des étourdissements et une prostration grave chez un grand nombre d'animaux.

L'autopsie a montré dans tous les cas une grave congestion pulmonaire et de l'entérite d'une gravité variable avec une affection plus ou moins importante des ganglions lymphatiques mésentériques.

congestión pulmonar grave y una enteritis de gravedad variable con afectación de más o menos importancia de los ganglios linfáticos mesentéricos.


Diagnostic et mesures prises (jour 8)

Le matin du 10 juillet, la symptomatologie n'a pas montré de signes d'amélioration et il y avait même de nouveaux porcs avec les mêmes symptômes. Finalement, le laboratoire de diagnostic a téléphoné, informant qu'il a isolé E. coli hémolytique par un antibiogramme qui présente peu de solutions.

Echantillon 1 INTESTIN Identification
Paramètre/méthode Résultat Unité de mesure Incertitude Limite Début Fin
Pathogènes gastro-intestinaux Escherichia coli hémolytique       06/07 11/07
Méthode microbio. MI MD 12 rev.0 du 9/12/04            
             
Antibiogramme Voir annexe       09/07 11/07
Kirby-Bauer: MI MD 08 rev. 0 du
26/11/04
           
             
Echantillon 2 INTESTIN Identification
Paramètre/méthode Résultat Unité de mesure Incertitude Limite Début Fin
Pathogènes gastro-intestinaux Escherichia coli hémolytique       06/07 11/07
Méthode microbio.: MI MD 12 rev. 0 du 9/12/04            
             
Echantillon 3 TETE Identification
Paramètre/méthode Résultat Unité de mesure Incertitude Limite Début Fin
Streptococcus suis Négatif       06/07 11/07
Méthode microbio.: MI MD 06 rev.0 du 15/11/04            
             
Echantillon 4 TETE Identificación
Paramètre/méthode Résultat Unité de mesure Incertitude Limite Début Fin
Streptococcus suis Négatif       06/07 11/07
Méthode microbio.: MI MD 06 rev. 0 du 15/11/04            

ANTIBIOGRAMME ANNEXE

Matériel: intestin de porc

Echantillonnº 1 Ident. Microorganisme Antibiotique Résultat
    Escherichia coli

Enrofloxacine
Marbofloxacine 2
Amoxiciline + Ac clavulanique
Penicilline
Trimetoprim + sulfamétoxazole
Aminosidine
Amoxiciline
Apramycine
Colistine
Fluméquine
Gentamycine
Tulathromycine

I
I
R
R
R
R
R
R
R
R
R
I

R=Résistant; I=Intermédiaire; S=Sensible

D’après l'information du laboratoire, on a injecté tous les porcelets avec de l'enrofloxacine avec une nouvelle forme retard qui garantit 48 heures de couverture, associée à une solution réhydratante sous-cutanée pour les porcs les plus atteints. Ce même jour, on a envoyé en plus plusieurs animaux dans un autre laboratoire de diagnostic plus spécialisé que le premier.

Au même moment, étant donné l'information limitée de l'antibiogramme, on a décidé d'administrer dans l'eau un produit à base d'acide oxolinique qui, selon l'expérience du vétérinaire, avait donné de bons résultats dans des cas similaires. On a adopté aussi un aliment à haute teneur en fibres et supplémenté avec 3000 ppm de ZnO.

 

Evolution du cas, nouvelles mesures (jours 9 à 14)

Pendant les deux jours suivants, la mortalité a continué sur les porcs déjà touchés et de nouveaux cas sont apparus. Les pertes totales dépassaient déjà les 10% et la plupart des animaux ingéraient très peu d'aliment et la consommation d'eau était faible. On a décidé de suspendre le traitement dans l'eau et on a administré par l'eau un produit réhydratant-désintoxiquant à base de sels minéraux, de sucre, d'aminoacides et de vitamines afin "d'alimenter" les animaux et particulièrement, pour restaurer le circuit vertueux : consommation d'eau > ingestion d'aliment > consommation d'eau.

La consommation d'eau est revenue à la normale, la consommation d'aliment a commencé à augmenter et le lundi 16 juillet, un groupe d'animaux a commencé à montrer des signes de retour à la normale : la mortalité, cependant est arrivée à plus de 15%. Les porcs atteints et sévèrement prostrés mourraient presque toujours en 48-72 heures. On a prélevé des échantillons d’ animaux et des viscères qui furent envoyés au laboratoire de diagnostic.

