Une fin d’été morose

Pour le seul mois de juin, les exportations vers la Chine se sont élevées à 184 834 tonnes, soit une baisse de 25,5% (‐63 000 tonnes) par rapport à juin 2020.

L’ambiance reste morose sur les marchés européens du porc entre une offre qui tend à s’élever, une demande extérieure toujours en attente du réveil chinois et des marchés intérieurs sans ressort. Dans ce contexte, en fin de semaine passée, les cours du porc en Europe ont une fois de plus oscillé entre stabilité et baisse. En Allemagne, la référence officielle a été reconduite après la forte chute de 7 cents de la semaine précédente qui a permis également de stabiliser le marché de la viande. La situation reste toutefois très alarmante pour les éleveurs de porcs car le prix actuel des porcs charcutiers ne permet pas de couvrir les coûts de production des porcs et des porcelets. De plus, la demande des abattoirs reste toujours très calme en attendant la reprise saisonnière de la transformation.

La stabilité est de mise également au Danemark alors que le prix d’acompte a perdu 40 cents d’euro en 10 semaines depuis la mi‐juin. Le prix payé éleveur est très proche à présent du prix payé allemand.

La situation est également préoccupante en Belgique. La production belge, très dépendante de ses exportations de porcs vifs vers l’Allemagne n’a pas d’autre choix que de suivre l’orientation du cours allemand. Les éleveurs commencent toutefois à se faire entendre auprès des abattoirs.

En Autriche, où le cours était parvenu à se stabiliser depuis 2 semaines sous l’effet d’une offre limitée, le cours a baissé de 5 cents en raison d’une pression plus forte de la concurrence allemande. La fin des congés devrait stimuler la demande mais l’offre de porcs est aussi en hausse.

En Espagne, le prix du kilo vif a baissé pour la 12ème semaine consécutive, situation très inédite en été. Les fondamentaux de marché restent inchangés : la réduction des achats chinois contraint les exportateurs espagnols à trouver de nouveaux débouchés et la viande espagnole déferle sur le marché européen à des tarifs très compétitifs. L’activité des abattoirs augmente mais elle est plus le fait d’une nécessité à couvrir les charges fixes avec le retour de congé des employés qu’une véritable hausse de la demande.

En Italie, un changement radical s’est opéré avec la fin des congés d’été et la baisse des températures. Les ventes de produits à griller sont en baisse et la demande s’oriente plus à présent vers les coupes à destination de la transformation. Cependant, la rentabilité des abattoirs est mauvaise et a poussé les abattoirs à faire pression sur le prix du porc.

Aux Etats‐Unis, les prix poursuivent leur lente décroissance, se situant toujours à de hauts niveaux. Au vu des abattages, l’offre est en hausse même si les poids sont encore en légère baisse. A la fin juillet, les stocks en frigo de viande de porc se situaient 3,8% en‐dessous du niveau de l’an dernier et 20,2 % inférieurs à la moyenne des 5 dernières années. L'augmentation attendue de la production porcine à l'automne commencera à exercer une certaine pression sur les prix. Toutefois, la baisse des niveaux de stocks contribuera aussi à absorber une partie de l'augmentation de la production. Le stock total de poitrines de porc dans les congélateurs à la fin du mois de juillet était inférieur de 34,5 % à celui de l'année précédente et de 31 % à la moyenne sur cinq ans. Les stocks de jambons à la fin juillet étaient 11,7 % supérieurs à l'an dernier, mais toujours 12,3 % inférieurs à la moyenne quinquennale.

En Chine, il y a peu de changement : le prix moyen reste relativement stable mais à un très bas niveau pour un équivalent d’environ 2 euros le kilo vif, 58,5% sous la même référence 2020 et 20% sous la référence 2019.

MPB : stable à 1,345 euro

Pour la sixième semaine consécutive, le cours du porc est resté stable à 1,345 euro. La baisse des poids moyens de 175 g la semaine passée à 94,4 kilos atteste d’une offre limitée et d’une bonne fluidité dans les enlèvements de porcs. L’activité de la semaine s’est élevée à 369 417 porcs abattus, sensiblement identique à la précédente. Le rythme des abattages pourrait s’accélérer cette nouvelle semaine à l’approche de la rentrée qui s’accompagne traditionnellement des opérations de promotion dans les magasins.

Union européenne : les exportations pays tiers du 1er semestre 2021

Eurostat vient de publier les dernières statistiques des exportations européennes vers les pays tiers sans toutefois y intégrer les volumes à destination du Royaume Uni !

La tendance reste positive avec 2 958 680 tonnes expédiées vers les pays tiers durant le premier semestre, soit une croissance de 16,7%. La Chine demeure de très loin la première destination pays tiers pour les viandes de porc européennes : 1 693 240 tonnes, soit 57,2% de part de marché. Le rythme semble toutefois ralentir avec une évolution semestrielle de 6,2%.

Tonnes Jan‐juin 2021 % 21 / 20
Total Pays tiers 2 958 680 + 16,7 %
Chine 1 693 240 + 6,2 %
Philippines 185 183 + 238,9 %
Japon 169 857 ‐ 12,8 %
Hong Kong 108 133 + 8,7 %
Corée du Sud 111 679 + 2,6 %
Vietnam 89 218 + 90,7 %
USA 63 782 + 36,7 %
Australie 52 073 + 43,7 %

Pour le seul mois de juin, les exportations vers la Chine se sont élevées à 184 834 tonnes, soit une baisse de 25,5% (‐63 000 tonnes) par rapport à juin 2020. Hormis Hong Kong, les autres grands débouchés sont en croissance sur le mois de juin mais ne compensent pas la baisse des volumes Chine + Hong Kong (‐ 68 000 tonnes). Les exportations totales du mois de juin s’élèvent à 392 117 tonnes, en baisse de 17 434 tonnes par rapport à juin 2020 (‐4,3 %).

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