Lire cet article dans:

L'altitude, la pente et la couverture du sol comme facteurs de risque des épisodes de SDRP aux USA

L'altitude, la pente ou la couverture du terrain sont-elles importantes ?

29 Juin 2017

Article

Land altitude, slope, and coverage as risk factors for PRRS outbreaks in the United States PLoS ONE 12(4): e0172638. Arruda AG, Vilalta C, Perez A, Morrison R (2017).

Qu'étudie-t-on?

L'étude a été menée pour étudier l'association entre les facteurs géographiques (y compris l'élévation du terrain et sa couverture) et l'incidence du SDRP enregistrée dans le Bob Morrison's Swine Health Monitoring Project (MHSMP).

Comment l'étudie-t-on ?

On a étudié les données hebdomadaires sur l'état du SDRP des élevages participant au SHMP entre 2009 et 2016. Le nombre d'épisodes de SDRP, les années de participation au SHMP et l'emplacement de l'élevage ont été utilisés. Il y a une hypothèse que certaines caractéristiques environnementales peuvent avoir une influence sur le risque de SDRP: la couverture du terrain (zones cultivées, arbustes et arbres), l'altitude du terrain (en mètres au dessus du niveau de la mer) et la pente du terrain (en degrés par rapport aux zones environnantes). D'autres facteurs de risque comme la région, le système de production auquel appartenait l'élevage, la taille de l'élevage et la densité de porcs dans la zone où l'exploitation est située ont été pris en compte. Les variables en lien avec le terrain et la densité des porcs ont été capturées au format raster à partir de diverses sources et extrapolées en points ou pixels (emplacements des élevages). La dépendance entre les exploitations appartenant à un système de production spécifique a été pris en compte dans le modèle d'analyse.

Quels sont les résultats ?

Le modèle final a inclus la densité de porcs, le nombre de porcs dans l'élevage, la couverture et la pente u terrain et la région. Il y avait une association positive entre le fait d'être situé dans une zone de haute densité et taille élevage de porcs et l'incidence des épisodes de SDRP (P <0,01). Être situé dans un terrain avec une pente prononcée (au moins environ 9%) semblait avoir un effet protecteur sur l'incidence des épisodes de SDRP par rapport à être situé dans des zones caractérisées par des pentes douces (2% ou moins) . La couverture du terrain était tout aussi importante : tout type de couverture comme les pâturages ou différents types d'arbustes semblait être négativement associé à l'incidence de la SDRP par rapport à des surfaces cultivées. La présence de buissons, de couverture herbeuse, et d'arbres de différents types diminuait l'incidence du SDRP de 0,70, 0,56 et 0,42, respectivement. Ces associations sont restées significatives après prise en compte d'autres facteurs de risque de SDRP.

Quelles conclusions tire-t-on de ce travail ?

L'emplacement de l'élevage en particulier dans les zones à forte densité de porcs, est très important en ce qui concerne le risque d'introduction du virus SDRP. L'emplacement d'un élevage n'est pas facile à changer, ni la densité des porcs.

Cette étude montre qu'il ya encore des outils disponibles pour réduire le risque d'infection des exploitations voisines. Bien que la plantation d'arbres soit un processus assez lent, il y a certains types d'arbres à croissance très rapide, et qui, en peu années, pourraient aider à réduire l'incidence du SDRP.

Lorsque de nouvelles exploitations agricoles sont prévues et sont souvent construites sur des terrains ouverts, il est important, à ce stade, d'inclure la planification de la couverture du terrain, et aussi de placer l'élevage dans la pente optimale du sol, si c'est possible.

<p>Enric Marco</p>
La vision du terrain par Enric Marco

Pour nous qui avons consacré des années à la médecine vétérinaire dans le secteur porcin et en particulier à la prévention des maladies, cela nous encourage de lire les conclusions de l'article. Je me souviens quand, il y a quelques années, nous intervenions en tant que conseil sur les meilleurs endroits pour établir il y a des élevages de multiplication, suivant ainsi les conseils de celui qui était l'un des précurseurs de la biosécurité: Tom Alexander. Tom conseillait toujours de fuir les plaines et les terrains non protégés. Il n'y avait pas de travaux scientifiques ni de statistiques derrière ce conseil, juste du bon sens. La plupart des élevages de multiplication que nous avons aujourd'hui en Europe ont suivi ses conseils, et certains d'entre eux ont réussi à rester, à ce jour, indemnes de SDRP (plus de 20 ans sans infection). Si l'on considère que, pour qu'une exploitation s'infecte par voie aérienne il faut un mouvement lent de l'air (vent léger) et une forte humidité, les zones plates et cultivées sont adaptées pour que ces conditions correctes soient présentes. La présence de végétation brise l'écoulement laminaire du vent, en générant des turbulences et en dispersant les particules virales, ce qui réduit naturellement la possibilité d'infection. En ce qui concerne le type de terrain, qui doit être incliné, au moins 9%, nous disons que les élevages ne doivent pas être situés dans un fond de vallée où l'air froid et humide s'accumule et, par conséquent, où il y a les meilleures caractéristiques pour la transmission d'agents pathogènes dans l'air.

Un emplacement correct, du point de vue de la sécurité biologique, n'est peut-être pas le plus intéressant en termes de coûts de construction, mais c'est certainement le plus intéressant économiquement à moyen ou à long terme , en particulier lorsque l'état de santé peut être un facteur limitant pour la production comme cela pourrait être le cas pour un noyau génétique ou un multiplicateur.

La science avance lentement, mais elle nous remplit de joie lorsque elle confirme des critères qui ont été la clé pour maintenir la santé de nombreux élevages.

Commentaires de l'article

Cet espace n'est pas destiné a être une zone de consultation des auteurs mais c'est un lieu de discussionouverts à tous les utilisateurs de 3trois3.
Publier un nouveau commentaire

Pour commenter, vous devez être utilisateur de 3trois3 et vous connecter

Articles liés

 poumons d’un porcelet sacrifié 14 jours PI, inoculé avec une souche à forte pathogénicité de type 1 sous-type 3 « Lena ».".

Pathologie pulmonaire du virus SDRP

Le dommage tissulaire est la conséquence de l’apoptose directe (et de la nécrose) des macrophages alvéolaires ces cellules et de leurs cellules voisines dû à la libération de cytokines apoptogénes, réactions de l’oxygène et de l’oxyde nitrique.