 

Confirmation des résultats de laboratoire

Le résultat du laboratoire concernant l'envoi des échantillons du 10 juillet, montre comme dans le premier cas, de l'entérite, des lymphadénites et une congestion pulmonaire. Streptococcus suis a été isolé du cerveau d'un porc et de l'endocarde d'un autre.

Matériel envoyé : Animal vivant/Carcasse – Espèce : porcine
Motif de la demande : Diagnostic
Nombre d'échantillons : 5
Conditions du matériel reçu : bon

RESULTATS DES ANALYSES

Analyse 1 : Examen anatomopathologique sur des animaux de petit à moyenne taille
Technique : anatomopathologie
Méthode : NK 2629
Echantillons : 1-5
Résultats : congestion pulmonaire. Hyperplasie et congestion des nodules lymphoïdes mésentériques pour l'échantillon 1.
Congestion pulmonaire. Hyperplasie folliculaire du côlon. Hyperplasie des nodules lymphoïdes mésentériques. Congestion des vaisseaux méningés et cérébraux pour l'échantillon 2.
Œdème pulmonaire. Hyperplasie des nodules lymphoïdes mésentériques pour l'échantillon 3.
Œdème pulmonaire. Congestion des vaisseaux méningés et cérébraux pour l'échantillon 4.
Périhépatite fibrineuse. Périépicardite fibrineuse, endocardite ulcéro-polypeuse pour l'échantillon 5.

Analyse 2 : Examen bactériologique
Technique : microbiologique
Méthode : MP 01/181 rev. 0
Sur les échantillons : 1 à 5
Résultat : Négatif pour les agents pathogènes sur les échantillons 1, 2 et 3.
Streptococcus suis dans le cerveau de l'échantillon 4
Streptococcus suis dans l'endocarde de l'échantillon 5.

Analyse 3 : SDRP : agent étiologique
Technique : PCR
Méthode : NK 1651
Sur les échantillons : 1 à 5 (en pool)
Détail : pool N° 1
Résultat : Pas de présence démontrée

Analyse 4 : maladie d'Aujeszky : agent étiologique
Technique : PCR
Méthode : NK 2086
Sur l'échantillon : 2
Résultat : Pas de présence démontrée

Analyse 5 : Virus de l'Encéphalomyocardite : agent étiologique
Technique : PCR
Méthode : MP 09/051 rev.0
Sur les échantillons : du n° 1 au n°5 (par pool)
Détail : pool n°1
Résultat : Pas de présence démontrée

Analyse 6 : Antibiogramme
Technique : Kirby-Bauer
Méthode : NK 122
Agent étiologique : Streptococcus suis
Echantillon : 5
Détail : pool n°1
Sensible à : amoxicilline, amoxicilline + acide clavulanique, ampicilline, cefquinome, ceftiofur, tiamuline, tylosine.
Résistant à : céphalexine, lincomycine, pénicilline, tétracycline, triméthoprime + sulfamides.

Analyse 7 : Examen bactériologique
Technique : microbiologique
Méthode : MP 01/103 rev.1
Echantillon : N°2
Absence

 

Les sigles MP o NK indiquent une `Méthode interne d'analyse`.

*** FIN DU RAPPORT ***

Les jours qui ont suivi les résultats des échantillons envoyés au laboratoire le 16, ont montré la présence de plusieurs souches d'E.coli, hémolytique ou non. Le typage génétique de ces souches montre la présence des gènes Stb et LT (même si la diarrhée n'a jamais été un symptôme dominant), et particulièrement des gènes VT2.

Matériel fourni : Animal vivant/carcasse/ porcs de 40 jours d'âge
Espèce : porcine- sevrage
Motif de la demande : Diagnostic
Nombre d'échantillons : 5
Date de prélèvement : 16/07/2012
Condition du matériel reçu : idéale

RESULTATS DES ANALYSES

Analyse 1 : examen anatomopathologique d'animaux de grande taille
Technique : anatomopathologique
Méthode : NK 2627
Echantillons : 1 à 5
Résultats : entérite, lymphadénite et congestion pulmonaire pour les échantillons 1, 2, 4, 5.

Analyse 2 : Examen bactériologique
Technique : microbiologique
Méthode : MP 01/181 rev.0
Sur l'échantillon 1
Résultat : E. coli non hémolytique (K88 négatifs) sur les échantillons 1, 2, 3, 4.
Présence d'E. coli hémolytique sur l'échantillon 5 (K88 négatif).
Pas de présence de Salmonella sur aucun des échantillons
Présence de Streptococcus sur le cerveau de l'échantillon n°4, le reste des échantillons sont négatifs, pour l'échantillon 1

Analyse 3 : Typage génétique E. coli entérotoxinogène (RETEC)
Technique : PCR Multiplex
Méthode : NK 2405
Sur l'échantillon 5
Résultat : pas de présence pour l'échantillon analysé.

Analyse 4 : Typage génétique E. coli entérotoxinogène (RETEC)
Technique : PCR Multiplex
Méthode : NK 2405
Sur l'échantillon du n° 1 au 4 (en pool)
Détail : pool n°1
Résultat : présence des gènes Stb et LT

Analyse 5 : gènes codants des vérotoxines (VTEC) Escherichia coli
Technique : PCR Real Time
Méthode : MP 09/109 rev.1
Sur l'échantillon 1
Résultat : présence du gène VT2 sur l'échantillon analysé

Analyse 6 : Antibiogramme
Technique : Kirby-Bauer
Méthode : MP 01/068 rev. 0
Agent étiologique : Escherichia coli
Echantillon n°1
Sensible à aminosidine, cephalexine, ceftiofur, colistine, néomycine.
Résistant à amoxicilline, amoxicilline + acide clavunalique, apramycine, danofloxacine, enrofloxacine, florfénicol, fluméquine, gentamycine, marbofloxacine, pénicilline, spectinomycine, tilmicosine, triméthoprime + sulfamides

Analyse 7 : Antibiogramme
Technique : Kirby-Bauer
Méthode : MP 01/068 rev. 0
Agent étiologique : Escherichia coli hemolytique
Echantillon n°5
Sensible à apramycine, ceftiofur, fluméquine, gentamycine.
Résistant à aminosidine, amoxicilline, amoxicilline + acide clavunalique, cephalexine, colistine, danofloxacine, enrofloxacine, florfénicol, marbofloxacine, , néomycine, pénicilline, spectinomycine, tétracycline, tilmicosine, triméthoprime + sulfamides

Analyse 8 : Antibiogramme
Technique : Kirby-Bauer
Méthode : MP 01/068 rev. 0
Agent étiologique : Streptococcus
Echantillon n°4
Sensible à amoxicilline, amoxicilline + acide clavunalique, ceftiofur.
Intermédiaire à triméthoprime + sulfamides
Résistant à ampicilline, cephalexine, danofloxacine, enrofloxacine, erythromycine, lincomycine, marbofloxacine, pénicilline, spiramycine, sulfadiazine, tétracycline, tylosine.

 

SPECIFICATIONS

Analyse : typage génétique E. coli entérotoxigéne (ETEC). Technique : PCR Multiplex. Méthode de test : non codifiée.
La méthode implique la détection de gènes codant pour K99, K88, 987P, F41, F18, Sta, Stb, LT

Analyse: gènes codants des vérotoxines (VTEC) Escherichia coli. Technique : PCR Real Time. Méthode de test : MP 09/109 rev. 1
La méthode détecte la présence des gènes VT1, VT2 et eae


Le résultat est CONSIDERE NEGATIF pour VTEC seulement s'il est dans l'un des cas suivants :

- absence,
- présence seulement du gène VT
- présence seulement du gène eae


Le sigle MP ou NK indique une "méthode d’analyse interne".

*** FIN DU RAPPORT ***

Résolution et conclusions

Le taux de mortalité commence à diminuer de façon significative mais le nombre de porcelets qui ne peuvent pas récupérer une vie productive est très élevé : le 19 on a euthanasié ces animaux. Le 27 juillet, le nombre de porcs morts fut de 442 sur les 2025 entrés (21,83%).

Mortalidad

A partir du moment où les porcelets font partie d'un système de production intégré, la principale préoccupation était la relation avec les lots de porcelets sevrés plus tard sur le site 1: pour le moment on n'a rien observé d'anormal.

Vien ensuite l'éternelle question qui ne trouve pas de réponse convaincante : d'où est venu cet E. coli comme pathogène ? Et le prochain défi sera d'évaluer ce qui va passer avec les mêmes porcs de la même provenance sur le même site 2.

On a sans nul doute vu ce que pouvait entraîner une grave entérotoxémie par E. Coli avec des animaux fortement abattus qui ne peuvent pas se lever ni pour manger ni pour boire. Devant cette situation, l'antibiotique administré dans l'eau ou dans l'aliment n'arrive pas à sa fin. La réhydratation a aidé les animaux à se lever, probablement à cause de l'eau sucrée qui les a encouragés à boire. Si les animaux commencent à boire et à manger, l'antibiotique fait alors son effet.

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